J'avais été bouleversée par un précédent livre de l'auteur, Sweet sixteen et j'étais impatiente de retrouver sa plume si particulière.
Le récit est à la 1ère personne, on suit la voix d'une jeune fille de 16 ans, Amélia, complexée par son poids et sa banalité. Ayant grandie dans l'ombre d'une mère solaire, aventurière et pleine de vie, Amélia se sent terne, très mal dans sa peau, la nourriture dont elle se remplit semble être la seule solution pour combler ce vide qu'elle sent grandir en elle.
Suite à un concours de circonstances, Amélia se retrouve à partir seule en Mongolie, pour une mission humanitaire d'un mois aux abords d'Oulan-Bator, la capitale. Elle intégrera une association recueillant les enfants des rues et œuvrera aux côtés d'autres bénévoles, bien plus chevronnés, très loin de l'univers feutré de sa petite vie parisienne.
Dès son arrivée, c'est le choc des cultures ... Les couleurs, les odeurs, les paysages, les modes de vie ... Comme le lecteur, Amélia se prend en pleine face cette culture différente, cette misère que l'on voit de temps à autre à la télévision. Les bidonvilles, la crasse, les enfants qui errent dans les rues ... Certains passages sont particulièrement durs à encaisser, on a le coeur serré en voyant ces enfants rongés par la faim et la misère. Le foyer dans lequel Amélia travaille distille cependant une atmosphère plus douce, avec ces petites bouilles, ces adultes grincheux en apparence mais si dévoués ...
Là où naissent les nuages est un livre qui nous transporte, tant les descriptions des paysages et des modes de vie sont réussis. On a vraiment l'impression de voyager, d'être aux côtés des personnages dans ces moments-là, de sentir le vent de la steppe caresser notre visage. Un livre bourré d'émotions donc, joliment écrit, avec toutefois un bémol pour le rebondissement final qui n'est pas tout à fait à mon goût.