J'ai adoré cet essai d’Estelle Ferrarese qui explore - pour la première fois en France - les sanglots sous un angle philosophique, comme une manifestation du corps face à l’impuissance, un geste de révolte qui va bien au-delà de la simple émotion. Et c'est captivant ! Son raisonnement et ses arguments sont étayés avec des exemples précis issus du cinéma (Midsommar, La vie d'Adèle, Le Cuirassé Potemkine), de la littérature (Sartre, Beauvoir etc), du théâtre ou de la danse (Café Müller), rendant ainsi des concepts philosophiques complexes remarquablement accessibles.
Ferrarese propose qui plus est une perspective féministe des sanglots, soulignant notamment que, contrairement aux hommes, les femmes vivent une expérience de "heurt" avec le monde, celui-ci ne leur offrant pas la même prise ou l'asymétrie des destins selon qu'on est une forme dite "masculine" du désespoir (la mélancolie) ou féminine (les sanglots), la première étant massivement plus représentée et étudiée que la seconde. Son analyse de l’histoire genrée des sanglots est particulièrement éclairante, montrant comment leur perception a évolué à travers les époques et selon les sexes.
Une lecture stimulante et enrichissante que je recommande vivement !
une réflexion très intéressante qui se base de la philosophie et de pièces culturelles pour créer une signification et une compréhension des sanglots dans le monde occidental actuel