" Dans la seconde moitié du XXIeme siècle, le climat s’est déréglé, le pétrole est un souvenir et pourtant, parfois, quand un membre d’un village anarchiste subit une séparation amoureuse, il lui faut bien partir, chercher un autre endroit où passer l’été caniculaire, traverser des lieux où tout le monde ne roule pas tout à fait pareil." Les vagues de canicule arrivent et tu dois quitter ton foyer. Enfourche ton vélo et va, quitte tes montagnes à la recherche d’une belle communa pour passer la Torpeur. Rencontre, explore, discute et prends soin. Des autres, du vivant, de toi surtout. Le fol Horhizome est fort et fragile, il relie les anarchies entre elles, qui fleurissent différentes sur leur fondement commun : l’ordre, sans le pouvoir. Roule et traverse, prends garde aux Verticaux, mais nourris-toi de la friction, elle remplira ta carte et tes dessins. Mets l’eau à chauffer, fais tes infusions d’encre. N’es-tu pas manomade ? Alors que les utopies s’enclosent souvent dans des îles (des planètes, des tours, des souterrains), les sociétés sont ici pleines de trous, composent avec le voisin, bricolent et font avec. Hommage à Ursula Le Guin, cette eutopie se fait fiction-sacoche, journal de voyage qui tente de se saisir de la crise climatique pour en exprimer un possible désirable, dans une échappée à la fois politique et intime."
Ecologiquement déprimant, politiquement rafraîchissant. Je salue l'écriture qui rend la lecture ardue mais immersive au possible. Une franche réussite !
Une belle eutopie/utopie qui nous offre des perspectives, en mettant en avant les deux tanchants de la lame. Un livre qui nous emmène avec lui et nous amène à penser. Je recommande.
Malheureusement, je ne pourrai pas parler trop de ce roman car il m'a été impossible de « rentrer dedans ». À la page 14, j'étais déjà dans une espèce de brouillard, mon cerveau n'imprimait rien donc je me suis arrêtée. La narration ne m'a pas aidée, on débarque dans une situation que je n'ai pas comprise, pas mal de mots me sont inconnus, par exemple verti, couzâme, nouvale (OK une grande partie est expliquée dans un lexique à la fin, mais c'est très rébarbatif de devoir arrêter sa lecture pour aller s'y référer toutes les deux lignes) ; je n'ai rien contre les néologismes, les mots inclusifs, etc. mais là dès le départ ça a réussi à plomber ma lecture, et puis les dialogues ont achevé de me perdre. J'imagine que c'est un roman d'anticipation écologique, une sorte de road-trip dans un monde qui ressemble à une ZAD, mais c'est à peu près tout ce que j'ai perçu. Bref, ce n'est pas un roman fait pour moi, mais j'imagine qu'il doit avoir un public. Je ne suis pas encore prête à passer à ce niveau de lecture, ça viendra peut-être mais je pense que mon cerveau doit avoir un temps d'adaptation (un peu comme quand je dois lire en format numérique...) J'ai tout de même voulu en parler car la maison d'édition me l'a gentiment envoyé (je crois qu'il fait partie de la sélection pour un prix aux Utopiales), et je me dis qu'une petite review permettra peut-être aux lecteurices à qui ça peut plaire de le voir.
Très belle utopie qui imagine le monde communaliste, solidaire et anarchiste d’après la crise climatique. Une personne voyage à travers les diverses communes, et les restes de la société capitaliste, après une rupture amoureuse. Penser un nouveau monde passe aussi par le langage : nouveaux mots, nouveaux pronoms, nouveaux accords.
Au cours de cette 3e canicule de l'année 2026, j'ai repris et terminé la lecture de "Les mains vides", roman d'anticipation de Élie Possoz publié il y a à peine un an et demi, et acheté un mois après, d'une actualité brûlante (si je puis m'exprimer ainsi). Je le conseille vivement ! Même si ce récit parait initialement difficile à lire, car l'auteur, qui projette l'action dans la décennie 2070, imagine un langage qui a lui aussi évolué. On retrouve des formes dérivées des évolutions actuelles du langage ("èls"), des fusions espagnol ou italien-français et d'autres inventions. Cette évolution est tout à fait logique, et a rebuté certains lecteurs.
