Au milieu du XVIᵉ siècle, l’aventurier français Villegagnon installe une colonie sur un îlot proche de la côte brésilienne. Afin de communiquer avec les Indiens Tupinambas, il charge Nicolas, jeune catholique français, d’apprendre leur langue et de servir d’intermédiaire. Échappant de justesse au cannibalisme des Indiens grâce à ses talents de chanteur, Nicolas s’intègre peu à peu à la tribu : il vit nu, épouse une Indienne nommée Pépin, et mange même du Portugais ! Il tente surtout de comprendre les coutumes et croyances de ses nouveaux compagnons. Persécutés de toutes parts par des démons réels et imaginaires, les Tupinambas décident de partir en quête de la « Terre sans Mal », pays mythique qui devrait les éloigner définitivement du malheur. Mais la réalité s’avérera beaucoup plus dure pour les Tupinambas, Pépin et Nicolas…
Pierre-François Beauchard, who uses the pen name David B., was one of the initiators of the French alternative editorial house L'Association, and is now well-known among the French comics audience. After his Applied Arts studies, David B. had his first publications in magazines such as Chic, Circus, Okapi and A Suivre. Among his early creations are 'Le Timbre Maudit', a story published in Okapi, and 'the mini-series 'Zèbre' in Chic. As a scenarist, he cooperated with Olivier Legan on 'Pas de Samba pour Capitaine Tonnerre', an album published by Glénat in 1985.
After he co-founded L'Association in 1990, he began using the pseudonym David B. and specialized in short black-and-white stories, detailing nightmarish dreams, collected in the album 'Le Cheval Blême' in 1992. As powerful as his dream imagery is in itself, it is amplified by his masterful use of black and white drawings. In the Association's magazine Lapin, he published series like 'Le Prophète Voilé', 'Le Jardin Armé' and 'Le Voyage de l'Est'. From 1996, Beauchard has concentrated on the autobiographical series 'L'Ascension du Haut-Mal', which earned him the highest praise from comics critics.
In addition to his work for L'Association, David B. cooperated with the publishing house Cornélius, where he published the quarterly comic book Le Nain Jaune from 1993 to 1994, as well as 'Les Quatre Savants' from 1996 to 1998. He was also present in the reviews Fusée and Le Cheval sans Tête (with 'Les Incidents de la Nuit'). Also present at Dargaud, he made 'Le Tengû Carré', an allegory of Japanese legends, and the scenarios of 'La Révolte d'Hop Frog' and 'Les Ogres', which were illustrated by Christophe Blain. For the publisher's collection Poisson Pilote, he made 'Urani - la Ville des Mauvais Rêves' (script by Joann Sfar) and 'Les Chercheurs de Trésor'.
After May 2000 David B's work would reach a wider public when his artwork was featured in the collection Aire Libre by the popular publisher Dupuis. After 'Le Capitaine Écarlate' (with artwork by Emmanuel Guibert) in 2000, David wrote and drew the album 'La Lecture des Ruines' in 2001. David B has also been active as an illustrator for Le Seuil, Automne 67, Albin Michel and Coconino Press.
Je n'ai pas trouvé l'histoire très palpitante. J'ai eu l'impression qu'il se passait assez peu de choses, finalement.
En revanche le sous texte lui est intéressant : choc des civilisations, quête spirituelle, commentaire (consensuel) sur la colonisation, sur le déracinement et sur "qui est le vrai sauvage".
Le style graphique m'a fait penser de loin à du Michel Ocelot !
Voici un roman graphique bien intéressant à plus d'un titre. David B pour le scénario et Eric Lambé pour le dessin se basent sur des faits réels et nous font réfléchir sur la colonisation et la soumission des peuples à l'évangélisation.
1557, dans un petit village Tupinambas près de la baie de Guanabara au Brésil. Nicolas est intégré au village, il leur montre comment les occidentaux dans les livres les représentent. Faut vous dire que les Tupinambas sont une tribu guerrière anthropophage vivant dans la forêt. Ils vivent nus, mangent en général leur prisonnier. A son arrivée, Nicolas avait été arrêté, il devait servir de repas à la tribu mais son chant a séduit les autochtones et il a réussi sa mission, intégré la tribu, appris leur langue. Il devait les évangéliser mais bon, il a préféré se marier à Pépin et adopter leurs coutumes, vivant nu entre autre.
Villegagnon qui commande l'expédition, le fait quérir, l'arrête ne comprenant pas la défection de Nicolas, sa perte de foi....
On découvre la suite en bd, les persécutions réelles et imaginaires de la tribu qui décide de partir en quête de la "Terre sans mal" pour les éloigner du malheur.
C'est vraiment extrêmement bien réalisé, un scénario bien construit, un graphisme aux couleurs douces et adaptées, un dessin proche de la gravure. Original !
Au final on se demande qui est le vrai sauvage ?
A découvrir !
Ma note 8/10
Une phrase à méditer !
Les rayons du magasin sont toujours pleins, les rayons de l'esprit de plus en plus vides.
"Antipodes" de David B. (auteur) et Éric Lambé (dessins) est une bande dessinée qui plonge le lecteur au cœur du XVIᵉ siècle, époque des grandes explorations et des premiers contacts entre Européens et peuples autochtones des Amériques. L’histoire se concentre sur la tentative de colonisation d’un îlot brésilien par l’aventurier français Villegagnon, et plus particulièrement sur le jeune catholique français Nicolas, choisi pour servir d’intermédiaire avec les Indiens Tupinambas.
L'originalité du récit réside dans son approche immersive et humaniste. Nicolas, initialement en danger d’être mangé par les Tupinambas, parvient à gagner leur confiance grâce à ses talents de chanteur. Progressivement, il s’intègre à la tribu, embrassant leur mode de vie, leurs coutumes, et même leurs pratiques alimentaires, allant jusqu’à consommer de la chair portugaise. Cette transformation de Nicolas, symbolisée par son mariage avec l’Indienne Pépin, est le cœur émotionnel et narratif de l’ouvrage.
Les dessins d’Éric Lambé complètent magnifiquement l’écriture de David B., capturant l’exotisme et la brutalité du Nouveau Monde. Le style visuel sert à la fois de fenêtre sur une époque lointaine et de miroir aux dilemmes moraux et culturels des personnages.
"Antipodes" n’évite pas les aspects sombres de l’histoire : les Tupinambas, en quête de la "Terre sans Mal", un lieu mythique censé les protéger du malheur, sont confrontés à une réalité impitoyable. La bande dessinée explore avec une grande sensibilité les thèmes de la colonisation, du choc des cultures, et de la quête d’un paradis terrestre face aux démons intérieurs et extérieurs.
En conclusion, "Antipodes" est une œuvre riche et complexe qui offre une réflexion profonde sur la rencontre entre civilisations, le poids des croyances et des superstitions, et la quête universelle d’un lieu de paix et de bonheur.