Tokyo, 1936. La ville est en émoi : le corps nu d'un homme vient d'être retrouvé dans une chambre d'hôtel. Son sexe a été tranché. Sur sa cuisse, une déclaration d'amour écrite en lettres de "Sada, Kichi, ensemble pour toujours". Très vite, une femme est arrêtée et avoue son crime. Elle s'appelle Abe Sada. Son procès déchaîne les passions. Dans un Japon impérial aux mœurs contrôlées, sa légende ne fait que commencer. Dans ce roman intense, fruit d'une documentation minutieuse, Arnaud Guigue nous révèle la vie hors norme de la geisha qui a inspiré le film L'Empire des sens. "Un personnage de femme fascinant. Une histoire déchirante." Leïla Slimani Le premier titre de littérature de la collection Komon.
Très intéressant l'histoire vraie de cette femme qui a inspiré par la suite le film L'empire des sens. Elle s'est baladée avec le kikou de son amant qu'elle avait coupé pendant TROIS JOURS. Intéressant, et surtout, même si c'est assez glauque, on comprend l'élan désespéré de cette femme dans un Japon entre passé et modernité.
C'est un roman avec un côté haletant notamment au début où l'on suit la cavale d'Abe Sada puis son interrogatoire par la police qui permet de comprendre peu à peu son histoire. J'étais bien prise dans le début du récit, qui ralentit un peu avec l'incarcération du personnage. En le commençant et même en me le procurant j'avais peur qu'on tombe dans une forme de fétichisme, mais je me suis laissée tentée en me disant qu'écrire un roman sur une histoire vraie nécessitait des recherches que l'auteur avait sans doute fait sérieusement (ça pose la question de l'objectivité de la recherche mais c'est clairement pas le propos). Sans être experte des enjeux liés à la race, j'ai trouvé qu'on ne tombait pas dans le fétichisme, mais presque dans une forme de neutralité qui m'a fait tiquer. Il m'a manqué un lien entre tous ces éléments (la passion, le crime, le passé d'Abe Sada), une forme de problématisation. Je me demande donc qu'elles étaient les intentions de l'auteur en écrivant ce livre ; sans doute faire le récit (le plus objectif possible ?) d'un fait divers ayant passionné le Japon des années 30 ? Mais pourquoi celui-ci, et pourquoi le Japon ? Pourquoi pas, certainement.
La vie de Sada Abe reste entourée de mystère. Ce personnage ne m'était pas inconnu, puisque son histoire a inspiré entre autre, le sulfureux film "L'Empire des sens" de Nagisa Ōshima. Arnaud Guigue, nous propose de revisiter cette histoire et de remonter le temps jusqu'en 1936 où l'on découvre le corps émasculé d'un homme. Sada Abe a étranglé son amant Kichizo Ishida lors d'un jeu érotique, puis lui a tranché le sexe qu'elle a emporté avec elle. Cet acte la propulse au centre de l'attention médiatique au Japon. Avec une belle écriture, nous plongeons rapidement en immersion dans le Japon impérial où les geishas sont prisées. On va ainsi suivre la « cavale » de la jeune femme, ses envies suicidaires jusqu'à ce qu'elle se fasse arrêter. On suit les détails du procès, malgré la gravité de son crime, Sada Abe n'a été condamnée qu'à 6 ans de prison, une peine jugée clémente à l'époque. Il faut dire que l'opinion publique lui était largement favorable. On découvre avec ce fait divers, tout une époque, une façon de penser faisant de cette femme soit une perverse sexuelle soit une célébrité. Sada Abe nous entraîne dans la passion charnelle extrême qu'elle voue à son amant. Un couple complètement atypique qui sombre dans une spirale érotique où la folie n'est pas loin. L'auteur capture le charisme de Sada Abe, qui fascinait à la fois le public et les autorités et ne laissera aucuns lecteurs indifférents. Cette histoire continue de captiver, par ce geste terrible, incarnant une rébellion contre les normes de son temps, et laissant une empreinte durable sur la culture japonaise et internationale. Bonne lecture. http://latelierdelitote.canalblog.com...
Le corps nu d’un homme vient d’être retrouvé dans une chambre d’hôtel à Tokyo. Son sexe a été tranché et emporté. Sur sa cuisse, une déclaration d’amour écrite en lettres de sang : « Sada, Kichi, ensemble pour toujours ».
« Je suis celle que vous cherchez » revient sur un fait divers ayant défrayé la chronique dans le Japon des années 30. Délicate, l’histoire s’ouvre sur les agissements d’Abe Sada après le meurtre de son amant. Rapidement interpellée, elle ne nie pas les faits et avoue son crime. Dans le Japon impérial aux moeurs contrôlées, Abe Sada, ancienne Geisha et prostituée veut faire comprendre son geste, son histoire et son amour. Elle en partage alors les moindre détails avec les forces de l’ordre. S’ouvre quelques années plus tard un procès qui déchaine les passions. Dépeinte comme folle ou passionnée, Abe Sada entre dans la légende, son histoire la poursuivra pendant des années…
Avec une plume fluide, Arnaud Guigue raconte le geste terrible et transcrit la rébellion de Abe Sada contre les normes de son temps. « Je suis celle que vous cherchez » parvient ainsi par l’angle adopté, à traduire l’impact et l’empreinte durable d’une telle affaire sur la culture japonaise et internationale. Seulement, cette lecture déstabilise. Par un traitement omniscient dans sa narration, l’auteur partage la perspective d’Abe Sada et semble alors transcrire l’acte criminel et sordide comme un acte d’amour… Un ancrage qui interroge mais maintient le lectorat en haleine. Car l’histoire est incarnée par le personnage étrange d’Abe Sada, bien que sa passion amoureuse débordante ne semble pouvoir être transcrite et comprise à sa juste mesure.
Une lecture inattendue mettant en lumière un fait divers par une narration étonnante et addictive. C’est dérangeant mais habilement mené pour captiver !