Le style graphique de Jérémie Moreau m'a toujours rebuté. J'ai lu quelques unes de ses BD un peu à reculon : j'ai détesté Penss, Les Pizzlys m'a tantôt énervé, tantôt laissé indifférent, mais sur Alyte, j'avoue que je suis conquis. Je trouve qu'il a enfin trouvé le bon équilibre entre son graphisme très épuré et sa narration toujours un peu moralisatrice. Cette fable est très bien racontée, j'ai été ému à plusieurs reprises !
Mais comme d'autres, je ne sais pas trop quoi penser de la fin. Elle donne l'impression que par un acte individuel, Alyte seul a réussi là où les actions collectives ont échoué, et pour moi c'est la pire conclusion à avoir quand on parle d'écologie. La fin pourrait être douce-amère puisque si on fait le bilan, presque tous les personnages meurent à cause de la léthalyte, mais au lieu de ça tout paraît si glorieux... J'imagine que Jérémie Moreau voulait une fin positive qui colle à son conte écologique, peut-être pour montrer que l'espoir existe malgré tout, mais j'ai trouvé que ça tapait à côté. Et au final, c'est ce genre de réserve sur le fond qui m'ont le plus rebuté dans Penss et Les Pizzlys, c'est dommage qu'Alyte ne fasse pas exception (même si là c'est moins pire)