Milo, je vous le dis tout de suite, ce n'est pas le prénom de l'otage qu'on voit en couverture, c'est celui du méchant de l'histoire. Car oui, il s'agit, entre autres, d'une histoire de prise d'otage. Ce roman est un tome 3, comme souvent, ce n'est spécifié nulle part sur le livre (je m'en suis aperçu en voyant que l'auteur avait déjà écrit un roman intitulé Négo, et comme le personnage principal ici, Stanislas Monville, est négociateur, j'ai fait ma petite recherche.) Mais vous pouvez aisément lire celui-ci sans avoir lu les précédents (Négo donc et L'Organisation), on comprend tout très bien (contrairement à Le Diable danse encore dont je vous ai parlé il y a peu). Nous suivons donc principalement 4 personnages (il y a beaucoup de personnages présentés au départ mais on les remet plutôt facilement) : la chirurgienne et colonelle Céline Cluzel qui est en Haïti avec Chirurgiens sans Frontière, où elle est victime d'un enlèvement. Elena Orasca, l'ex du grand méchant Milo, qui est victime d'une tentative de meurtre, car elle est la seule à pouvoir témoigner contre Milo (de son nom Louchenko), le juge Pierre-Antoine Lombard, qui détient Louchenko en détention provisoire depuis 2 ans et qui a besoin du témoignage d'Elena pour le faire incarcéré pour de bon. Et là vous avez compris, la justice française (et la DGSI pour d'autres raisons que je vous laisse découvrir) a besoin de récupérer le Dr Cluzel car elle est quasiment la seule à pouvoir sortir Elena Orasca de son Locked-in Syndrom. Stan Monville est donc envoyé, avec son équipe, en Haïti, pour récupérer la chirurgienne saine et sauve. C'est un thriller efficace, dynamique (même s'il n'y a pas toujours d'action (négocier c'est de la patience et de la concentration)) car les chapitres sont courts et on alterne souvent les points de vue. L'auteur est lui-même négociateur, donc il sait de quoi il parle et il arrive à rendre toute la tension créée par ce genre de situation. Le lectorat-cible est tout de même assez masculin (je dis ça en temps que lectrice qui n'a pas trouvé les personnages féminins très réalistes et un peu idéalisés : les femmes victimes, les femmes amoureuses du héros, la femme qui pleure (bon OK elle s'est fait kidnapper et frapper, mais j'aurais aimé plus de punch de la part d'une militaire chirurgienne cinquantenaire). J'ai trouvé aussi quelques facilités scénaristiques ; quand on lit en surface ça peut passer, mais moi je cogite beaucoup trop quand je lis... mais bon parfois pour qu'il y ait une intrigue, il faut passer outre les « il n'avait qu'à » ou « pourquoi ils n'ont pas pensé à »... Heureusement, comme le roman se lit assez vite, on peut facilement se laisser embarquer par l'histoire, qui pourrait très bien d'ailleurs devenir un scénario de film. Ah, et la toute fin appelle une suite.
Haïti, 2025. À la sortie d’une journée de travail avec Médecins sans frontières, la colonelle Céline Cluzel, chirurgienne, est kidnappée. Une solide rançon est exigée pour la relâcher. Stan, le négociateur en chef, s’emploie à trouver un terrain d’entente avec Blast, le ravisseur, pour conclure la libération du Dr. Cluzel. S’enclenche alors une opération d’envergure. En parallèle, Milo Louchenko, tête dirigeante d’un vaste réseau terroriste, est détenu depuis 2 ans. Le seul témoin qui pourrait le faire chuter nécessite une intervention chirurgicale que seule le Dr. Cluzel pourrait réaliser. Le juge Pierre-Antoine Lombard compte sur le Dr. Cluzel pour que le témoin principal précipite la chute de Milo. Comment ces deux histoires vont-elles se croiser ?
Roman policier aux couleurs de prise d’otage. Écriture directe, efficace. Rythme haletant. Des personnages types, le bon / le méchant, et une femme médecin entre les deux qui a tout d’une militaire, coriace et bien entrainée. Le suspense dure jusqu’à la fin. Se lit d'un trait.
Citations « L’instinct de survie a ce côté surprenant de classer les priorités dans l’urgence. » p. 107
« Réfléchir, c’est commencer à désobéir. » p. 163
« C’est fou comme la mémoire vous revient quand vous n’avez que vos souvenirs pour passer le temps. » p. 215
Une étude de cas pour tout négociateur qui souhaite progresser, un bonheur pour tout amateur de thriller à haute intensité.
Avant même sa sortie le troisième roman de Laurent Combalbert avait la réputation d'être le meilleur des trois. Réputation justifiée. Tous les éléments attendus sont là. La trame, les personnages, l'intensité, les rebondissements. Et cette fois, on est au cœur de la négo ! Plus l'intrigue progresse, plus il est difficile, même pour un lecteur averti, d'avoir un coup d'avance et d'anticiper le prochain rebondissement. J'adore.
Bon, pour un pro de la négociation au GIGN, OK, mais là on est sur un scenario de série de Netflix. On ne s’ennuie pas, mais rien n’est crédible (et c’est dommage vu l’auteur), et les ficelles littéraires et scénaristiques sont grosses.