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Vivre tout bas

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Entre vagues et falaises, comme née du paysage, une femme apparaît au bord de la mer, portée par un chagrin plus grand qu’elle. Le livre raconte sa prise d’élan vers une autre version d’elle-même, une évasion : Marie, mère et sainte, s’affranchit ici doucement mais sûrement de l’iconographie qui la fige. Et de la liturgie qui lui coupe la parole. Elle se découvre aussi, à la rencontre des autres, de ceux – proches ou lointains, présents ou futurs – qui ne laisseront pas de traces ailleurs que dans la mémoire des vivants.
Le roman comme un affût.

208 pages, Paperback

Published January 2, 2025

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Jeanne Benameur

53 books27 followers

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Displaying 1 - 10 of 10 reviews
370 reviews3 followers
November 11, 2025
Comment décrire ce livre ? Récit poétique, spirituel, doux, méditatif et bouleversant. Si le lecteur laisse le temps faire son œuvre et s'il accepte de plonger dans son âme par les mots choisis, ce récit émeut profondément.

Ce livre raconte la vie (romancée et imaginaire) de la Vierge Marie après la Crucifixion et la Résurrection. Dans ce récit, Marie rencontre une petite fille mutique, qui a perdu la voix après un drame. Deux douleurs réunies, deux femmes qui réapprennent à vivre et à aimer la vie. Deux âmes qui se comprennent et qui écrivent pour vivre.

Ce livre décrit celle qui a porté la Vie, il raconte la Mère de tous les hommes, celle qui veille et qui habite nos vies.
Jeanne Benameur nous raconte avec une très tendre plume la vie de la Vierge, une vie qui ne fait pas de bruits, une vie murmurée, une vie qui n'a d'éclats que l'amour de Jésus qui vit en elle et son amour pour chacun, pour nous.
"Vivre tout bas" .


"Elle écrira les histoires des uns et des autres.
Les histoires humbles de chaque jour, les histoires de rien. Ce sont les moments qui comptent. Pas les vies. Ces moments où on ne sait pas pourquoi on fait quelque chose mais on le fait. C'est cela qui mérite d'être raconté. Ce qu'on ne sait pas. Encore et toujours. Les vies se croisent sans qu'on ne devine rien de ce qui anime l'un ou l'autre. Elle, elle écrira cela, ce qui anime le pas, fait entrer dans le cœur le souffle de ce qui n'a pas de nom. Elle écrira ce qui donne de la force sans même qu'on le sache.
Sa vie sera celle-là. L'écriture est puissante. Elle ouvre les poitrines et permet à la liberté grande d'entrer, un peu, dans la vie de chacun.
Elle ne bâtira pas d'église, elle ne portera
aucune parole divine. C'est la parole humaine
qu'elle essaiera d'entendre, cette parole qui n'est parfois plus qu'un murmure. C'est dans ces murmures qu'elle entend la vie pleine, la vie si fragile. Une vie ce n'est rien mais parfois quand elle parvient à se dire alors on en voit la forme. Le peintre sait cela. Le musicien aussi et tous ceux
qui essaient de révéler cette forme pour que
d'autres la voient aussi. Elle c'est avec l'écriture et elle sait que c'est ainsi qu'elle fera ce que sa propre vie réclame depuis toujours". p.191

"Et elle, à quoi rêve-t-elle ?
Il sait qu'elle avait déjà abandonné sa longue
tristesse avant d'accepter que ses mains à lui ne la réveillent. Sinon il n'aurait pas pu. Tout ce temps où il l'a vue aller seule sur les chemins, s'arrêter devant la haute roche rouge parfois si longtemps qu'il se demandait ce qu'elle voyait, tout ce
temps où il ne fallait pas l'approcher, pas encore, il a appris à déchiffrer un peu ses pas. Mais c'est comme si parfois ses pieds quittaient la terre. Il suivait sa trace et puis soudain plus rien. Et il retrouvait sa trace plus loin. Il n'a pas compris ce
mystère mais il accepte les mystères. Il sait bien que la vie en est un et qu'il est fou de l'oublier.
Ceux qui veulent faire de la vie une chose bien établie avec ceci puis cela et après cela encore ne veulent surtout pas du mystère. Ils veulent des chaussures qui tiennent un nombre bien défini de saisons mais c'est oublier que le vent peut user la route, que les pluies qui tombent parfois si violentes peuvent raviner le chemin, qu'une pierre sous une semelle peut venir à bout du pas le plus décidé et qu'on trébuche.
La vie aussi s'use au vent et sur les pierres des routes.
Et puis voilà, elle peut reprendre par surprise
tout son éclat comme si on voyait les choses de tous les jours pour la première fois et on est heureux.

