"L’histoire, si elle a été dure, n’a pas toujours été triste. Elle raconte des vies qui n’ont pas été cantonnées dans l'étroitesse d’une nation, ou pire encore d’une nationalité. Et alors que tant de choses étaient volontairement orientées vers la laideur, des hommes et des femmes les ont, plus d’une fois, dans un geste collectif, sublimées. J’en tiens toutes ces histoires pour preuve."
En déambulant dans Barbès, Hajer Ben Boubaker raconte les petits détails et les grands événements qui ont fait du quartier la "maison-mère des luttes de l’immigration" et l’une des places fortes de la musique maghrébine.
Dans les cartons d’archives sur le premier quartier algérien dans le 5e arrondissement, dans les voix de vieux messieurs qui racontent l’habitude d’une ville ou dans les souvenirs imprécis de luttes contre le racisme, Barbès Blues ressuscite des personnages, des épopées, des anecdotes et des tragédies. Autant de symboles d’une communauté de destin, l’immigration maghrébine, qui dans un dédale de rues minuscule, s’est construit un monde immense.
Hajer Ben Boubaker est née à Paris et a grandi dans le 18e arrondissement. Chercheuse indépendante et documentariste franco-tunisienne, elle est créatrice du podcast Vintage Arab et a réalisé la série radio « Une histoire du Mouvement des Travailleurs arabes », consacrée à l’organisation militante des années 70 (France Culture ; Prix découverte sonore SCAM 2022). Elle est lauréate du prix Unesco-Sharjah 2023 pour la culture arabe.
c’était incroyable !!! première fois que je lis un livre historique c’était tellement intéressant c’est très satisfaisant de lire un livre et apprendre des choses en même temps
Je commence le nouvel an avec mon premier 5 star review.
en tant qu'historienne, j’adore ce livre. c'était incroyable d'en apprendre plus sur Paris et sa vaste histoire.
c'était une lecture lente non seulement parce que le français est ma deuxième langue, mais aussi parce que je cherchais des adresses et des informations complémentaires sur les personnes/lieux/etc.
Ce n'est un secret pour personne, la France est une terre d'immigration qui s'ignore, ou plutôt qui se nie. Dans un pays qui est encore très inconfortable avec son passé colonial et son histoire postcoloniale, Barbes Blues retrace l'histoire sociale et culturelle de l'immigration maghrébine à Paris des années 1930, par l'arrivée des premiers Algériens dans le quartier latin de la capitale, jusqu'aux années 1980 où la diaspora maghrébine prend refuge dans le quartier Barbès-Goutte d'Or, contribuant à l'histoire populaire du quartier.
L'autrice explore les rues de la capitale en s'appuyant sur des archives, des témoignages et des anecdotes, afin de retracer l'histoire riche de l'impact culturel de l'immigration maghrébine, notamment à travers la musique, puisque Paris était la capitale du raï. Le livre traite également des enjeux politiques en mettant en lumière les luttes ouvrières, indépendantistes et antiracistes, tout en évoquant les multiples difficultés rencontrées.
Dans une société qui altérise ceux qui "ne lui ressemblent pas" sans jamais vouloir l'assimiler, cet ouvrage de mémoire redonne une histoire aux immigrés, à ceux qui ont quitté leur pays pour des raisons diverses et dont les parcours se sont vu invisibiliser au fil du temps. C'est aussi une manière de raconter l'histoire de la France et de son immigration en permettant de mettre des noms, des visages et des lieux sur des histoires bien souvent oubliés. Comme disait Abdelmalek Sayad, l'immigré est un émigré, il est complexe par cette double appartenance qui a tendance à l'effacer ici et là-bas.
Enfin, j'ai adoré la musicalité de cet ouvrage, c'est une véritable cartographie musicale qui mérite d'être soulignée. J'en ai appris beaucoup sur la musique maghrébine ; j'ai souvent posé ce livre pour écouter les artistes mentionnées et parcourir leur bibliographie passionnante ou tout simplement pour me replonger dans des souvenirs musicaux en écoutant Ya Rayah ou tonton du bled du 113.
Une très belle balade guidée à travers les quartiers de Paris, et leurs histoires moins connues, racontées comme un roman itinérant. Je regrette de ne plus habiter Paris et de ne pas pouvoir me rendre sur les lieux de passage décrits dans ce roman, tellement ils en deviennent vivants et pleins de personnalité.
Mêlant autobiographie, recherches dans les archives, récit plein de rebondissements et un profond intérêt pour chaque personne décrite, ce livre est une des rares exceptions que je fais à ma règle personnelle de ne pas lire de non-fiction. Hajer Ben Boubaker décrit les vies difficiles, joyeuses, tragiques, libérées des personnes maghrébines à Paris, en créant une complicité avec le.a lecteur.ice sans jamais réduire leur histoire à la seule question (écrasante) du racisme, ou, à l'inverse, à un multiculturalisme insouciant. La dignité est au centre de toutes ces histoires, ainsi que la résistance aux apparats de la bureaucratie, à la police et plus généralement au racisme d'Etat. On redécouvre toute l'importance des luttes politiques maghrébines (notamment anti-impérialistes et anti-coloniales) dans les quartiers de Belleville, Panthéon et la Chapelle, entre autres.
J'imagine tout à fait une visite guidée de Paris basée sur ce livre.
J’ai bien aimé surtout le début, moins quand ça parle de d’art de musique tout ça parce que c’est pas ma came mais ce livre est un réel devoir de mémoire, et ça m’a peiné de me rendre compte que les immigrés ou descendants d’immigrés maghrébins sont encore confrontés aux mêmes problématiques 80/90 ans plus tard
Excellent livre qui nous ouvre les yeux sur beaucoup d'épisodes définissant de l'histoire de l'immigration maghrébine et son ancrage profond dans la France contemporaine. J'ai adoré découvrir les nombreux endroits cités et qui retracent cette histoire.