En plongeant dans ce roman, vous allez nager dans du suspens, non pas mené par des adultes mais par des lycéennes qui sont prêtes à tous les dangers pour participer à un jeu qui leur promet 40000 dollars et la certitude de pouvoir quitter leur trou à rats.
Je m’attendais au départ à un thriller, à quelque chose de presque sanglant avec cette histoire de jeu sordide. Finalement, si les frissons sont là, ça n’a rien d’un thriller horrifique et heureusement ! J’ai beaucoup aimé le cadre du récit : une petite ville américaine paumée au milieu de la forêt et des marécages, des lycéennes qui ne rêvent que de s’échapper de ce bled, un jeu anxiogène qui promet monts et merveilles à des âmes désespérées. L’ambiance est presque mystique dans cette ville où chaque pavé semble avoir été maudit par une affaire de disparition, en tout cas elle est assurément angoissante, avant que même que le jeu ne s’en mêle. Puis les sms inconnus pleuvent et les jeunes de la ville se retrouvent embringuer dans une chasse aux sorcières géantes. Et le ton est immédiatement donné avec le premier point de rendez-vous. L’univers, autant que le scénario, sont très bien construits et crédibles (si on part du principe que les flics d’un petit bourg perdu ne sont pas impliqués dans leur boulot). Il y a plusieurs fils rouges qui s’entrecroisent pour esquisser la même conclusion finale (qu’on ne voit pas, car pour ça, il faut attendre le tome 2). Les enfants disparus, le jeu qui lie chaque participant à un de ces enfants et les oblige à mener l’enquête, le mystère de Joy, tout est lié, tout se répond et la liste des suspects s’allonge.
On n’a pas le temps de s’ennuyer avec Emilie Hemery, sa plume est toujours d’une efficacité redoutable. Elle manie aussi bien les mots que les retournements de situations qui m’ont laissée bouche bée. Tout est fait pour que le lecteur reste captivé, et ça marche ! La preuve, j’ai tourné les pages sans me rendre compte que je dévorais tous les chapitres presque d’un seul coup. Les personnages et leurs quatre points de vue aident également à conserver toute l’attention sur le récit. Je voulais connaître les secrets de chacune, leurs réactions, leurs pensées. Blythe, Joy, Alyssa et Alex sont bien différentes, certaines attachants, d’autres moins. Surtout, j’ai grandement apprécié le fait que le jeu les change, et que celle qui était attachante au début devient agaçante, et inversement. Cela rend le récit d’autant plus réel, puisque que clairement, une telle expérience ne peut qu’influer sur le comportement d’une jeune fille. Joyce est clairement ma préférée pour sa candeur et sa fragilité touchante qui masquent pourtant de grands traumatismes.
Ce premier tome est parfaitement géré, nous donnant suffisant de réponses, et surtout plein de questions pour nous laisser saliver avant d’avoir la suite ! Je sais que je dois attendre, mais ce cliffhanger de fin m’a fait palpiter le coeur. J’ai besoin de savoir ce qu’il advient de nos héroïnes, du jeu, de la ville ! Ça prouve bien que ce tome 1 m’a conquis. D’ailleurs, c’est vraiment super cool d’avoir un polar mené par des jeunes et pas par des adultes, ça m’a changé de ce que j’ai pu avoir l’habitude de lire.