Il suffit de si peu, la voile bien enflée d'une barque sur la mer bleue et la poitrine s'ouvre large et on respire autrement, comme si on était à la proue du bateau, seul et libre, ou bien le chant d'une femme qui tisse et qui accompagne son mouvement régulier d'une chanson apprise par sa mère et la mère de sa mère, une chanson qui vous rassure et vous dit que les liens du fil et de la laine ne s'arrêtent jamais, qu'ils vont former peu à peu un motif et qu'on le verra apparaître pour peu qu'on soit patient. Il a su ne pas ignorer ces joies sans raison et il a su attendre qu'elles lui rendent la vie plus légère quand elle était trop lourde et qu'aucune sandale ne pouvait donner à son pied l'envie de se soulever et de faire un pas puis un autre.

Avec l'arrivée de la femme dans son monde
du village et de sa rêverie, s'est ouvert en lui un espace, sans limite. Il ne croyait pas cela possible. Et il ignore où cela le mènera mais vivre, c'est ça. Et sa joie est grande"
p. 181-182

"Non, elle, elle n'enfante plus. C'est sa dou-
leur à lui qui est au travail. Il est au travail. Il permet à toutes les souffrances, d'où qu'elles viennent, de quitter le corps où elles ont pris naissance pour aller dans le monde. Elles voyagent d'un être à un autre et s'allègent au seuil de chaque nouvelle
poitrine qu'elles pénètrent. Lui, sa souffrance a tellement voyagé qu'il a pu quitter le tombeau. Et son souffle continue.
Elle marche et son chant lui permet de
prendre. De former les sons en les laissant monter de la terre dans son corps et aller jusqu'à sa bouche, cela lui ouvre l'esprit. Elle comprend. En chantant et en marchant. Elle n'est plus que cela: un souffle et un mouvement sur la terre.
Alors lui parviennent les sons du monde qu'elle ne connait pas, ce monde qui sera bien après qu'elle aura disparu. Elle entend tout. Les souffrances sont les mêmes. Les strates du temps n'effacent rien. Ni les choses passées ni celles qui ne sont pas encore advenues". p.57

"Chacune de ses paroles venait d'un savoir qu'elle seule possédait. Il s'était rappelé le regard que son guide bien-aimé posait sur elle, sa mère, parfois, avant de parler. Elle ne le regardait pas. Ses yeux fixaient souvent un point lointain qu'elle seule voyait. Et il parlait. Il leur disait des paroles d'amour et de combat. Oui ils devraient faire face à bien des tourments et bien des injustices mais tout cela n'était rien si dans leur cœur, quelque chose de plus fort leur donnait la force. Jean se rappelle aujourd'hui les paroles d'amour et il sent que ce sont ces paroles qui gonfleront la voile de son bateau.

Sa voix à elle et la voix de son fils se mêlent dans sa poitrine.
Longtemps elle lui parle. Puis elle lui dit Un jour tout cela sera détruit si personne ne veille.
Alors il sent que sa place à lui, elle est là et elle sera toujours là. Il est le veilleur. Il veille sur elle mais il doit élargir sa veille. Il doit veiller sur les hommes et les femmes qu'il ne connaît pas et qui viendront après eux. Tout son cœur se sent appelé par cette tâche à venir, comme si sa place dans le monde et le temps venait de se dessiner, aussi clairement qu'il a dessiné sa solide barque.

