Toute sa vie, Aurèle a cherché à fuir ses origines, à se dissocier de sa famille et de ses racines rurales, poussant l’exercice jusqu’à devenir professeur de philosophie classique au département français d’une université américaine. Au décès d’une tante, l’exilé doit pourtant revenir dans son village natal. Dans le fracas de retrouvailles difficiles avec ses parents qui n’ont jamais évolué, bouleversé par les souvenirs de cousins décédés, Aurèle se laisse prendre dans un piège duquel il ne se sortira pas indemne. Il appartient bien à cette lignée d’hommes brutaux, violents, atrabilaires et grossiers qu’il voudrait renier.
« J’ai lu quelque part que les hommes se transforment en ivrognes violents quand ils se sentent inutiles. Ils se sédentarisent, construisent des épiceries, la chasse devient un loisir. Ils se rangent dans des loyers; un homme se brise quand il prend conscience de sa propre vacuité. Et meurt avant son propre corps.»
«S’il n’avait pas la chasse pour canaliser la violence qu’il porte en lui en tout impunité, ma mère serait morte aujourd’hui. Heureusement pour elle, les proies animales sont des exutoires à portée de main dans la région.»
Jamais lu un livre aussi court et aussi lourd à la fois. J'ai haïs tous les personnages (même le narrateur), le contexte de petit village hit scarily too close to home.
Je le recommande, mais prendre en note que c'est un sacré mood downer
Ce premier roman, c'est une vraie réussite ! Être en mesure de décrire un portrait familial, l'angoisse, la colère, la détresse d'un personnage principal aussi complexe, déjà bravo. Faire tout ça en moins de 200 pages. Wow !
C’est un livre dont les personnages nous habitent encore, même après l’avoir refermé. Une histoire sombre et violente avec des dialogues qui, surprenamment, nous font parfois sourire tant on y entend l’accent de la Baie-des-Chaleurs.
Je pense que c’est difficile d’écrire un roman avec un protagoniste aussi détestable. L’auteur le fait très bien, selon moi.
Un livre qui représente tellement bien les traumatismes émotionnels de famille de régions. On y retrouve des personnages que l’on adore détester et qui nous surprennent tout au long de l’histoire. Livre très bien écrit que j’ai adoré lire en à peine 48h. Bien hâte de lire l’auteur à nouveau!
Un transfuge de classe qui fait tout ce qu’il se peut pour se dissocier de ses origines, mais qui est incapable de se départir de son héritage de colère, de mépris et de violence que son père lui a transmis. Merci à l’auteur d’avoir mis en scène cette réalité masculine. Si j’ai parfois trouvé certaines parties redondantes, j’ai adoré le dénouement de l’histoire. Il y a clairement un potentiel d’adaptation cinématographique. Et l’incipit est savoureux, digne d’un bon roman!
3,5 ⭐️ Pour son 1er roman, ce prof d’histoire possède une aisance surprenante à écrire de façon à faire réagir le lecteur (j’ai détesté tous les personnages de A à Z), tout en abordant plusieurs sujets extrêmement lourds et chamboulants. Comme l’auteur m’a dit, “le passé ne nous quitte jamais vraiment”.
Un récit intense et dur, violent même. Les personnages, tous plus pitoyables et pathétiques les uns que les autres, marquent profondément. C’est vraiment bien écrit.
C’est dur, très dur, je me suis surprise à porter des jugements sur le narrateur, au départ bien plus d’ailleurs que sur ses parents, qu’il méprise tant. Et puis, l’histoire avance et nous découvrons la violence, les humiliations, ancrées et portées sur des générations…. Je n’irai pas plus loin mais c’est une courte plaquette qu’il faut lire.
EXCELLENTE dernière lecture de l’année. Un premier roman franchement réussi et si bien écrit! On y retrouve également plusieurs scènes cinématographiquement épiques! Et quels personnages détestables… Mention spéciale pour Narcisse.
Expérience saisissante qui a dépassé mes attentes. La puissance des paroles et des émotions que l'auteur transmet nous plonge dans un univers intime et brut. Une belle découverte!
« La vie fait des ravages. Le calendrier accroché au réfrigérateur est en retard de deux ans. Mes parents portent les marques du temps dans chacun de leurs gestes, dans chacune de leurs paroles. Leur dégénérescence s'est inscrite dans leurs rides, dans leur accent, dans leurs manières. Leur vocabulaire s'est restreint avec les années. Le mien s'est élargi. Depuis hier, je peine à les comprendre. Tout autour d'eux exprime leur perdition… »
« On n'est bien que lorsqu'on est mal de temps en temps. Une fois l'an, l'ermite entre en contact avec le monde, ne serait-ce que pour confirmer la justesse de son mode de vie. Il en a besoin… »
« La plus contre-intuitive de toutes les capacités humaines est bien l'empathie. Quand on s'identifie au malheur de l'autre, ce n'est pas cet autre qui nous intéresse, c'est nous-mêmes. Quand je dis : pauvre Nathan, ce que je pense, c'est : je ne voudrais pas être à sa place… »
« Une chance que les maximes existent pour les pauvres d'esprit. La sagesse populaire n'est que de la philosophie pour les nuls. Le sens commun gangrène les gens de mon village. Ce n'est pas une démonstration théorique qui les fera changer. Il faut la leur entrer de force dans la gorge. Il faut jouer sur leur terrain. Narcisse a réussi à modeler ma mère à coups de poing, pas à coups d'idées... »