Dans Éclore, Aude Mermilliod explore son intimité sexuelle, sentimentale et psychologique.
Enfin, surtout sexuelle...
C’est une œuvre puissante qui aborde à la fois le traumatisme lié au viol et la manière dont une femme peut se percevoir (et être perçue) comme un objet dans la sexualité hétérosexuelle.
On comprend peu à peu comment Aude utilise son corps et la sexualité d’abord comme une punition, une forme d’auto-mutilation en réponse à l’abus qu’elle a subi, avant d’apprendre progressivement à se réapproprier le plaisir. Un plaisir non plus dicté par les attentes de la société ou pour satisfaire les hommes, mais un plaisir qu’elle ressent profondément, pour elle-même.
C’est un très beau récit autobiographique, intime et sincère, celui d’une femme qui se découvre dans la durée, qui germe, pousse, et continue de grandir au fil de ses rencontres et de ses prises de conscience.
Une dernière chose m’a cependant un peu perturbé : toutes les relations présentées dans l’histoire sont montrées presque exclusivement sous l’angle sexuel. Cela correspond bien sûr au propos central du livre, mais j’aurais aimé voir un peu plus d’amour ou de tendresse au-delà de la sphère sexuelle dans les couples évoqués.
J’aurais aussi souhaité que son cheminement psychologique face au trauma soit un peu plus approfondi.