Il lui faudra des années et des années pour accomplir ce qu'il a à accomplir.Tout son être est porté par cet élan. La force de cet amour-là, celui qu'il faut pour mener à bien cette tâche, il l'a. Tranquille et immense. Il n'a qu'à se mettre au service de ce qui le dépasse et l'englobe. Il lui faudra œuvrer et œuvrer encore pour que chacun entende qu'il doit veiller. N'importe où et n'importe quand dans le monde. Parce que sa veille à lui ne suffira pas. Que chacun protège celui qui est près de lui et plus loin encore ceux qui ont besoin d'aide. C'est comme ça que les humains peuvent vivre et continuer. Il n'y a pas d'autre route". p.107

"C'est par Jean et par l'enfant qu'elle trouve sa route d'amour sur terre. C'est difficile. Mais il y a là une joie inconnue. On n'est pas seul quand on est confiant. On remet sa vie, son souffle, à la veille des plantes et des pierres. On remet sa vie dans le regard des autres que l'on croise. Les vies s'ouvrent les unes aux autres, parfois juste le temps d'un croisement. Un passage. Elle est une passante". p.150
Profile Image for Bérénice.
107 reviews9 followers
January 14, 2025
La femme qui a vu la mort de son fils s'est réfugiée sur les terres désertes de la falaise rouge à l'écart du village. Elle poursuit sa destinée à elle de raconter les vies qui la traversent et de transmettre à la petite fille, qui ne peut plus parler, son savoir.

Jeanne Benameur nous transmet un récit calme et sage de cette femme qu'on nous a raconté encore et encore. Son histoire est pourtant assez méconnue, cette fable nous montre un visage différent.
Profile Image for Matatoune.
630 reviews30 followers
January 14, 2025
Jeanne Benameur témoigne de la prise de liberté de la mère de Jésus grâce aux signes écrits, elle toujours assignée dans son rôle de Mater Dolorosa. De la figure de Marie, mère liturgique qui accompagne la chair de sa chair jusqu’à la mort, l’écrivaine la fait renaître, perceptible aux souffrances des autres et élément de transmission pour redonner paroles par l’écriture. Seulement, l’échange, affirme Jeanne Benamer, n’est jamais à sens unique, on apprend de l’autre comme il apprend de nous.

Le souffle poétique de Vivre tout bas témoigne de l’exil de la mère de Jésus et de sa renaissance après sa souffrance ultime. Jeanne Benameur décrit avec des mots choisis cette femme toujours représentée avec un front lisse et des cheveux attachés, les yeux à moitié fermés, contemplant un enfant qui ne lui appartient pas. Ici sa Marie est échevelée, son visage caché par ses cheveux libérés à l’image de son renouveau, cherchant le rire d’une enfant, elle qui a enfanté de si étrange façon d’un bébé qui ne savait pas rire !

C’est la rencontre avec une petite fille, mutique depuis un événement traumatique, qui redonne à cette femme le pouvoir de transmettre son savoir et sa connaissance. « (…) la souffrance n’empêche pas la joie de faire son chemin. Pas à pas. Elle peut grandir et grandir encore. La joie ne prendra jamais la place de la peine. C’est un espace nouveau qu’elle crée et on ne le comprend que si on ose. »

Jean, auquel Jésus a confié la protection de sa mère, s’émancipe lui aussi de l’emprise ressentie bienfaitrice pour devenir pêcheur d’hommes et écrivain suprême du livre universel.

La souffrance de Marie, d’avoir « porté l’inconnu à l’intérieur de sa vie« , la relie à l’enfant qui a perdu sa mère. L’écriture devient l’espace de création où les paroles retrouvent la profondeur et leur sens profond. L’écrivaine souligne l’importance de l’écriture pour elle-même, mais aussi pour chacun à travers la lecture.

Vivre tout bas porte les « obsessions » de Jeanne Benameur : l’exil pour renaître et la réparation par le langage. Il faut prendre le temps de lire à haute voix pour appréhender ce mouvement que forment les phrases avec ces répétitions, les rythmant. On y retrouve aussi la mer proche, l’apaisement du corps nageant, la méditation et le regard sur les oiseaux qui s’envolent pour signifier que l’on renaît différent après un deuil.

Le texte est plus méditatif que les précédents, plus métaphorique aussi, me semble-t-il. La langue de Jeanne Benamer est toujours aussi déliée, mais ciselée au scalpel de son travail de précision.

La Marie de Jeanne Bénameur, mère de tous les hommes, nous livre un message : » Que chacun protège celui qui est près de lui et plus loin encore ceux qui ont besoin d’aide. C’est comme ça que les humains peuvent vivre et continuer. Il n’y a pas d’autre route. »

Quel message d’espoir face aux incertitudes du présent !