Mais en continuant la lecture avec plus de légèreté, on parvient à suivre le fil de cette histoire humaine et attachante, dans un monde au climat changé, caractérisé par une série de "torpeurs" (canicules) et d'épisodes quasi-tropicaux. Un archipel de communes ("communas") anarchistes vivent dans un monde low-tech tandis que quelques corporations subsistent dans les grandes villes. L'activité de celles-ci est largement déterminée par la subsistance, le jardinage et la production d'énergies renouvelables, souvent par le low tech. Les déplacements se font à vélo, les communas ont un fonctionnement plus organique, plus humain que dans la société actuelle et des corporations. Elles reposent largement sur des zones biorégionales (définies par leurs bassins versants). Les centrales nucléaires sont à l'arrêt du fait de la sécheresse. Les échanges internationaux continuent, sur un plan très horizontal et individuel .
Dans le contexte actuel, ce qui m'a frappé, c'est que l'actualité rattrape la fiction, du moins sur le plan climatique (nos corps surchauffés se trouvent dès lors en phase avec les pages du livre). Les dynamiques sociales qui suivront ces changements ne devraient, elles, pas trop tarder à s'exprimer. Cette anticipation d'une société post-effondrement ne me parait pas si utopique ou eutopique. Les références de l'auteur sont intéressantes (Ursula Le Guin, que je ne connaissais pas, Damasio, voire Jean Jaurès dans une citation finale).
De la SF (passablement illisible) pour bandeurs d'Alain, Ursula K. Le Guin, vélo, décroissance, et communisme libertaire. C'est sûrement très bien si tes pensées sont portées 100% sur ces sujets. Personnellement ça frôle l'insupportable, question de portrait sociologique hihihi
En y réfléchissant Michael Roch avait au moins un récit burné, humain à fond dans le sens où ça bouge, ça sue, ça t'inclue dans la narration. Ici je me sens très détaché, ça fait un peu "prouveur", et j'utilise jamais donc ne manie pas très bien ce mot.
Très joli livre de voyage et de rencontres, à la langue très innovante. J'ai beaucoup aimé découvrir les différentes sociétés que notre personnage principal.e rencontre. Parfois l'auteur va un peu trop vite sur certains passages (par exemple, la cérémonie de médiation), on voit seulement un extrait intéressant et l'hérosïne passe à autre chose, ce qui laisse un goût de trop peu (utopie et dystopie, oui, mais du détail que diable !)
Très chouette livre qui prend du français, de l'occitan, de l'anglais, de l'arabe, de l'espagnol et en fait une sorte de français espéranto très poétique, sous la chaleur de la Torpeur. Également adapté aux amoureux de vélo !
C’est un livre qui aborde des thèmes très actuel avec une façon assez atypique. Il est très dur de se plonger dans le livre par son vocabulaire. Mais ca en fait quand meme un livre appréciable. Je trouve quand meme dommage certain choix d'écriture.
J'ai apprécié ce livre malgré sa plume particulière. Cependant un possible non désirable qui nous pend au nez entre pluie et feu. Est-ce réellement une utopie ? pas sûr. Recommandé pour ceux/celles qui s'intéressent aux communes, aux manières de faire autrement. Bonne découverte. + + + Critique : https://charybde2.wordpress.com/2025/... + + + Des avis : - Arnaud, Librairie Quai des Brumes, Strasbourg Son périple se calcule en chambres à air. Le cœur brisé, Èl part à vélo explorer le monde et rejoindre d'autres groupes. Elio Possoz, dans un langage immersif et sensoriel, choisit l'utopie et imagine une société plus juste et inclusive.
- Céline, Librairie Pax, Liège Enfin un livre réellement utopique ! Un futur concrètement désirable ! Ce livre, c'est une épopée à vélo dans une France pas si lointaine, calcinée de chaleur, bourrée de technologies low-tech et d'organisations politiques déjà embryonnaires. Libertaires certes, mais pas anarchiques ! Elio Possoz est l'un des rares auteurs à aller au bout de ses convictions, en créant pour cet horizhome à venir sa langue et ses coutumes, ses dangers et ses plaisirs. Un vrai livre d'expérimentation qui doit autant à Le Guin qu'à Damasio. Carton plein !
Le world building et la narration sont dinguissimes j'ai adoré ! L'aspect politique du récit m'a souvent gênée cela dit, mais ça n'en reste pas moins une lecture marquante.