"On n'a jamais blâmé les albinos d'avoir les yeux roses, pourquoi m'en voudrait-on d'être lesbienne ? C'est une affaire de nature. Mon étrangeté n'est pas un vice, n'est pas voulue, et ne nuit à personne".
De penser que Natalie Barney écrivit ceci en 1899 m'impressionne. Que cela sonne moderne et courageux 126 ans après, est triste et beau en même temps; il est triste de penser qu'on ait encore à cacher et à justifier des sexualités qui s'écartent de l'hétéronormativité; et en même temps, c'est tellement beau de savoir qu'on a toujours existé, on à toujours été là, peu importent le récit officiel de l'Histoire, la censure, la répression, les persécutions.
Francesco Rapazzini est en train d'effectuer un sacré travail en publiant les inédits de Natalie, et j'espère vraiment pouvoir en lire davantage.
Quelle drama queen cette Natalie, mais je l'adore. Le milieu lesbien des années folles, c'est vraiment relation toxique sur relation toxique, mais ça nous a donné une magnifique littérature finalement.