Un très chouette livre qui aborde la problématique du capitalisme qui s’implante dans l’espace. Les propos sont très bien documentés et intéressants. Certains perçoivent l’espace comme un moyen de repousser les frontières du capitalisme déjà présent sur Terre mais l’espace, pour certains, est perçu comme un bien commun sur lequel le capitalisme peut être difficile conciliable. Néanmoins c’est une réalité que l’astrocapitalisme prend de l’ampleur avec ses questions et ses défis qui sont très justement abordés dans ce livre. J’ai également trouvé intéressant l’explication sur lequel fait que l’espace est passé d’un lieu de recherche scientifique à un endroit exploitable. Les activités spatiales aujourdhui sont faites dans un but de profit et non purement de prouesses scientifiques.
Après l'abandon du programme Apollo (1961-1975) par les Etats-Uniens car trop cher, revoici les astro-capitalistes (tous des hommes bien entendu), leurs missionnaires 'space advocates', leurs mercenaires, et leurs adeptes. A base de start up, de licornes (ces jeunes sociétés qui ramassent des milliards en ne produisant aucun profit et qui finissent par mourir, -le plus souvent, ou être rachetées par leur client unique en général), tous voulant explorer la 'nouvelle frontière', chantres de l'extractivisme high tech (space mining) sur la lune, Mars ou quelque astéroïde riches en métaux, pour étancher l'éternelle soif de minerais de l'espèce humaine sur une planète à bout de souffle. Pour ces adeptes de la libre-entreprise, soutenus tout de même par la dépense publique (notamment Elon Musk et sa sous-traitance pour la NASA avec son lanceur Space X), mais tous chantres du libertarisme -néo-fasciste pour certains d'entre eux-, soutenus par des films hollywoodiens à grand spectacle, tous plaident pour un échappisme (escapisme) hors de notre planète qui n'aurait plus rien à offrir. Musk, typiquement, et sa mission sans retour pour la terraformation de Mars, planète inhabitable, sans cesse reportée. Musk avec son réseau de satellites encombrants, Bezos (Blue Origin) et Branson (Virgin Galactic), tous milliardaires lançant les vols commerciaux en orbite basse, un 'concours d'orbites' narcissiques, écrit l'auteur en verve, veulent imposer une même nouvelle vision économiciste et commerciale des activités spatiales. Un songe creux selon l'auteur. Mais songe à base de pollution, d'investissements dispendieux et peu rentables, pour le moment en tous cas. Cet ouvrage truffé de chiffres et statistiques, y compris historiques, ce qui rend la lecture un peu filandreuse, est une enquête approfondie par un sociologue au CNRS, spécialiste du domaine spatial. Pour les fans surtout, ou pour les fatigués des excès d'Elon Musk.