Âgée de seulement 15 ans, Josée entre au cégep, lit Dostoïevski et Duras, fume des joints, se fait prescrire la pilule, écoute Genesis en boucle et aspire à une indépendance nouvelle, loin de l’autorité parentale. Portée par le vent d’émancipation des années 70, séduite par les courants marginaux, elle s’inscrit à un cours d’antiphilosophie donné par R., prêtre défroqué, littéraire charismatique de trente ans son aîné. À l’encre rouge, en marge des travaux de la cégépienne, la relation professeur-étudiante s’échafaude, entre passion et ambivalence, entre amour et déviance. Avide de découvertes et de spiritualité, Josée s’aventure sur les traces de Lolita, puis sur les routes monastiques de Californie, tout en se tirant au tarot. L’adolescente rangée fait place à la jeune fille grisée par les parfums d’interdits, sans se douter qu’elle signe un pacte avec le diable.
Josée Blanchette raconte dans ce récit sa relation avec un professeur de cégep alors qu’elle n’avait que 15 ans. J’ai trouvé que c’était vraiment bien, sans aucune tentative de glorifier le tout. Quelle époque, où ce genre de choses se faisaient à la vue de tous. J’ai bien aimé aussi l’inclusion de photos d’époque dans le livre.
On apprend aussi, de fil en aiguille, que l’homme a, bien plus tard, été condamné pour agression sexuelle sur mineures… chic type.
Je m'interroge beaucoup, ces jours-ci, sur les expériences que notre subconscient réprime et dissimule le plus loin possible, seulement pour les voir brutalement remonter à la surface suite à une évocation accidentelle. À ce propos, je vous recommande chaudement "I Have Some Questions For You" de Rebecca Makkai.
Ici, c'est un article de journal sur la condamnation d'un pédophile qui rappelle à Josée Blanchette que cet homme fut son premier véritable amour alors qu'elle avait 15 ans, en 1978, et qu'elle entrait prématurément au cégep pour y suivre, entre autres, son cours d'antiphilosophie.
Entretenant une emprise sur elle, notamment par le biais de lettres dégoulinantes de malaise, cet homme défroqué qui a trois fois son âge en fera sa maîtresse, puis sa conjointe, provoquant quelques froncements de sourcils mais vivant autrement cette romance dégueulasse au grand jour, en toute impunité.
Il n'y a pas vraiment de leçon ici, sauf le soulagement un peu naïf de se dire qu'une telle chose serait probablement impossible de nos jours. Mais qui sait...
4,5 - L’auteure nous transporte à une période très personnelle de sa vie à travers ses textes, photos et lettres. J’admire son courage de partager avec nous ce récit en toute vulnérabilité, force et sincérité.
L’histoire de Josée, une adolescente de quinze ans entraînée dans une relation avec son professeur de cégep, de trente ans son aîné, m’a profondément ébranlée. Nous savons tous que ce type de professeur a existé et existe encore. Professeur de cégep moi-même, ce genre d’histoire me révolte.
Cependant, l’autrice a su raconter cette période de sa vie avec une grande délicatesse et sensibilité. Tout au long de ma lecture, j’ai ressenti une colère intense envers R, mêlée à une profonde admiration pour le courage et la lucidité de Josée Blanchette.
Du côté de la forme, j’ai été agacée par un vocabulaire parfois trop élitiste sans être nécessaire, ce qui m’a souvent poussée à interrompre ma lecture pour chercher la signification de plusieurs mots.
Le parcours de Josée m’a rappelé l’importance de rester vigilante et proactive pour protéger nos élèves contre de telles situations.
J’ai voyagé à une époque où la pédophilie ordinaire se dissimulait sous le large concept de la liberté. Je vomis sur R. et je suis subjuguée par la force romanesque de Josée. À lire !
WoW ce livre, j’ai adoré! Je ne m’attendais pas du tout à ça, je suis sans mots. Merci tout spécial à Josée Blanchette pour son partage dans toute cette honnêteté & sans filtre.❤️🩹
J'en reviens pas qu'il y a personne qui a été foutu d'aider cette enfant et de la sortir de là. Je comprends que c'est une autre époque, mais voyons donc..... J'ai dévoré, lecture 11/10.
Presque vierge est un récit troublant, intime et courageux dans lequel l’auteure nous plonge dans son adolescence marquée par une relation avec un homme beaucoup plus âgé. Ce qui m’a frappée, c’est à quel point elle réussit à nous faire oublier qu’elle n’était qu’une enfant au moment des faits. C’est à se demander si ce n’était pas intentionnel, étant donné la nature de cette relation.
J’ai trouvé que le livre soulevait des réflexions profondes sur l’abus de pouvoir, l’influence et le consentement, surtout à travers le silence de l’entourage : certains essaient d’alerter, mais plusieurs préfèrent détourner le regard. Cette indifférence collective rend le récit encore plus percutant et frustrant.
Même si l’histoire m’a accrochée dès le début, surtout avec le choix de commencer par la fin, j’ai eu du mal avec le style d’écriture. Le choix des mots, les temps de verbe et les nombreuses références ont parfois rendu ma lecture difficile, et m’ont même fait décrocher par moments.
