Un très chouette livre qui aborde la problématique du capitalisme qui s’implante dans l’espace. Les propos sont très bien documentés et intéressants. Certains perçoivent l’espace comme un moyen de repousser les frontières du capitalisme déjà présent sur Terre mais l’espace, pour certains, est perçu comme un bien commun sur lequel le capitalisme peut être difficile conciliable. Néanmoins c’est une réalité que l’astrocapitalisme prend de l’ampleur avec ses questions et ses défis qui sont très justement abordés dans ce livre. J’ai également trouvé intéressant l’explication sur lequel fait que l’espace est passé d’un lieu de recherche scientifique à un endroit exploitable. Les activités spatiales aujourdhui sont faites dans un but de profit et non purement de prouesses scientifiques.
Un livre intéressant qui traite du problème du partenariat-public privé lorsque les contrats privés utilisent l'argent public et d'établissements publics pour toujours s'enrichir plus, quitte à " faire des plans sur la comète" , gaspiller cet argent public, ou l'utiliser non pour le bien de l'État et de ses ressortissants mais pour celui des entreprises. Et ce quitte à polluer l'atmosphere et la planète, ou gêner l'observation du cié
Il pose la question de l'utilisation des ressources de l'univers, de la course contre la montre pour la conquête spatiale à des fins militaires et de monopole, quitte à utiliser des infrastructures qui n'ont plus lieu d'être.
Les astrocapitalistes se trouvent dans de nombreux si ce n'est tout les domaines afférants à l'espace. Le livre revient sur l'importance de dépenses réfléchies, d'une utilisation responsable et raisonnable des fonds alloués
Je n'étais pas du tout au courant que les milliardaires continuaient à faire des voyages dans l'espace (ou du moins dans la partie sans gravitation), ni que la recherche dans l'espace n'est pas que purement scientifique. C'est ce qui m'a le plus surpris pour ne pas dire choqué: pourquoi continuer l'ISS et ses dépenses quand les expériences faites dans l'espace sont réalisable sur terre et que l'on sait tout ou presque de l'impact de la gravitation longue durée sur le corps, depuis des décennies? Les contrats privés notamment dans un but publicitaire réalisés dans la station m'ont exaspéré.
J'ai beaucoup aimé mais je pense que cet ouvrage ne s'adresse pas à tous car il ne traite que peu par exemple du danger que représente l'astrocapitalisme pour les plus petites nations qui dépendent des lanceurs d'autres pays ou des megaconstellations starlink, et de la surveillance générale que cela implique.
Je pense que c'est une lecture intéressante,nécessaire, mais qui doit s'accompagner d'un topo revenant brièvement sur le droit de l'espace, et insister un peu plus sur la militarisation de l'espace par des entreprises privées dans le contexte d'une surveillance mondiale ainsi que de l'inégalité/ la dépendance que l'astrocapitalisme conduit à creuser avec les autres contrées
Après l'abandon du programme Apollo (1961-1975) par les Etats-Uniens car trop cher, revoici les astro-capitalistes (tous des hommes bien entendu), leurs missionnaires 'space advocates', leurs mercenaires, et leurs adeptes. A base de start up, de licornes (ces jeunes sociétés qui ramassent des milliards en ne produisant aucun profit et qui finissent par mourir, -le plus souvent, ou être rachetées par leur client unique en général), tous voulant explorer la 'nouvelle frontière', chantres de l'extractivisme high tech (space mining) sur la lune, Mars ou quelque astéroïde riches en métaux, pour étancher l'éternelle soif de minerais de l'espèce humaine sur une planète à bout de souffle. Pour ces adeptes de la libre-entreprise, soutenus tout de même par la dépense publique (notamment Elon Musk et sa sous-traitance pour la NASA avec son lanceur Space X), mais tous chantres du libertarisme -néo-fasciste pour certains d'entre eux-, soutenus par des films hollywoodiens à grand spectacle, tous plaident pour un échappisme (escapisme) hors de notre planète qui n'aurait plus rien à offrir. Musk, typiquement, et sa mission sans retour pour la terraformation de Mars, planète inhabitable, sans cesse reportée. Musk avec son réseau de satellites encombrants, Bezos (Blue Origin) et Branson (Virgin Galactic), tous milliardaires lançant les vols commerciaux en orbite basse, un 'concours d'orbites' narcissiques, écrit l'auteur en verve, veulent imposer une même nouvelle vision économiciste et commerciale des activités spatiales. Un songe creux selon l'auteur. Mais songe à base de pollution, d'investissements dispendieux et peu rentables, pour le moment en tous cas. Cet ouvrage truffé de chiffres et statistiques, y compris historiques, ce qui rend la lecture un peu filandreuse, est une enquête approfondie par un sociologue au CNRS, spécialiste du domaine spatial. Pour les fans surtout, ou pour les fatigués des excès d'Elon Musk.