"Désormais le temps nous est compté - comme s'il ne l'était pas auparavant, comme si ce n'était pas le principe du temps - et je me mets à paniquer. J'ai envie de t'emmener faire un tour en avion, en bateau. Juste une promenade sur un fleuve, pas de haute mer, juste un ruisseau, celui qui coule péniblement tout près de chez nous fera l'affaire. J'aimerais qu'on puisse boire et chanter, que tu me fasses danser, te raconter une histoire qui te ferait rire.
Te dire je t'aime et le penser."
Au chevet de son père mourant, une main dans la sienne et l'autre sur le papier - parce qu'il était trop tard pour encore parler-, l'auteurice écrit. El-le se libère de la colère sourde et de l'amour amer pour tenter de créer, entretenir, faire perdurer un lien entre les morts et les vivants...
Ce livre a beaucoup résonné avec mes expériences et ma relation avec mon père, comme l'auteur.ice j'ai longtemps été dans cette zone amour-haine, de mon père et de la part de mon père. Ça m'a fait du bien de me sentir presque écoutée
J'ai acheté ce livre car ma mère m'a souvent parlé de la maladie de son père comme un moment qui leur avait permis de régler leurs comptes. J'ai donc souvent imaginé la maladie (et la mort) de mon père, et ce que je pourrais lui dire. J'en suis arrivée à la conclusion que, même au bord de la mort, il ne m'écouterait pas. Alors, lire ce livre m'a fait du bien, ça m'a permis de dire par procuration
“La voilà la cruelle vérité de mes sentiments à ton égard, c’est qu’il y a autant d’amour que de haine et que je ne me pardonne ni l’un ni l’autre.”
Les quelques pages de Te Parler Encore ont provoqué en moi un imbroglio d’émotions. Cette lettre d’une fille a un père déjà parti (et dans les pires conditions possibles) m’a complètement bouleversé•e. Ce père, il était déjà absent en un sens, ce qui fait de cette tentative de réconcilier l’amour filial inconditionnel à la rage née de l’amour conditionnel du Père, de faire coïncider à posteriori deux êtres que tout oppose mais que tout lie, un objet encore plus puissant. Ce que Letizia Finizio conte, ce sont les regrets de s’être trop opposé•e. C’est de ne pas avoir fait assez. C’est d’avoir trop parlé. C’est de s’être trop tu•e. Ce livre est poignant, dur, violent, touchant, révoltant, et même drôle, parfois. La plume est belle alors qu’on découvre cet•te adulte qui devra vivre avec ce fantôme, avec l’absence, qui devra supporter le silence, grandir en dépit de tous ces maux mais aussi de leur absence. Un paradoxe poignant.
Jamais un livre n’a autant mis des mots sur le deuil que je ressens. Jamais un livre n’a été aussi proche du vécu de la fin de vie de mon père. Merci pour les larmes versées, c’était un exutoire 🤎
J’aurais aimé adorer ce livre, mais je pense que je ne lui en ai pas laissé l’occasion. J’ai été très très touchée par moments, mais j’ai l’impression de ne pas m’être livrée à lui, peut-être pour me protéger. Évidemment, beaucoup de réflexions ont eu de gros échos dans ma vie, surtout en ce moment. L’auteur•ice a été très courageux•se de se confier ainsi et d’affronter toute l’ambivalence de ses sentiments pour son père. L’écriture est aussi très réussie, le récit est happant, on ne le lâche pas. On a l’impression que c’est un•e ami•e proche qui se confie à nous. J’aimerais bien le relire d’ici quelques années !
Un livre très doux qui met des mots très simples mais très justes sur le difficile travail de faire le deuil d'un parent toxique qu'on a aimé malgré tout. Le style de l'auteurice est assez inégal cependant avec des passages très bien écrits, et des passages qui se perdent plus dans un monologue intérieur hésitant ou une séance de thérapie.
Une lecture magnifique, douce et amère à la foi. Je nous retrouve profondément dans toutes ces contradictions, cet amour et cette haine qui s'emmêlent, et le silence. Merci d'avoir mis les mots justes sur une absence, sur l'indicible - cette lettre restera avec moi, comme mienne.
Ce livre parle du deuil et de la fin de vie du père de l’auteur.e qui se demande si ce père l’a aimé un jour et si El.le en retour l’a aussi aimé. Peut-on aimer quelqu’un qui ne semble pas nous donner d’amour et qui représente tout ce qu’on déteste par ailleurs ? Ce père est aussi un homme blanc, cis, hétéro, homophobe, taiseux, violant dans sa précédente relation, qui par ailleurs qui ne semble pas s’intéresser à son enfant à qui il n’a jamais vraiment parlé de toute sa vie. Que faire de tout cela quand la fin de vie arrive ?
Ça parle de famille, de migration, de relation familial, de queerness et d’acceptation ou non par la famille tout ça avec en toile de fond la fin de vie. C’est lourd, c’est dur, c’est beau et ça questionne : faut-il sauver des fragments de relations quand la fin arrive ?