Malgré tout, Presque vierge reste pour moi un témoignage marquant, qui ne laisse pas indifférent. Il met en lumière la complexité de certaines dynamiques relationnelles et la difficulté de reconnaître une emprise quand on est en plein dedans. C’est un livre qui dérange, qui bouscule et qui continue de faire réfléchir après l’avoir refermé.
Un récit touchant et intime qui explore les différents aspects de l’adolescence. L’histoire, émouvante et frustrante, réussit à déchirer le cœur du lecteur. Les crimes du passé étaient souvent banalisés. À travers l’histoire on comprend toutes les tactiques de manipulation de R.
La plume de l’autrice était pour moi complexe. Je ne trouve pas qu’elle correspond à la voix d’une adolescente de quinze ans ce qui a créé une distance. Aussi plusieurs références m’étaient inconnues et rendaient le texte parfois difficile d’accès.
« Je suis en convalescence de mon adolescence. » « J’ai un père de trop. » « Cible de l’adjectif bien tourné, victime du subjonctif, abusée du verbe et de la périphrase. Pédophilie tient en quatre syllabes. »
À la fin de la lecture j’étais profondément troublé et ébranlé.
L’histoire nous est racontée au présent avec le point de vue de la victime. Rares sont les commentaires de l’auteure envers l’abuseur ou envers son histoire. J’ai trouvé qu’avec ce choix narratif (franchement réussi!) le lecteur est manipulé en même temps que la victime. On s’attache à elle. On veut son bien et son bonheur. Et elle semble tellement convaincue que ce qu’elle vit est bien et la société le tolère même ! Bien qu’au final, on présente un mal insidieux qui s’infiltre et qui prend le contrôle, ce n’est rien de beau ou d’heureux. Un abuseur qui séduit et qui manipule le consentement afin de l’obtenir. Je suis choqué. C’est trop vrai comme histoire.
J’ai aimé le style d’écriture imagé avec un beau vocabulaire soutenu. Mais comme plusieurs autres commentaires l’ont déjà mentionné, j’ai trouvé que parfois c’était trop.
Dérangeant, perturbant, touchant.. Ce récit vraiment courageux m’a amené dans un style d’écriture que je trouvais d’abord élitiste et puis franc. Ça me rappelle beaucoup Bonjour Tristesse et l’adolescence en floraison (rebellion)
Presque vierge c'est une ode à la jeunesse, au pouvoir hypnotique, à la soif d'à peu près tout, à l'intellect érotique, aux perceptions théatrales, aux illusions amoureuses, à l'arnaque de l'éternel, au sacrifice de la chair, aux moeurs derrière les portes et au manque de discernemant de tous.
C'est se briser le coeur, se raper la face et être tout de même plus grande que nature.
Ce n'est pas un #metoo, ce n'est pas un ‘‘je décalisse le masculin ’’, ce n'est pas une jeune avec un vieux. C'est une parcelle de vie livrée avec honnêteté ; des paroles douces avec des mots durs. L'évangile selon Josée.
J'ai adoré. Les références et ma compréhension d'une autre époque ne font que me rappeller comment moi aussi on m'a gavé.
Ce livre rejoint la liste (beaucoup trop longue) de récit et de témoignage de femme ayant été abusé par un adulte durant leur enfance. Pour l'auteure, cet exercice d'écriture est sans aucun doute difficile et lourd, mais la nécessité de le faire voir le jour est indéniable.
À 15 ans, on se sent déjà si adulte et mature que l'on devient d'autant plus manipulable. C'est précisément ce que ce récit illustre. Pour la jeune cégépienne qu'elle était, recevoir l'approbation, puis le désir de son professeur, revenait à valider ce qu'elle avait toujours pensé d'elle-même.
Pour elle, cette relation incarne le danger, la rébellion et la découverte du pouvoir de séduction. L'auteure parvient à illustrer cette dynamique dans son roman : la dualité entre le désir d'émancipation d'une adolescente et la manipulation répugnante d'un homme plus âgé qu'elle.
Ce prédateur n'est pas dépeint comme un grand méchant loup, mais comme ce qu'il est probablement : un homme âgé et pathétique en quête d'une proie facile.
Josée Blanchette possède également un don pour les mots. Bien que ce roman n'ait certainement pas été facile à écrire (six ans d'incubation, comme elle le souligne si bien), il est empreint d'élégance et de sensibilité.
L'autrice nous offre un point de vue actuel, celui de l'adulte qu'elle est devenue, tout en revisitant son passé et en explorant les sentiments et doutes de l'adolescente qu'elle a été. Le tout est enrichi par des lettres et des images d'époque.
