À C…, minuscule bourg niché au pied d’une colline, vit une communauté quasi autarcique, dont les membres sont exclusivement définis par leur métier, leur Occupation. Alors que l’extrême hiver approche et qu’il ne sera bientôt plus possible de traverser le fleuve, l’arrivée inattendue d’un étranger vient troubler les habitants déjà préoccupés par leur survie jusqu’au dégel. Les voyageurs sont rares par ici et les places limitées – cette irruption ne peut être qu’un mauvais présage… Quand on découvre que l’homme a vécu à C… autrefois, le malaise s’amplifie. Pourquoi a-t-il choisi de revenir ? Va-t-il demander une Destitution, revendiquer la charge d’un autre et l’affronter dans un combat à mort ? Sinon, quelles sont ses intentions ? Dans un futur rural et immobile étrangement familier, Claire Mathot signe un conte fascinant sur notre incapacité grandissante à voir, à penser l’autre et l’ailleurs, et sur l’irrésistible appel de la liberté. Quelque part entre Ursula K. Le Guin et Dino Buzzati, entre le mauvais rêve et la comptine, ce premier roman sculpté dans la légende d’un langage perdu s’impose comme un tour de force.
Concept du métier comme désignation d’une personne assez original. Le fonctionnement de la destitution aussi. Il manquait un peu de profondeur pour moi. Les éléments étaient expliqués assez rapidement et le psychologique n’était pas tant approfondi.
J’ai eu du mal à me plonger dedans, avec les personnages sans prénom, la ville sans nom etc. Mais au final, on s’y attache quand même malgré l’atmosphère très froide qui règne dans toute l’histoire. J’aime bcp comment ça se finit
Un roman sous forme de conte que j’ai trouvé particulièrement touchant. En filigrane, beaucoup de réflexions sur le rapport de l’individu au groupe, la difficulté de penser la différence et de s’émanciper des normes. Par ailleurs on échappe à tous les écueils habituel des premiers romans, c’est vraiment brillant
Belle découverte, cet univers étrange d’une humanité en marge d’elle-même : dépourvue de savoir et de mémoire collective, évoluant entre les dimensions oppressives du présent incertain et du spectre de la Destitution. Une vision originale sur une possible évolution/involution de la société et la disparition de l’unicité humaine. Très intéressante, en conséquence, la trouvaille de l’auteure d’imaginer un monde où les gens ne seraient appelés que par leur nom de métier et, qui plus est, ils ne soupçonnent même pas ce qu’un prénom « à l’ancienne » voudrait dire. L'espace étroit, que les longs hivers rendent encore plus angoissant, habité par une communauté dont les liens et le mode de vie semblent se réduire aux simples besoins primaires m’a paru lui-même un personnage. Toute découverte se déroule par étapes prudentes et hésitantes. L’envie d’aller au-delà de cet espace clos, d'en briser les barrières, les questions qui poussent la curiosité plus loin de la routine de tous les jours, la tentation du savoir et de la récupération du passé et de la quete d'un autre avenir, l’expérience de l’amour. A ce titre-là, Claire Mathot dépeint ce sentiment sans jamais le nommer. Je n’ai nulle part trouvé le mot « amour » ou le verbe « aimer », excepté le sens de « prendre du plaisir à faire quelque chose », comme « j’aimerais savoir ce qu’ils signifient ». J’ai beaucoup aimé la permanente tension du récit, anticipant quelque chose d’extraordinaire, même si, apparemment, il ne se passe rien de vraiment dramatique dans la ville de C… Apparemment, parce que c’est dans ce sentiment de lenteur, de statisme et, en quelque sorte, de prévisibilité que réside le changement latent. Donc c’est justement dans cette tension que réside la beauté de la trame de Claire Mathot. Les non-dit, les pensées inavouées, les tatônnements, la douceur mêlée à la violence rendent le livre captivant. C’est vrai, le début m’a semblé un peu difficile et certaines descriptions – superflues. En même temps, je me serais attendue à ce que l'autere fasse un pas plus courageux en avant concernant l’intrigue. Pourtant, son roman ne m’a laissée pas du tout indifférente, tout au contraire.
Cette lecture était plutôt intéressante. Une micro société où il ne faut surtout pas sembler faible… Sinon vous perdez votre identité. Si vous osez dire tout haut que vous n’êtes pas d’accord avec une grande décision, fuyez pour votre vie car vous avez déjà perdu votre place de la société. Au final c’est assez métaphorique, nous sommes des êtres fonctionnels sans identité propre, lissés par un courant de pensée semblerait-il parfois homogène… Dans cette société qui semble être une des dernières sur terre, coupée d’un autre modèle, aux membres presque tous analphabètes, la remise en question est impossible. Dans ce froid glacial aux limites sociales épaisses j’ai beaucoup pensé au Château de Kafka.
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Premier roman de Claire Mathot, sélectionné pour le prix de l'estuaire de la Vilaine 2025. Une belle écriture et un univers original. J'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire à cause des nombreux personnages qui nous sont présentés au début, mais ensuite l'histoire et les relations entre les habitants du village m'ont tenue en haleine.
Incipit : C'est la nuit, une nuit d'ours qui hiberne. Tout est étouffé, l'obscurité colle au sol. Nul autre son qu'un craquement irrégulier, vite englouti par les rafales du vent d'ouest.
L’intrigue manque cruellement de nerf : l’apprentissage d’une langue oubliée, pourtant présenté comme central, n’émerge qu’aux trois quarts du roman – et reste superficiel. En 180 pages, ce qui laisse quand même de la place, ni les thèmes ni les personnages n’ont le temps de s’installer et encore moins de toucher ou convaincre qu'ils existent vraiment.
Conte pour adulte très original. Nous laisse avec nos réflexions sur la vie en société, les règles, les normes, les préjugés, et sur la quête du bonheur. Les histoires racontées de façon différente par l’aventurier, selon la personne qui écoute, nous laisse perplexe. Approche sociologique et philosophique que j’aime bien. Langage recherché. Finale intrigante. L’ancien langage relatifs aux prénoms unique à chaque personne donne à l’histoire son côté fascinant. Je l’ai lu en deux jours. (6,6/10).