Gustav Torgny Lindgren was a Swedish writer. Lindgren was the son of Andreas Lindgren and Helga Björk. He studied in Umeå to become a teacher and worked as a teacher until the middle of the 1970s. He was for several years active as a local politician for the Swedish Social Democratic Party. In the 1980s he converted to the Catholic faith.
Lindgren began as a poet in 1965 but had to wait until 1982 for his breakthrough, with The Way of a Serpent (Swedish: Ormens väg på hälleberget). Lindgren has been translated into more than thirty languages and was one of Sweden's most internationally successful contemporary writers. He became a member of the Swedish Academy in 1991.
Waouh. Juste, waouh. Ce n'est pas une vraie réécriture, ni même une analyse du récit d'origine. C'est simplement l'histoire du roi David, lorsqu'il rencontre Bethsabée.
Je n'ai pas eu la sensation de lire un livre. En fait, j'avais l'impression d'écouter quelqu'un raconter l'histoire. C'est un peu compliqué à décrire, mais la narration ne suit personne et tout le monde à la fois. J'avais l'impression de faire partie de l'atmosphère, ce qui me permettait de me balader comme je le souhaitais. On suit majoritairement cette jeune femme, qui est repérée par le roi alors qu'elle sort du bain. Coup de foudre? Passion fugace? En tout cas, si David veut quelque chose, David l'a (même si la jeune femme est déjà mariée). En quelques pages, Bethsabée se retrouve devant lui, se voit contrainte de coucher avec lui. Si je suis aussi directe, c'est parce que le récit ne prend pas de pincettes, et n'est donc peut-être pas pour tout le monde. Il ne cherche pas à adoucir le mythe ou à élever David en héros parfait. Non. David est l'élu de Dieu, mais reste un homme. Un homme de 58 ans, qui décide que sa dernière femme (il en a une cinquantaine) sera Bethsabée. David, qui a déjà vécu de nombreuses aventures et fait face à sa vieillesse et ses doutes. Le texte ne dénonce pas, Bethsabée ne lutte pas, parce que c'est normal pour elle et pour tout le monde.
Là où c'est intéressant, c'est qu'au moment où je me disais qu'elle était décidément bien passive et sans caractère, elle s'est élevée. Pas de révolution, de cris ou de lutte. Non, elle utilise la ruse et la subtilité en murmurant à l'oreille de son mari, de ses conseillers, ou de ses beaux-fils et parvient ainsi à sécuriser la place de son fils aîné sur le trône. En parallèle, nous suivons la géopolitique complexe de ce pays instable et pourtant fidèle à son roi mais plus encore à son Seigneur.
Il est évident que Dieu a une place primordiale dans le récit. Ce qui m'a particulièrement frappée, c'est la manière dont Dieu est décrit. Il n'est pas qu'amour. En fait, il est bien souvent terrifiant pour les protagonistes. On le craint, on le respecte, mais même sa parole semble changer aussi facilement qu'un souffle de vent. de même, David est instable, et se cache parfois derrière son rôle. Nous sommes à l'origine du judaïsme, ce qui signifie que Dieu partage sa place avec les autres dieux, pas une fois dans le récit il est question de "il n'y a qu'un Dieu, et c'est le mien". Bien au contraire, on reconnaît les autres dieux, mais il y en a un qui est plus puissant que les autres, et qui peut changer sa bénédiction à tout moment. Cela m'a rappelée certains cours que j'ai eu, et ça m'a fait plaisir de me replonger dans cette période charnière et passionnante !
On sent que les sources sont maîtrisées à la perfection. Les bases solides de l'auteur lui permettrent de nous faire comprendre chaque personnage, chaque situation et tous les enjeux en quelques lignes. C'est fluide est agréable à lire.
C'est bien plus qu'une réécriture, c'est juste une petite partie du mythe. La fin brusque allait parfaitement avec l'impression d'écouter une histoire.
C'est tellement complet pour 288 pages ! Vraiment une très bonne découverte.