Un livre avec des figures et des lieux, n'est-ce pas un roman ? Ses épisodes ont été déposés dans des livres précédents. Les personnages, qui n'étaient désignés que par des initiales, se présentent maintenant à visage découvert. Ils sont nommés, affectueusement, par leurs prénoms. Visages apparaissent et disparaissent, par le relais des ombres, pour ne plus laisser que les lieux par lesquels ils sont passés, les objets qu'ils ont touchés. Et quand les lieux mêmes s'évanouissent, et que les objets s'escamotent, il reste la lumière, ses simples manifestations, pleines de mystère, proches du réconfort le plus intense. À la fin le photographe a envie d'aller les chercher dans la nuit.
* Ce livre de photographies a été publié à l’occasion de l’exposition qui s’était tenu de septembre à novembre 1984 à la galerie Agathe Gaillard, à Paris.
(Saint-Cloud, 14 décembre 1955 - Clamart, 27 décembre 1991) est un écrivain et journaliste français. Son rapport à l'écriture se nourrit pour l'essentiel d'autobiographie et d'autofiction1. Il est également reconnu comme photographe et pour ses écrits sur la photographie.
Hervé Guibert est issu d’une famille de la classe moyenne d’après guerre. Son père est inspecteur vétérinaire et sa mère ne travaille pas. Il a une sœur, Dominique, plus âgée que lui. Ses grand-tantes, Suzanne et Louise, tiennent une place importante dans son univers familial. Après une enfance parisienne (XIVe arrondissement), il poursuit des études secondaires à La Rochelle. Il fait alors partie d’une troupe de théâtre : la Comédie de La Rochelle et du Centre Ouest. Il revient à Paris en 1973, échoue au concours d'entrée de l’Idhec à l'âge de 18 ans.
Homosexuel, il construit sa vie sentimentale autour de plusieurs hommes. Trois d’entre eux occupent une place importante dans sa vie et son œuvre : Thierry Jouno, directeur du centre socioculturel des sourds à Vincennes rencontré en 1976, Michel Foucault dont il fait la connaissance en 1977 à la suite de la parution de son premier livre La Mort propagande et Vincent M. en 1982, un adolescent d’une quinzaine d’années, qui inspire son roman Fou de Vincent. Il est un proche du photographe Hans Georg Berger rencontré en 1978 et séjourne dans sa résidence de l’Ile d’Elbe.
Il est pensionnaire de la Villa Médicis entre 1987 et 1989, en même temps qu'Eugène Savitzkaya et Mathieu Lindon. Ce séjour inspira son roman L'Incognito.
En janvier 1988, il apprend qu’il est atteint par le sida. En juin de l’année suivante, il se marie avec Christine S., la compagne de Thierry Jouno. En 1990, il révèle sa séropositivité dans son roman À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie - qui le fait connaître par ailleurs à un public bien plus important. Cette même année il est l'invité de Bernard Pivot dans Apostrophes. Ce roman est le premier d'une trilogie, composée également du Protocole compassionnel et de l'Homme au chapeau rouge. Dans ces derniers ouvrages, il décrit de façon quotidienne l'avancée de sa maladie.
Il réalise un travail artistique acharné sur le SIDA qui inlassablement lui retire ses forces, notamment au travers de photographies de son corps et d'un film, La Pudeur ou l'Impudeur qu'il achève avec la productrice Pascale Breugnot quelques semaines avant sa mort, ce film est diffusé à la télévision le 30 janvier 1992.
Presque aveugle à cause de la maladie, il tente de mettre fin à ses jours la veille de ses 36 ans. Il meurt deux semaines plus tard, le 27 décembre 1991, à l'hôpital Antoine-Béclère. Il est enterré à Rio nell'Elba près de l'ermitage de Santa Catarina (rive orientale de l'Ile d'Elbe).
Les textes d'Hervé Guibert se caractérisent par la recherche de simplicité et de dépouillement. Son style évolue sous l'influence de ses lectures (Roland Barthes, Bernard-Marie Koltès ou encore Thomas Bernhard, ce dernier "contaminant" ouvertement le style de A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie).
Hervé Guibert compose de courts romans aux chapitres de quelques pages, qui se fondent souvent sur des faits biographiques maquillés de fiction. Le lecteur est saisi par l'intrigue brutalement exposée (ainsi dans Mes parents), et appuyée par des passages au vocabulaire sophistiqué ou par des descriptions crues de tortures ou d'amours charnelles. Ce texte est en grande partie extrait de son journal intime publié en 2001 chez Gallimard (Le Mausolée des amants, Journal 1976-1991).
Il travaille avec Patrice Chéreau avec qui il coécrit le scénario de L'Homme blessé qui obtient le César du meilleur scénario en 1984, mais aussi avec Sophie Calle. Journaliste, il collabore dès 1973 à plusieurs revues. Il réalise des entretiens avec des artistes de son époque comme Isabelle Adjani, Zouc ou Miquel Barceló qui fait plus de 25 portraits de lui. Il écrit des critiques de photographie et de cinéma au service culturel du journal L
The three-page introduction by Hervé Guibert was so beautifully written. We share the same philosophy. As someone whose passion for photography has been dormant the last few years, this helped appease my guilt over it and lit a glimmer of light off in the distance, guiding me back to it. There’s such an ease and an authenticity to his images that it put me at ease, as well, and gave me permission to be authentic in my own approach. It helped me release some of the pressure that pushed me away from the medium to begin with. It reminded me of why I love picking up a camera and always will.
I was introduced to Hervé by his memoir, “To the friend who did not save my life”, and I was completely won over by the way he writes and expresses himself. I then embarked on a mission to get to know him even more by reading more of his books! But “The only face”, it’s an alternative kind of “novel” a one that he cannot hide behind words but behind a lens, where his truths come out even more vulnerable!
The translation of the forward was new to me. The quality of the photographs is great, as is the quality of the paper. I wish the cover was a bit thicker for the price, but I’m very happy with the purchase and grateful it’s in production. Well-curated and worth it.
Beautiful photographs & writing as usual. The first two paragraph of Guibert's accompanying essay is a honest and moving piece of artist statement I believe I will come back to in the future.
Beautifully composed photographs, which, in the case of portraits, brings out the character of the person photographed or, in the case of pictures without people, a sense of place, time, and mood.