Il y a ce qui reste de la Roumanie pour une famille unie qui habite désormais une banlieue tranquille près de Montréal. Il y a la fille, tout juste quinze ans, qui préfère rester à l’étage des parents, et son grand frère, installé au sous-sol.
Il y a la nourriture, tableau presque statique qui raconte la vie d’avant et voile les détresses intérieures.
Il y a un jeune homme et ses incessants textos, une liaison qui se précise, puis l’agression qui survient.
Et il y a la surdité de ceux et celles au dehors qui ne veulent pas entendre.
J'ai lu ce livre d'un coup avec une nausée qui ne m'a pas quittée jusqu'au dernier mot. Cristina manie un sujet difficile avec une sensibilité incroyable comme peu de gens savent le faire, en maîtrisant la langue et en utilisant un minimum de mots pour exprimer son propos. Certaines descriptions suscitent le dégoût, d'autres, la colère, et certaines, la nostalgie. Les passages sur la nourriture rappellent une stagnation dans l'état des choses, dans les modes de pensée des personnages, tout en établissant une peur croissante chez le personnage principal. Ce livre est puissant dans son propos, mais aussi dans sa forme, qui mélange prose et fragments presque poétiques qui suivent le rythme de l'histoire. C'est un livre important que je tiens près de mon coeur et que je vais relire et relire.
Au Québec, le pouvoir ecclésiastique a longtemps entretenu le mythe que le peuple était « né pour un petit pain ». On oublie toujours de mentionner que, si l’homme francophone n’avait droit qu’à une piètre baguette, sa femme n’obtenait que les restants; les miettes de quignon. On se convainc que ce temps d’inégalités fxmmes-hxmmes est révolu et que notre Québec actuel est donnn’ laïque, et surtout, donnn’ égalitaire. Et pourtant, nul n’aurait pu s’étonner d’entendre Céline Galipeau corroborer le récit écrit par Cristina Vanciu au téléjournal de 22h.
J’aurais tellement voulu ressortir de cette lecture blasée par un manque de vraisemblance, rouler les yeux en me disant que le discours corrosif de Cristina Vanciu ne tenait pas debout. Mais non! Je suis sur le cul, épuisée par cette lecture concise mais incendiaire.
À lire pour se mettre le feu au cul car, il faut se rappeler de la nécessité et de l’urgence de militer pour que toute personne qu’on a brisée soit capable de briser son silence. Ce silence promu par une culture, un système judiciaire, une société…la nôtre.
se dévore comme un petit bonbon et fracasse comme une chip. l’ai terminé le soir de la st-valentin pour être thématique; une histoire (trop commune) d’horreur. je recommande.
Dans « auto-tamponneuse », il y a la notion de tamponner, comme sécher quelque chose (larmes), mais il y a aussi celle d’une vive collision, à la fois irruption et réaction absorbante! Dans la cacophonie de la fête foraine patriarcale, il y a des autos-tamponneuses qui racontent en silence, manège métonymique d'un récit dégoutant mais important…
Quand j’ai vu ce roman passer sur Instagram, j’ai tout de suite su que je devais le lire. Mon intuition avait raison, puisque j’ai fini le livre en à peine deux heures.
La protagoniste immigre depuis la Roumanie à un très jeune âge. Mais déjà, elle remarque comment les femmes dans son entourage taisent plusieurs choses, avalent leurs mots plutôt que de les exprimer. La protagoniste aussi le fait… jusqu’à ce qu’elle prenne les choses en main et se décide que c’est assez.
Il y a plusieurs facteurs qui font en sorte que j’ai pu dévorer ce livre (outre sa taille je parle). Notamment : je résonne à 100 % avec la réalité de la protagoniste. Moi aussi, étant d’origine roumaine (bien que je sois née ici), j’ai une expérience qui ressemble de très près à ce qui est contenu dans ses pages. À plusieurs reprises, je me suis vue en la protagoniste, plusieurs fois j’ai vraiment eu des réactions type « why is this me/my family »… c’est juste très vrai et authentique comme texte et, dans un certain sens, c’est rassurant de voir que l’expérience est partagée ? Bref, ça a bien fait écho à mon propre vécu.
Ensuite, il y a le propos du texte en soit, les parallèles de la protagoniste avec les femmes de sa vie qui n’ont pas osé alors qu’elle franchit ce pas, sa propre problématique (qui énerve aussi, on est déçue, mais pas surprise ici)… On en tire un texte profond, qui va droit au but et qui frappe. C’est une pépite.
Je ne peux que vous encourager à faire cette lecture aussi. J’émets quelques TW ceci dit puisque le roman n’a pas de liste en son sein : agression sexuelle sur mineurs, gaslighting, péd0philie, violence conjugale (mention).
C'est poignant, ça enrage, ça attriste : lisez-le. La forme sert merveilleusement le propos, qui est important. Ce livre se lit tout doucement et se dévore d'une traite.
J’ai pleuré beaucoup par familiarité, et weirdly, par réconfort.
J’ai trouvé que la superposition des textos avec les ‘vers’ nous permettent vraiment de créer une situation parallèle à la ‘vraie vie’. L’un déborde dans l’autre éventuellement, et ça m’a fait mal au coeur.
Tellement fière de Cristina! J’ai avalé ce livre en une bouchée, et j’en aurais pris des centaines de plus.
À travers le regard d’une adolescente de quinze ans, le roman souhaite aborder les non-dits intergénérationnels et les violences subies par les femmes.
Si l'écriture se lit facilement et que le sujet est pertinent, les personnages auraient pu être développés davantage pour accentuer l’impact émotionnel du récit. Malgré une intention louable, je n'ai pas particulièrement aimé ma lecture. Ou plutôt elle me laisse indifférente...
J'ai aimé! C'est une lecture rapide, mais puissante. On sent la maturité littéraire de cette autrice, malgré que c'est son premier roman. Elle aborde un thème central : la sexualité chez les mineurs au Québec, et plus particulièrement dans des familles immigrantes. J'aime aussi comment la nourriture prend une place centrale pour exposer le ressenti des personnages.
Un tout petit livre, une écriture en prose, une histoire dure, horrible. Et des femmes silencieuses. J'ai adoré l'écriture de cette autrice qui en est à son premier roman. Une belle découverte. Malgré le sujet abordé.
Pour mes dix-huit ans, la mère m'offre une bague que personne dans la famille n'avait encore portée. Elle est lourde et sertie de dix-huit diamants. Comme si la mère me disait : Je me suis tant inquiétée pour toi. Je suis heureuse de te voir grandir, je ne croyais pas avoir cette chance.
Recommencer le livre aussitôt fini pour être certaine de ne pas avoir manqué des nuances, ou l’essentiel! Ne pas laisser ses mots dans l’oubli, être là pour les femmes qui refusent le silence ! Bref, c’est percutant, mais c’était pas une lecture de type congé de Pâques en famille 😑
J'ai bien aimé ce livre, avec ses ruptures de ton, soit par le récit découpé en page individuelle et la narration vs les dialogues. Ça nous rappelle le noir et le blanc, deux besoins d'une histoire.
Ce n'est pas un roman traditionnel et le sujet est lourd, ce n'est pas pour tout le monde.
Ce livre est une découverte phénoménale. Cristina vient de signer ici un ouvrage tellement nécessaire, tellement touchant. J'ai dévoré ce livre, les larmes aux yeux. Merci pour cet ouvrage.