A Beyrouth, le 13 avril 1975, un bus transportant des Palestiniens est pris pour cible par des hommes armés marquant ainsi le début de la guerre du Liban... A la manière d'un Javier Cercas ou d'un Patrick Radden Keefe, le journaliste Marwan Chahine, s'est lancé dans une spectaculaire enquête, la première du genre, sur cet événement inaugural
Si l'événement est connu de tous, personne ne sait ce qui s'est réellement passé ce jour-là. Était-ce une opération planifiée ? Un acte de représailles ? Un incident fortuit ? Les rumeurs sont nombreuses, les légendes tenaces. De retour dans le pays de son père, le journaliste Marwan Chahine se met à enquêter sur cette affaire aussi taboue que sulfureuse. Malgré la culture du silence et l'amnésie générale, il va retrouver, un à un, les protagonistes du drame et parvenir à rassembler les innombrables pièces de ce puzzle tragique où la réalité dépasse bien souvent la fiction.
À la croisée du récit journalistique, de l'essai historique et du thriller, Beyrouth, 13 avril 1975 est aussi une quête personnelle et le portrait poignant d'un pays hanté par les fantômes. Avec en toile de fond cette question plus que jamais d'actualité : comment raconter nos histoires ? Prix France-Liban 2024 Prix littéraire de L'Œuvre d'Orient
Un autre livre sur la guerre civile libanaise, qui débuta un dimanche ensoleillé, comme l'a décrit l'auteur dès les toutes premières pages de son œuvre, et qui, malgré les accords et le démantèlement de la plupart des milices, ne s'est jamais terminée. Les Libanais, incapables selon lui de partager une histoire commune, ou même d'écouter l'autre, ne se sont jamais réconciliés. Seuls les chefs de milices et leurs proches acolytes ont su bénéficier de ce semblant de paix en accédant aux postes de responsabilités et en amassant des richesses.
Enquête impressionnante sur les événements clés autour du 13 avril 1975 marquant le début de la guerre civile libanaise sanglante. Un livre essentiel pour comprendre l’énorme complexité des enjeux politiques, économiques, sociaux et financiers de ce pays qui peine à sortir de son passé très douloureux. Je recommande vivement!
Comme je suis la seule à l’avoir lu sur ce site (j’ai l’habitude avec certaines lectures de niche 😭), je me sens obligée de prendre le temps de faire une vraie review
C’est un peu une double enquête. Une enquête sur ce qui a pu conduire au fameux événement qui serait a l’origine de la guerre civile du Liban mais aussi une enquête sur l’enquête. L’auteur ayant de la famille au Liban c’est aussi l’occasion pour lui de revisiter certaines choses de son propre passé et de celui de tout un pays. L’auteur mentionne Le quatrième mur de Sorj Chalandon (que tout le monde devrait lire), et c’est tellement le livre parfait pour parler du Liban et de la guerre civile. J’aime dire que Sorj Chalandon c’est des histoires de gens biens qui font des choses moches et de gens moches qui font des choses biens. Une guerre civile c’est beaucoup ça. Et c’est ce que raconte très bien ce livre
"Créatures spectrales, apparitions fugaces, vaporeuses qui peuplent les nuits de banlieue où ils promènent leur carcasse abîmée et postillonnent les mots abscons de leurs souvenirs de feu, réels ou fantasmés. Tout ce qui brille ne saurait faire taire ces voix d'outre-tombe, le sommeil dérangé des soldats inconnus. Les fantômes ont la dent dure, ici comme ailleurs. Et en écoutant leurs délires, pour peu qu'on prête l'oreille, on entend parfois quelques vérités."
"J'ai pensé à mon père, à ses amis et à tous ces exilés qui ne sont plus chez eux nulle part sinon dans leur tête, seuls avec leurs souvenirs."
On ne peut s'empêcher d'être complètement absorbée par ce livre, et de devenir tout aussi assoifée de réponses que l'auteur. Chahine décrit très bien la complexité libanaise, au niveau politique, psychique et culturel. Le seul bémol est le nombre de protagonistes impliqué qui est parfois difficile sans revenir quelques pages avant, un glossaire serait nécessaire.