"J’ai vécu avec mes parents quai Branly de neuf à seize ans. Ce qui correspond à ce qu’on appelle une adolescence. Ça n’en était pas seulement le décor, mais également le tombeau. L’appartement de fonction était vide, et rien ne parvenait à le remplir. Surtout pas moi. Un fantôme. Dont nul ne pouvait connaître la présence en ce lieu qui n’était ni chez elle, ni chez lui, ni chez eux. J’ai vécu mon adolescence dans un logement de passage où personne ne passait. Chez moi, c’était chez personne."
En revenant à "l’Alma", Mazarine M. Pingeot revisite une page de sa vie personnelle qui est devenue collective quand d’autres ont raconté à sa place cette jeunesse secrète et "dorée". Le temps a passé, l’enfance s’est éloignée mais l’autrice peut aujourd’hui la raviver en faisant l’expérience du retour. Est-il possible, bien des années après, de repenser plus justement son enfance et de s’en émanciper ?
Écriture très agréable mais déroulé assez lent. Je m’attendais à plus d’infos et c’est assez psychologique. Je pense que je viens d’une génération moins touchée par le sujet.
Très bien écrit. On s'attendait à un roman historico-biographique avec quelques détails sur la vie privée de l'ancien chef d'état mais au final c'est un roman psychologique, une sorte de thérapie du souvenir pour celle qui vécut cachée toute sa jeunesse et qui semble avoir choisi l'oubli pour mieux surmonter cet isolement. Mais qui a 50 ans se rappelle-t-il vraiment de sa vie à 12 ans ...la mémoire est ainsi faite que nos souvenirs sont éphémères. Il ne reste que quelques faits marquants et impressions fugaces ... un numero de rue!
Ce livre est né à la demande de Flammarion pour la collection "Retour chez soi" qui consiste à proposer à un écrivain de retourner quelques jours dans un lieu de vie de l'enfance ou de l'adolescence - "un lieu qui palpite encore dans la mémoire" - puis d'écrire à ce sujet.
A 50 ans, âge charnière pour elle, Mazarine M. Pingeot choisir de retourner 11 Quai Branly, où elle logea de ses 9 ans à ses 16 ans dans un appartement de fonction. Sans âme, imposé, vieillot, non investi, elle fut contrainte d'y passer des années avec sa mère pour des raisons de sécurité du Président de la République François Mitterrand, pour être elle-aussi protégée d'un éventuel enlèvement ; et aussi pour protéger "le Secret" de Mitterrand, c'est à dire cette seconde femme qu'était la mère de l'auteure, et Mazarine elle-même.
Ce livre interroge surtout sur la mémoire du passé, sur l'enfermement, sur la difficulté de se construire lorsqu'on vit isolée, surprotégée et en secret, étant soi-même "le secret", tout en étant, le récit le montre à chaque ligne, très aimée de ses parents, avec une vraie place dans sa famille élargie, Il y a une réflexion sur l'influence des lieux de vie, l'investissement autour de l'enfant et de l'Enfant, à qui, encore aujourd'hui, on reproche la légitimité et le nom, ou l'absence de nom (l'auteure signant désormais Mazarine M. Pingeot), quant on ne l'appelle pas comme on l'appelait enfant "Mazarine"
C'est écrit avec réflexion, intelligence, de manière psychologique et philosophique, sans voyeurisme, Mazarine n'entrant jamais dans la facilité de l'anecdote familiale. Une auteure que je découvre avec intérêt.
Le projet : se retrouver dans un lieu de son enfance. Mazarine M. Pingeot retourne quai Branly.
Pas vraiment l’occasion d’un grand bouleversement, mais la possibilité, peut-être, de poser quelques valises.L’occasion de quelques pensées et de pas mal de stress aussi.
Un livre qui n’apprend pas grand chose – tant a déjà été dit et écrit – mais certainement une possibilité de se réapproprier son histoire, sa jeunesse
Beau récit, poignant. J’avais omis ou oublié cette histoire de fille d’une union extra conjugale. Le privé des gens ne m’intéresse pas.
Beaucoup de respect pour Mazarine M. Pingeot. Une si belle plume, qui nous permet de naviguer avec elle au gré de ses ressentis avant, pendant et après l’Alma . J’ai beaucoup aimé cette lecture.
Une belle idée (redécouvrir un lieu d’enfance) qui nous mène dans une histoire beaucoup plus grande. Mais au final on se sent parfois un peu indiscret.