Ce récit autobiographique de Josée Blanchette, comédienne et chroniqueuse connue, nous révèle comment elle est devenue la cible d’un prédateur alors qu’elle se croyait l’élue d’une grande histoire d’amour. Elle avait 15 ans et lui était son prof philosophie de CEGEP, âgé de 45 ans. Elle a appris il y environ 5 ans qu’il était en prison pour pédophilie. Elle est retournée dans ses souvenirs (et ses caisses de journaux intimes de l’époque et des nombreuses lettres qui lui a écrites)et nous a livré son témoignage. Son histoire m’a touché, cependant j’aurais aimé aussi lire sa vision de la situation maintenant en tant que femme accomplie, son outrance. Mais tout de même une belle lecture.
Je suis honnêtement sans mots. C'est un livre qui fait écho à ma propre histoire, bien que très différente. La prose était si simple à lire elle nous amenait l'histoire aussi simplement qu'elle le pouvait mais le sujet me forçait à prendre des poses assez souvent. Presque vierge est une réalisation, un coup de poing. Histoire tragique d'une histoire d'amour(?) Peu ordinaire mais trop souvent acceptée.
Un témoignage bouleversant sur l’abus déguisé en amour, au cœur d’une société défaillante qui permet trop souvent à de telles perversions de prospérer.
Ce livre, très bien écrit, est le généreux témoignage d’une femme très intelligente, que j’admire beaucoup.
Elle nous livre sans pudeur son premier amour, alors qu’elle était (très!) mineure, avec un homme de trois fois son âge, reconnu coupable depuis d’agressions sexuelles sur des enfants et des adolescentes.
L’histoire est tout en nuances et bien qu’on y lise très clairement les pratiques dégoutantes d’un homme à la morale douteuse qui abuse de son pouvoir, on voit aussi tout le reste, tout ce qui, à l’époque, rendait ce genre d’histoires possibles, pour elle, pour lui, pour leurs proches et toute la société qui ne la condamnait pas.
J’ai d’ailleurs été étonnée du sérieux de l’affaire. Ce n’est pas une amourette de quelques semaines, ou un amour de vacances. C’est plutôt une relation qui s’est développée sur 5 ans, avec elle qui emménage chez lui, qui devient la femme de la maison, son infirmière personnelle (pour lui injecter de la testostérone — ça ne s’invente pas!), la mère de son fils…!
Au fil des pages on lit la naiveté, la candeur, mais aussi la grandeur de cette jeune fille, à cheval entre l’enfance et l’âge adulte, qui s’affirme et s’émancipe pour et par, à travers et surtout malgré cette relation.
On ne peut être qu’admiratif envers la fille qui a été femme avant l’heure, et le courage que ça a pris à celle qu’elle est devenue pour témoigner ainsi de cette expérience, qui certes marque sa vie à elle, mais éclaire aussi tout un pan de notre histoire commune.
Ouf que ce livre me brasse et a suscité des réflexions et des discussions. Josée Blanchette raconte sa relation avec son prof de Cégep avec qui elle développe une relation malsaine alors qu'elle n'a que 15 ans et lui 3 fois son âge. C'est très bien écrit et j'ai aimé toutes les références à la fin des années 70. Ça me ramène à mon premier amour interdit alors que j'en avais 14 et lui 25... Ça m'assomme quand je vois des jeunes filles de cet âge aujourd'hui, j'étais encore une enfant, j'étais en amour avec l'amour et j'étais prête à me battre envers et contre tous pour cet amour interdit, je me pensais une adulte alors que je n'étais pas du tout la femme que je suis devenue aujourd'hui... C'est troublant et choquant, je ne me remets pas de cette lecture que j'ai dévorée en 24h.
La plume de l'auteure a été difficile à lire et comprendre au tout départ. Rentrer dans l'histoire a été un obstacle, mais en comprenant davantage ses métaphores, j'ai pu apprécier la dernière moitié du roman. C'est touchant et troublant. Une belle lecture pour s'évader tout en restant dans la triste réalité de " tomber en amour avec l'amour".
J'ai adoré cette citation 😂: " Je ne me doute pas que sa bite est coincée dans la fermeture éclair de son cerveau "
L'autrice raconte l'histoire qu'elle a eu avec son enseignant de philosophie lorsqu'elle débutait le cegep, à 15 ans. Évidemment, son enseignant, appelé R. dans le roman, est beaucoup plus agé qu'elle. Le tout se déroule dans les années 70, bien avant les dénonciations et le mouvement #MeToo.
Ça donne froid dans le dos de lire tout ça, de voir quelques photos de la jeune Josée ainsi que des lettres échangées.
Un malaise à donner une note sur une biographie. Les trois étoiles viennent d’un mélange entre mon appréciation du vocabulaire, empreint de poésie et de références culturelles, et du dégoût face à la situation. Je ne peux pas mettre cinq étoiles, parce que je ne peux pas dire que j’ai apprécié ma lecture. Ce n’est pas de la fiction, c’est une réalité bien connue. C’est un vomi saupoudré de paillettes, tsé.
C’est généreux (et probablement thérapeutique ?) de tout raconter ça sans s’autocensurer. Ces récits donnent habituellement l’envie de pourfendre le bourreau, mais celui-ci raconté du point de vue de l’ado immature désamorce la colère, sans pour autant faire disparaître le sentiment que c’est totalement inacceptable.