Suite de la vie Alice Gagnon, personnage inspiré par la grand-mère maternelle de l'auteure.
Farouchement indépendante, Alice, jeune adulte, qui n'a pas pu étudier, veut, du moins, avoir un travail et un salaire. Enfin établie en ville, la voilà vendeuse dans un magasin de mode. Nous sommes au début du XXe siècle, on porte gants et chapeau...
Alice retrouve Philou, devenue religieuse, Elle est remarquée par le beau Patrice, qu'elle finit par épouser pour enfin échapper à sa famille, de moins en moins aimante et de plus en plus exigeante.
Avec Patrice, aucun regret, c'est l'amour fou et, rapidement, la maternité. Patrice est parfait : beau, gentil, amoureux fou, travailleur. Il est ingénieur mécanicien et est engagé sur les chantiers des plus grands barrages alentours. C'est dangereux, certes, mais la civilisation ne renoncera plus à l'électricité. La famille suit le travail de ville en ville.
La vie est faite de hauts et de bas. Ainsi disparaissent pépère Alfred puis parrain Armand, le remède contre la tuberculose n'étant pas encore trouvé. De même, Alice perd son premier enfant, puis son frère préféré, Albert, dans un accident de travail.
Ce second volume porte bien malgré tout son nom, "La vie rêvée" car la famille s'agrandit, le salaire de Patrice augmente, la terrible famille Gagnon est enfin tenue à l'écart. Alice a une bonne qui l'aide à la maison, des meubles de prix. Elle passe des séjours d'été dans sa belle-famille à manger des bleuets (non pas la fleur mais la myrtille), et le livre se termine en apothéose, avec un voyage à New York -poudre Elisabeth Arden, sac Chanel en croco, manteau de fourrure, soirée à Broadway et vue sur le monde moderne depuis l'Empire State Building, alors le plus haut du monde.
Le volume s'achève tragiquement en un terrible cliffhanger.
J'ai un peu moins aimé ce volume. L'écriture est quand même très facile, avec des répétitions, et un scenario faible. Alice adore la mode et la décoration, mais nous ne savons pas grand chose de sa vie intérieure. On sent que l'auteure prend du plaisir à redonner vie à ses ancêtres, et c'est touchant. Louise Chevrier s'est très bien documentée, et on apprend à chaque page le bouleversement qu'apporta ces grands chantiers, le crash boursier, mais aussi la naissance de l'Art déco ou la mode. Pour les lecteurs d'Europe, on découvre outre la géographie des expressions inconnues et dépaysantes. C'est vraiment un livre qui ne demandee aucun effort et fait du bien . (tw tout de même, il y a la perte d'un enfant)
Je vais bien entendu poursuivre avec le 3e volume.