Chronique illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Profile Image for alexia.uu.
42 reviews
November 19, 2025
2/5
En lisant ce livre, il m’a fallu un petit peu de temps pour mettre le doigt sur ce qui me dérangeait. La réponse m’est apparue à la moitie, après avoir bravement décider de m’arrêter dans ma lecture : j’ai l’impression que Jeanne Benameur s’est ouvertement foutue de ma gueule.

Le quatrième de couverture nous promet une Marie qui « s’affranchit ici doucement mais surement de l’iconographie qui la fige ». Je ne suis pas sûre d’avoir lu le même livre que l’éditeur, parce que je ne pourrais pas la décrire avec un seul adjectif.

C'est joliment écrit, certes, mais elle nous jette un peu de la poudre aux yeux : derrière sa plume (partiellement) poétique, il n'y a rien. Les réflexions sont bateau, les personnages complètement plats, le développement du contexte historique et culturel reste vague et peu recherché. On dirait un une chronique Wattpad ; elle est partie d'une vibe sur un personnage emblématique et elle nous a pondu un demi-livre à peine travaillé avec trois réflexions philosophiques pseudo profondes.

Alors peut-être que Jeanne Benameur nous a ficelé une parodie du syndrome de la Madonne mixée à Mary Sue ! Ou alors, peut-être se moque-t-elle avec finesse des personnages féminins de fiction monodimensionnels ? Parce que s’il y a bien quelque chose que Marie n’a pas, c’est un caractère ou une once d’individualité.

Si j'avais voulu lire sur la Vierge Marie, et ses trois seuls traits de personnalité (elle est bonne et humble et patiente !!), j'aurais tout aussi bien pu trouver une Bible gratuitement dans la rue devant n'importe quelle station de métro. Il faut savoir laisser les symboles là où ils sont, si on n'a rien à rajouter qui n'ait déjà été dit depuis des millénaires.
Profile Image for Sophie Torris.
298 reviews4 followers
February 26, 2025
Cette auteure écrit divinement bien. Perfection du choix des mots, la lecture devient nourriture céleste! Qui plus est, il s'agit de la vie de Marie, après la mise en croix de son fils, alors que Jean, à qui Jésus l'a confiée, l'emmène sur un morceau de terre paisible, tout contre une falaise rouge, près de la mer. C'est Marie, après la grande souffrance. Une nouvelle Marie qui se découvre à travers l'écriture et dans le regard d'une petite fille muette qui a perdu sa maman. Marie qui s'ouvre à la misère du monde et la transcende. Un magnifique livre sur le pouvoir de l'écriture qui émancipe, qui soigne, mais aussi sur la joie. La joie qui n'efface pas la douleur de la perte, mais la joie possible qui la côtoie.
Profile Image for Niniane.
295 reviews9 followers
July 26, 2025
J'ai aimé l'atmosphère mélancolique de ce roman, la manière dont le temps semble s'étirer au bord de la mer. Cette vision de Marie qui s'ouvre à l'importance de l'écriture m'a également plu. L'histoire a une portée universelle et pourrait dans les faits se passer partout et nulle part.

Il y avait de très beaux passages, mais j'ai quand même trouvé quelques longueurs et répétitions. Lesquelles m'ont donné l'impression que l'autrice aimait s'écouter écrire.
Profile Image for Sara.
148 reviews11 followers
Read
April 18, 2025
Un court roman traversé de contemplation et de poésie. Jeanne Benameur observe la figure de la Vierge au-delà de l'iconographie religieuse et le résultat est le récit puissant de la vie d'une femme qui se transforme et s'affranchit pour aller vers son essentiel : l'écriture. Une délice à lire tout bas.
Profile Image for Ferhat.
7 reviews6 followers
July 24, 2025
Un récit contemplatif et très poétique de la vie de Marie après la mort de son fils, à l’écart du monde accompagnée de Jean, jusqu’à sa rencontre avec une jeune fille muette qui l’aidera à reprendre sa liberté.

Une très belle écriture mais un livre dans lequel je ne suis vraiment pas rentré.
Profile Image for Marie-Lou Quintal.
21 reviews
October 3, 2025
Ce roman se lit comme on vit un rêve. Tout ne fait pas de sens mais la prose est magnifique et nous soulève. Malheureusement le style d'écriture ne fait pas tout et l'histoire est ennuyeuse à mourir.
Si je ne lisait pas ce livre pour mon club de lecture j'aurais DNF après la première page.
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