Le steampunk est une immersion dans l’histoire du XIXe siècle et ses alternatives, un tourbillon d’ingéniosité qui exalte autant qu’il révolte. Plongez dans cette anthologie, où les personnages nagent entre deux eaux : d’un côté, la course au progrès, l’exploitation des fonds marins et ses conséquences s’imposent à eux ; de l’autre, les abysses inexplorés et leurs secrets insondables attisent la curiosité des plus téméraires. Désastre environnemental ou symbiose salutaire, quel sera l’impact de la folie industrielle sur les profondeurs de l’océan ?
Pour le meilleur ou pour le pire, ou juste différemment. Prenez place dans notre machine à remonter le temps !
Mon préféré de la collection jusqu’à présent, « Industrie et fonds marins » a réussi à détrôner « Mécanique et lutte des classes » dans mon classement.
J’ai beaucoup aimé toutes les nouvelles, surtout, surtout les 3 premières que j’ai trouvé très intéressantes : j’aurais pu lire des romans entiers basées sur ces nouvelles (avis aux auteurs, vous tenez des pépites).
Toujours un plaisir de replonger dans du steampunk avec Oneiroi, qui, comme beaucoup de petites maisons d’édition indépendantes, n’est pas assez mise en avant à mon goût malgré la qualité des publications.
Les quatre nouvelles du recueil traitent du conflit entre nature (ou nature humaine) et technologie, sur thème des mondes sous-marins, qui ouvrent de belles opportunités pour de nouvelles resources à surexploiter et de nouveaux conflits entre peuples. Bien évidemment, l’esthétisme steampunk domine avec scaphandres, vaisseaux et machineries flirtant avec le biopunk ou les codes du fantasy. Les styles des quatre auteurices se répondent à merveille, chacun.e sur une immersion différente.
Une première nouvelle, sur des tonalités de redemption, traite de la quête de croissance et des hommes au service des machines, grâce au contraste d’une cité engloutie a garantie de gloire passée… mais surtout d’économie circulaire écologique.
Une deuxième nouvelle, plus brève, qui se lit bien et vite, dont j’ai apprécié l’évolution du pensées et de language donnée par le protagoniste et sa descente dans une exploitation infernale qui fait penser aux sites pétroliers.
Une troisième nouvelle avec une protagoniste charmante, pleine d’obsessions administratives et de racisme. En pleine exploitation colonialisme des resources et des peuples, on la voit se noyer dans ses certitudes avec une ironie méritée.
Une quatrième nouvelle qui m’a fait penser à l’Atlantide (euh oui, la version dessin animé) sur la manière de traiter le choc de surexploitation des resources marines entre un peuple local et un peuple de technologies. Une plume émotive, efficace et poétique, qui m’a absolument immergée - j’ai eu l’impression de lire un roman entier en quelques pages.
4 nouvelles 4 auteurs. J’ai bien aimé la variété de cette anthologie sur les fonds marins. Vivant tout près de la mer, j’apprécie quand son immensité donne autant d’imagination avec un fond steampunk. Rencontre avec les peuples des profondeurs, exploitation des hommes et des ressources, légende ou réalité sur les abysses : les 4 auteurs nous plongent dans un imaginaire aussi incroyable qu’inquiétant. La révolte traverse les 4 nouvelles pour le meilleur et pour le pire.