Si, dans les contes de Perrault, la première place revenait aux femmes ? Cendrillon s'appellerait Cendron, il serait un merveilleux jeune homme, et à l'heure fatidique de minuit (ici annoncée par talkie-walkie) il irait offrir sa belle jeunesse... non pas à une quelconque princesse mais à la reine.La femme de l'Ogre serait végétarienne, et bien affligée de ses sept petites ogrelettes aux quenottes trop avides et de cet époux tourmenté par un affreux instinct de mort. De la forêt alors arriverait Poucet, mais il ne serait pas si petit, et il saurait très bien comment aimer une femme..."À force d'intelligence joueuse, de violence sensuelle et de confusion suggestive entre les mots et les choses, Pierrette Fleutiaux mérite qu'on dise désormais d'elle : il était une fois un maître du fantastique."Bertrand Poirot-Delpech.
Pierrette Fleutiaux is a French writer. Her awards include the 1985 Prix Goncourt de la Nouvelle for Métamorphoses de la reine, and winner of the 1990 Prix Femina for Nous sommes éternels.
Une réécriture habile de contes de fées, qui arrive parfois à les rendre, disons, adultes. L'introduction confesse que cela se fait avec Bettelheim en tête, ou en tout cas la vague idée représentée par Bettelheim que les "vrais contes" doivent être gavés de violence et de sexe immoral pour approcher l'authenticité et fuir le vernis galant de la mode des fées. Parfois, cela aboutit à une complexité et une dimension onirique telle que dans "La Reine au Bois Dormant", qui ne perdra les enfants, que de par ces traits, mais dans d'autres, c'est un peu plus délicat. "La femme de l'Ogre" est une boucherie sexuelle assez écœurante – qui ne se soucie qu'assez peu de l'âge légal du consentement sexuel, disons. Ne devrait-on pas pouvoir représenter la brutalité de ces abus, me dira-t-on ? Il ne s'agit pas de les promouvoir. Oui sans doute, mais c'est un trait qui m'a toujours mis assez mal à l'aise dans les autres pastiches et les réécritures moqueuses de contes qu'on voit par exemple chez Enard, Gotlib ou Eco qui semblent trouver que la pédophilie est automatiquement source de rires (regardez ce que ces rigolos font subir au petit chaperon rouge). Fleutiaux ne se vautre pas dans le même type de facilités, mais un malaise similaire s'y retrouve, surtout, donc, dans "la Femme de l'Ogre" ce qui émerge certainement de son sujet.
D'autres parlent de sexe sans aller dans ce type de glauque (E.g. "Le Différé de la Reine") ce qui les destine aussi à un public mature, mais au-delà de ça, deux d'entre elles me semblent malgré tout accessibles à un public enfantin : "Les Sept Géantes", qui réécrit Blanche-Neige d'une façon franchement géniale et j'ose dire plus satisfaisante que les Grimm, et "Petit Pantalon Rouge, Barbe Bleue et Notules" qui combine les deux histoires que le titre évoque. Les deux sont d'une astuce rare et réjouissante, qui manifeste que le talent de Fleutiaux n'a pas forcément besoin de la mécanique facile des parodies qui se contentent de salir leur sujet et montre au contraire une affection profonde pour le genre des contes – bien au-delà de ceux qui ont habituellement besoin des réécritures sanguinolentes à la Bettelheim pour supporter leur simplicité.
Absolutely great book of (reworked) fairy tales, with the female character as the focus of the story i.e., the queen/the “witch,” etc. This book was as baffling, strange and fascinating to read as “histoire de la chauve-souris.” One guesses that the symbols used allude to real places and situations, but they are as difficult and puzzling to figure out as waking up from a dream and thinking about it. In French.