Roman largement autobiographique sur la carrière de l'auteur des années 80 à nos jours : il raconte les crimes des états de notre époque contemporaine. Je ne savais pas que Dugain avait eu une première carrière dans la finance au poste de trader puis ensuite de barter : troc de matières premières et d'avions russes contre espèces sonnantes pour un empire en cours d'effondrement, l'URSS. Aussi je suis allée voir sa fiche Wikipedia qui confirme. Puis tournant de carrière : passage à la littérature. Il puise dans ses connaissances et relations professionnelles précédentes la matière de ses romans, dont Une exécution ordinaire sur le naufrage du Koursk en 2000 (très bien !), et ce dernier où il revient aussi, entre autres, sur le Boeing de la Malaysian airlines, perdu, introuvable sur une planète dont aucun coin aussi gros qu'un poing n'échappe aux grandes oreilles et aux grands yeux des réseaux satellitaires tant civils que militaires.
Evidemment, c'est très noir et pessimiste, (il y a de quoi) mais totalement convaincant. Une réserve toutefois : comme Emmanuel Carrère, Marc Dugain se met en scène dans ses romans et récits, mais là où le premier (Carrère) réussit à faire léger et humoristique, chez Dugain c'est plus pesant, l'homme se prend quand même au sérieux. C'est ma seule réserve. Je vais continuer à le lire, je n'ai lu que deux ou trois de ses ouvrages.