« Hiver comme été, matin, midi et soir, elle ne quittait jamais ce foulard, toujours noué serré, assorti à la couleur de ses vêtements. D’où sortait-elle ? De la Guadeloupe ou de la Martinique. Enfin, d’une de ces colonies qui n’ont de français que le nom, habitées par des nègres baptisés, qui font quand même bamboula, jurent comme des païens, battent le tambour et boivent des alcools forts. »
En 1995 à la Guadeloupe, un bébé est découvert la gorge à moitié tranchée, jeté sur un tas d’ordures. Maryse Condé imagine alors ce que pourrait être le devenir de cet être sacrifié et dessine la trajectoire singulière de Célanire, magicienne et putain, milliardaire et sainte. Une héroïne miraculée qui, des Antilles à la Côte d’Ivoire en passant par le Pérou, n’aura de cesse de poursuivre sa revanche sur le destin et sur les hommes blancs trop puissants.
Maryse Condé was a Guadeloupean, French language author of historical fiction, best known for her novel Segu. Maryse Condé was born as Maryse Boucolon at Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, the youngest of eight children. In 1953, her parents sent her to study at Lycée Fénelon and Sorbonne in Paris, where she majored in English. In 1959, she married Mamadou Condé, an Guinean actor. After graduating, she taught in Guinea, Ghana, and Senegal. In 1981, she divorced, but the following year married Richard Philcox, English language translator of most of her novels.
Condé's novels explore racial, gender, and cultural issues in a variety of historical eras and locales, including the Salem witch trials in I, Tituba: Black Witch of Salem and the 19th century Bambara Empire of Mali in Segu.
In addition to her writings, Condé had a distinguished academic career. In 2004 she retired from Columbia University as Professor Emeritus of French. She had previously taught at the University of California, Berkeley, UCLA, the Sorbonne, The University of Virginia, and the University of Nanterre.
In March 2007, Condé was the keynote speaker at Franklin College Switzerland's Caribbean Unbound III conference, in Lugano, Switzerland.
Maryse Condé a décidément le chic pour créer des personnages à la fois détestables et hypnotisants. Célanire en est le parfait exemple : insaisissable, manipulatrice mais fascinante.
L’histoire commence en 1901, en Côte d’Ivoire. Célanire y débarque comme missionnaire et malgré la défiance, elle finir par gagner la confiance de ceux qui l’entourent. Ce qui tombe plutôt bien pour elle car certains de ses proches commencent à disparaître, voire à mourir.
On comprend rapidement que Célanire cache quelque chose, mais Maryse Condé choisit de ne pas tout révéler tout de suite. On est tenus à distance, tout comme les personnages du roman. Il faut accepter de se laisser porter, de faire confiance au rythme et aux détours du récit.
Et des détours, il y en a ! Le roman nous fait voyager, rencontrer une galerie impressionnante de personnages et explorer de multiples intrigues secondaires. À un moment, j’ai même eu peur que ca parte dans tous les sens, mais non. Maryse Condé maîtrise parfaitement sa narration et construit peu à peu un tableau riche, complexe, profondément ancré dans les réalités historiques.
On y parle de colonialisme, d’homosexualité au début du XXe siècle, de spiritualité et comme toujours, Maryse Condé y glisse des clins d’œil littéraires. Je ne dirai pas à quel classique elle fait référence, mais si tu as aimé La Migration des cœurs, Célanire Cou-coupé mérite clairement une place sur ta liste.
En färgsprakande bok, med ett myller av karaktärer och teman, framför allt konsekvenserna av fransk kolonialism i Västindien och Afrika. Oerhört vackert berättat, men ibland var det svårt att hålla reda på alla personer och turer och vissa avgörande detaljer presenterades väldigt plötsligt.
Captivant. Les nombreuses descriptions, loin d’alourdir le récit, le rendent vivant et dépeignent une atmosphère vivace. Les décors sont plantés, les personnages introduits et le destin enclenché. Un récit féministe d’une subtilité et d’une beauté folle.
C'était vraiment une superbe lecture. Comme le dit Maryse Condé dès les premières lignes, ce livre lui a été inspiré par un fait réel (âme sensible ne pas lire la phrase suivante). En 1995, en Guadeloupe, un bébé est découvert la gorge à moitié tranchée jetée sur un tas d'ordures. Maryse Condé imagine le destin de ce bébé et sa revanche. C'est TRÈS bien écrit, on tombe dedans tout de suite, et c'est extrêmement engagé et percutant. C'est trop bien. J'avais déjà lu Moi, tituba sorcière et maintenant celui-ci et je ne compte pas m'arrêter là. FONCEZ vraiment 😍
Récit captivant. Le personnage de Célanire est à la fois complexe et mystérieux: on ne perce jamais clairement l’entièreté de son monde intérieur. Au fur et à mesure Maryse Condé nous révèle des couches de sa personnalité qui peuvent sembler antinomiques. J’ai beaucoup aimé l’ambiance surnaturel du roman, ne permettant pas de prédire le dénouement de l’histoire.
Maryse Condé a une écriture hypnotisante, ses personnages vous attirent et vous repoussent. Celanire est sans doute la protagoniste qui m’a le plus fait cet effet, son sillage est autant macabre que bouleversant et la quête des origines qui l’anime participe de la fascination autour du personnage. Néanmoins j’avoue être un peu mitigée quant à la fin, le côté cyclique autour de la maternité de la mort aboutit sur un dépassement pourquoi pas… je suis juste pas trop convaincue.
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