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Caste: A Comparative Study

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157 pages, Hardcover

First published January 1, 1950

20 people want to read

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A.M. Hocart

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Profile Image for Comptes Rendus de René Guénon.
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March 15, 2016
Cet ouvrage diffère notablement de ce qu’on a coutume d’écrire en Occident sur le même sujet, sans doute parce que l’auteur (qui malheureusement est mort avant sa publication) n’était pas un orientaliste professionnel, mais avait eu l’occasion, au cours d’une carrière administrative, de faire, à Ceylan et en Polynésie, des observations directes qui ont servi de base à son travail. C’est ce qui lui donne le droit de critiquer avec une juste sévérité les théories imaginées par des « savants » modernes, qui « étaient tellement
intoxiqués par leur sens critique qu’ils en arrivèrent à penser qu’ils en savaient plus sur les anciens que les anciens eux-mêmes », et qui rejetaient de parti-pris toutes les explications traditionnelles contenues dans les textes antiques, pour l’unique raison qu’elles étaient traditionnelles, tandis qu’un examen impartial des faits confirme au contraire la valeur de ces explications et fait apparaître l’inanité de celles qu’on a prétendu leur opposer. Un des plus beaux exemples de ces théories fantaisistes des modernes, c’est celle suivant laquelle la distinction des castes aurait son origine dans une différence de races, sous prétexte que la caste est désignée par le mot varna qui signifie littéralement « couleur » ; l’auteur n’a pas de peine à montrer que les couleurs attribuées aux différentes castes ne peuvent pas représenter celles d’autant de races, qu’elles sont en réalité purement symboliques, et qu’elles sont d’ailleurs, comme l’enseignent les textes traditionnels, en rapport avec une répartition, qui se retrouve chez les peuples les plus divers, en quatre quartiers correspondant aux points cardinaux ; cette dernière question est assez importante pour que nous nous proposions d’y revenir dans un article spécial. Il est regrettable que l’auteur n’ait pas pensé que jâti, autre désignation de la caste, qui signifie « naissance », pouvait avoir aussi une valeur symbolique ; au fond, ce mot désigne avant tout la nature individuelle, car ce sont les virtualités propres de chaque individu qui déterminent les conditions de sa naissance ; et, même si on le prend au sens de « lignage », il reste encore que ce lignage peut souvent s’entendre surtout au sens spirituel, comme le montrent certaines « généalogies » qui ne sont manifestement rien d’autre que des « chaînes » traditionnelles. Quoi qu’il en soit, ce qui ressort nettement des faits exposés, c’est que « le système des castes est une organisation sacrificielle », nous dirions plutôt « rituelle », ce qui a une acception plus large, car il y a évidemment bien d’autres genres de rites que les sacrifices ; et, si les castes et leurs subdivisions paraissent s’identifier dans une certaine mesure à des métiers, c’est précisément parce qu’elles sont essentiellement des fonctions rituelles, car « les métiers et les rites ne peuvent se distinguer exactement, et le mot sanscrit karma, « action », « œuvre », s’applique aux deux » ; et, ajouterons-nous, dans une société strictement traditionnelle, toute occupation, de quelque nature qu’elle soit, a nécessairement un caractère rituel. Ce n’est cependant pas une raison pour qualifier toutes ces fonctions indistinctement de « sacerdotales », ce qui implique une fâcheuse équivoque ; et nous en dirons autant dans le cas (car il y a ici un certain flottement dans les idées) où cette même désignation de « sacerdotales » est appliquée seulement aux deux premières castes ; chaque membre de la société a forcément certains rites à accomplir, mais ce qui caractérise proprement la fonction sacerdotale comme telle et la distingue de toutes les autres, c’est avant tout l’enseignement de la doctrine. Ce qui est encore plus grave, c’est que l’auteur désigne constamment les Kshatriyas comme la première caste et les Brâhmanes comme la seconde, interversion qui est contraire à toute tradition, et qui rend d’ailleurs certaines choses incompréhensibles, comme nous aurons peut-être à l’expliquer en une autre occasion ; son idée est évidemment de placer la royauté au sommet de la hiérarchie, et par suite au-dessus du sacerdoce (entendu cette fois dans son sens propre), mais c’est précisément là ce qui est insoutenable au point de vue traditionnel, et, là où une telle chose existe en fait, elle n’est que l’indice d’un état de dégénérescence ; tel est probablement le cas de certaines sociétés polynésiennes que l’auteur a étudiées, et, même à Ceylan, il est très possible que l’influence bouddhique ait introduit certaines altérations du même genre, bien que l’extinction des castes supérieures y rende la chose plus difficile à constater directement. D’autre part, l’auteur ne semble pas se rendre compte de la raison profonde des rites, de ce qui en est le principe même, et, plus généralement, de l’élément « non-humain » qui est inhérent à toute institution traditionnelle : si la société est constituée rituellement, ce n’est pas pour des raisons plus ou moins « psychologiques » mais bien parce qu’elle est, par là même, à l’image des réalités d’ordre supérieur. Il y a donc, en tout cela, des lacunes qui ne peuvent être comblées qu’à l’aide d’une connaissance plus profonde des doctrines traditionnelles ; mais il n’en est pas moins vrai que ce livre contient une multitude de données fort intéressantes, que nous ne pouvons naturellement songer à résumer ou à énumérer en détail, et dont beaucoup pourraient servir de point de départ à des considérations allant bien plus loin que l’auteur lui-même n’a pu le soupçonner. On pourrait encore relever quelques inexactitudes de terminologie, comme par exemple la désignation des Vaishyas comme « cultivateurs », qui est trop étroite pour s’appliquer à la caste tout entière, l’emploi erroné du mot « initiation » pour désigner l’admission dans une caste, ou la confusion des « Titans », correspondant aux Asuras, avec les « Géants », qui sont quelque chose de très différent ; mais nous n’insisterons pas davantage sur ces défauts qui n’ont, dans l’ensemble, qu’une importance tout à fait secondaire ; et, s’il est permis de trouver que les remarques relatives à l’exercice de certains métiers dans l’Égypte actuelle n’ont qu’un rapport fort contestable avec la question des castes, il reste encore bien assez d’autres points de comparaison plus valables pour montrer que cette institution, loin d’être propre à l’Inde comme on le croit trop souvent, représente au contraire en réalité quelque chose de très général, qui se retrouve, sous une forme ou sous une autre, dans la constitution de toutes les sociétés traditionnelles, et cela, pouvons-nous dire, parce qu’elle est rigoureusement conforme à la nature même des choses et à l’ordre cosmique tout entier.
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