«- Thanatoquoi ? La personne qui empaille les animaux ? J’ai toujours un moment d’hésitation quand on me demande mon métier. Parfois je réponds que je suis esthéticienne pour éviter les questions, esquiver les regards. Pas aujourd’hui. Aujourd’hui, je dis que je suis thanatopractrice. Pour faire simple, c’est embaumeuse ; c’est prendre soin des morts et mettre du baume sur le cœur des vivants. » A travers les quatre saisons d’une année, Juliette Cuisinier-Raynal nous dévoile avec délicatesse et bienveillance un quotidien méconnu et qu’on repousse : la dernière chambre, la maison de retraite, l’hôpital, puis le rituel, la table de soins, le goût du beau mis au service du corps et du deuil des proches. Derrière chaque page, une histoire : une rencontre avec une famille, l’ultime brushing, la culotte porte-bonheur, le pyjama préféré ou les chaussures du dimanche, bref, les souvenirs, heureux et tendres, qu’on se remémore en disant adieu. Car en soignant nos morts, Juliette Cuisinier-Raynal nous rappelle qu’ils sont ceux que l’on a aimés, avec qui on a grandi, partagé, ri. Tout ce qui vit finit par mourir. C’est l’ordre des choses. Mais malgré la tristesse, la vie continue, cycle toujours renouvelé comme les saisons. Un récit sur la vie et la mort porté par une écriture lumineuse qui vient ébranler l’idée sombre que l’on peut se faire du grand voyage : drôle, joyeux et apaisant.
Tout laissait penser que ce livre serait une lecture faite pour moi : des chapitres courts permettant d’avancer rapidement dès que l’on dispose de quelques minutes, un thème quelque peu morbide autour de la mort — et plus précisément de cet entre-deux rarement accessible, entre le décès et la mise en bière — ainsi qu’un ouvrage arborant fièrement le sticker Grand Prix des Lecteurs. Autant d’éléments qui éveillaient une curiosité sincère. Malheureusement, dès les vingt premières pages, j’ai compris que mes attentes avaient sans doute été trop élevées. Ce que j’imaginais être une immersion authentique dans un milieu discret et méconnu s’est révélé être le journal d’une thanatopractrice semblant s’ennuyer dans son travail et trouvant pour exutoire l’écriture d’histoires autour de ses « patients ». Je comprends que ce type de fake gossip puisse séduire certains lecteurs, mais j’y ai personnellement ressenti un manque d’authenticité. J’ai eu du mal à éprouver la moindre compassion, aussi bien pour l’auteure que pour les corps qui défilent sur sa table. Certes, aucun nom n’est mentionné, mais une sensation persistante de manque de respect pour la vie privée de certaines personnes m’a souvent mis mal à l’aise. À mon sens, certaines histoires mériteraient de rester enterrées avec ceux auxquels elles appartiennent. Une chose est sûre : ce livre ne m’accompagnera pas dans ma tombe.
Une belle plume pas langue de bois qui raconte les instants vécus auprès des défunts, mais aussi le manque de moyens alloués aux thanatos pour exercer leur métier humainement, la facturation de soins inutiles sur le dos des familles endeuillées. L'autrice est toujours dans le respect des défunts... Mais moins quand ils sont gros visiblement.
«Les morts ne sont pas des cadavres. Ils sont les coffres dans lesquels on enferme notre amour, les albums où l’on range nos souvenirs. Ils ne sont pas des corps sans vie, mais des corps qui ont été habités par la vie. Ils ne sont pas rien mais la preuve du tout qui nous a unis à eux.»
Ce fut un roman très court à lire, ou l’humain est au centre et que nous allons tous mourir, mais qui n’a pas su me séduire assez pour trouver cette lecture formidable.
J’ai été intriguée par l’idée de suivre cette femme qui est thanatopractrice et qui s’occupe de nos morts. L’autrice narre son quotidien avec simplicité, sans aborder de détails trop délicats pour les plus sensibles. À chaque chapitre, c’est un défunt qu’elle raconte et peut ainsi nous confier l’envers de ce décor dont malheureusement, nous restons trop loin.
La plume est vraiment facile à lire, très fluide et l'émotion est présente sans tomber dans le “too much”. Ce sont des points que j’ai apprécié et qui font que je suis ressortie de ma lecture avec cette satisfaction. Cependant, j’avais envie de plus connaître cette embaumeuse, de savoir quand parfois l’humain derrière la professionnelle peut vaciller et aussi et je pense que cela est possible sans aller dans des détails “gore” plus sur son métier. Le concours qui il faut passer, la première fois… Tout autant de détails qui m’ont manqué.
Oui, l’humain est au centre et finalement, l’autrice nous narre son quotidien d’embaumeuse, de servante de nos morts et qui furent tous comme nous, un jour debout avec des histoires différentes et qui méritent devant la mort le même respect !
Donc, pour moi, ce roman aurait pu aller plus loin sans trop en rajouter, avec quelques chapitres supplémentaires. Ici, on reste dans la “superficialité” même si, bien sûr, les histoires de ces personnes nous touche évidemment !
Première lecture du #grandprixdeslecteurspocket et on démarre fort avec ce "journal intime" d'une thanatopractrice. Chaque court chapitre raconte une anecdote sur... Un mort. J'ai, sans l'ensemble, plutôt bien aimé ce livre. Il est très court, et j'ai aimé l'idée de l'autrice de désacraliser un peu la mort. De faire en sorte que ça ne soit pas un "gros mot", qu'au même titre que la naissance... On y passera tous. Le format "une ou deux pages = une personne" permet une lecture très rapide, et même si chacune des anecdotes sont différentes, puisque même dans la mort, nous sommes tous différents, il y a quand même un petit côté redondant que je n'ai pas pu surpasser. Le gros bémol pour moi, à été cette impression de ne pas être impliquée dans ce livre. L'autrice dit dans sa préface qu'elle avait besoin d'écrire ce livre, sinon elle aurait parlé à Siri. Pour le coup, j'étais Siri. J'ai recueilli ces paroles, j'ai été une oreille attentive mais j'ai eu l'impression qu'elle avait écrit ce recueil pour elle, peu importe qu'il soit lu ou non. C'était instructif, ça dénonce pas mal le milieu des pompes funèbres (pécuniairement parlant) , c'est plein de bonne humeur (malgré tout), de jolies histoires, et d'autres bien plus tristes. Ça se lit bien et vite, et puis, on passe à autre chose.
Un roman intéressant, narrant le quotidien d’une thanatopracteur, c’est à dire, ces personnes invisibles qui s’occupent de nos défunts, les rendent beaux et fiers avant le voyage final. C’était simple et fluide, intéressant sans être dérangeant. Des fois des pensées de l’autrice était dures mais c’est aussi ça être humain, accepté qu’on est pas parfait, qu’on est pas immortel.
English:
An interesting autobiography about the life of an embalmer, following her throughout a year as she tends to her departed patients through the seasons. I thought the writing was fluid and simple, interesting without being disturbing. Sometimes, the author’s thoughts felt a bit harsh toward her patients but I can’t really imagine working that much, handling that much and not having a fleeting negative thought sometime. That’s being human and mortal after all.
Interesting book because the experience, the job, is rather interesting. Well written, easy to read, and with an amount of 'gore' that some readers, I guess, would find unpalatable (not me). It is nice to see how I identified myself more with the corpses than with the embalmer, which I think is quite the point of the book. However, I couldn't see the purpose of the structure in 4 parts, and I got bored mid-way with the repetition of pretty much the same experiences for pages on end. Half of the book would be far better.