Ce roman envoûtant retrace l’évolution d’une personne queer entre un appartement envahi de plantes et le milieu des nuits queers parisiennes. Une rencontre va lui offrir une ouverture vers une autre culture féministe, celle d’un pays du Nord de l’Europe plus ouvert aux questions trans. Se développe alors la possibilité d’un ailleurs, où l’imaginaire serait capable d’agir sur le réel et de le modifier. Entre autofiction et réalisme magique, Camille Cornu explore, dans une écriture foisonnante et maîtrisée, le dépassement des binarités, de genre comme celles entre humain et non-humain. Un livre inclassable, profondément contemporain, où s’échapper des normes et des catégories serait une façon d’ouvrir des horizons révolutionnaires aux limites des corps.
Quelque chose à bouger. Ou plutôt quelque chose s’est ancrer. Je ne sais pas trop. Mais je sais que j’ai trouvé une vitalité des mots des phrases qui dansent crient, sourient et pleurent parfois. Mon armure est devenue si poreuse au fil des pages, j’ai lâché prise et trouver un ancrage mobile. Fluide. Il s'est passé quelque chose. Impossible d’apposer des mots autres que ces sensations, mais je vous souhaite de vivre des choses similaires, c’est apaisant. Amère, aussi, parfois, je crois, mais sécurisant. Dans ma forêt à moi, j’ai vu quelques feuilles et bourgeons en cours d’éclosion. Éclore et renaître au fil des saisons voilà, il est question de ça. De l’amour des autres et de sois. Et puis je ne pense pas me tromper en disant qu’il y a des gros clins d’œil aux œuvres de Witting qui m’ont donné tant de force et d’inspiration. Voilà c’est un oui remplit de poésie.
« Il y a des moments pour se noyer dans les mots des autres. Et ce n’est pas une façon de s’oublier. Il y a une façon de s’immerger dans les mots des autres, et ce n’est pas une façon de se noyer. Il y a des moments pour respirer dans les mots des autres, et c’est une façon de ne pas se noyer »
desolé* mais j'ai trouvé que les passages "oniriques" et "surréalistes" qui se déroulent de temps en temps étaient là juste parce-que l'histoire en soi n'était pas assez intéressante et l'auteur* n'avaint rien à dire. le protagoniste est insupportable et les dernières 50 pages sont juste pénibles. par contre les parties axées sur les transidentités sont très belles.
douce prose de nos amours queers enchevêtrées de lianes et de plantes en tout genre, de molécules synthétiques qui font vibrer nos corps et nos cerveaux, d'amitiés inconventionnelles mais tellement précieuses et de brioches les lendemains de soirée
avec camille cornu, on repousse les frontières du binaire et du connu en termes de genre, on s'interroge et on tâtonne pour expérimenter les manières les plus floues de définir l'existence. magistral.