Des ténèbres des bas-fonds aux éclats de la cour royale, la cité d’Arachnae se livre dans toute son horreur et ses excès… Dans le secret des arcanes du palais se joue une guerre souterraine entre le prince Alessio et les Moires, qui remettent en cause sa légitimité. Dans les riches faubourgs de la ville, une secte démoniaque étend son influence sur l’aristocratie décadente de la cité. Dans le Labyrinthe, quartier sordide où se côtoient la misère et le vice, les autorités retrouvent des corps d’enfants torturés. Afin de résoudre ces crimes en série, la jeune bretteuse libertine Théodora doit s’allier à l’austère capitaine de la milice Tigrano Gracci… Se laisseront-ils engluer dans la toile mortelle de la destinée ?
J'ai réussi à terminer ce tome mais ne lirai pas la suite. Possible spoilers :
Tout est superficiel, précipité, et caricatural. L'histoire prend place dans un monde fantastique sous-développé : ce qu'on en retient principalement c'est un ghetto mafieux et des aristocrates débauchés et sadiques "plus cliché tu meurs". La magie et la prémonition semblent être un moyen pratique pour couper l'action ou donner une échappatoire facile aux personnages quand il y en a besoin plutôt qu'un réel élément scénaristique. La trame est en grande partie une enquête, mais la narration semble s'appliquer à éviter d'aborder tous les moments qui pourraient apporter une quelconque tension. On préfèrera changer de point de vue et revenir sur le personnage plus tard et lui faire raconter ce qu'il a vu/fait en rétrospective. Les personnages sont inintéressants : ils sont dépourvus d'émotions, ou alors elles sont décrites si rapidement qu'on ne se sent pas concerné. L'ensemble de l'humanité est en rut constant et n'est intéressé que par le sexe et la violence. Violence qui est omniprésente et dont je n'ai pas trouvé l'intérêt, étant donné qu'on ne ressent aucune compassion pour aucun personnage.
L'ensemble de ces facteurs m'a donné l'impression de survoler tout ça sans jamais me donner l'envie de m'y intéresser : à quoi bon ?
Un livre trop plat que je n'ai pas réussi à finir... L'univers fantasy est certes bien développé, et l'auteure s'efforce (plutôt bien) de créer une esthétique autour de la corruption et de la perversion qui y sévit. Hélas, l'histoire est pauvre en rebondissements, prévisible, et surtout les personnages n'ont aucune personnalité... Du moins ils ne sont pas réalistes : ils sont simplement «mauvais» pour illustrer le sombre tableau. Mais pas humains. Pas attachants pour moi.
2.5 stars Une relecture pour moi. Pas mal par moment, mais trop "torture porn" à mon goût, une obsession un peu malsaine avec les sociétés secrètes et les sacrifices humains, et une conception tout à fait cliché des identités queer.
La Femme est une créature très complexe, sans doute la plus complexe qui foule notre terre. Je le savais déjà et Charlotte Bousquet le sait aussi au vue d'Arachnae.
Les figures féminines y ont la part belle. Bien qu'Arachnae soit gouvernée par un Prince, ce dernier n'est au trône que par "dépit", les femmes de haute-lignée étant les seules qu'il soit de bon aloi de mettre sur la "chaise royale". La déité est une déesse à triple visage, les conseillères du Prince sont des Moires, des sorcières qui jugent qu'elles peuvent influencer le parcours de qui elles veulent du moment que ça permette à leurs volontés de s'imposer. Les personnalités politiques sont bien souvent des femmes aux dents longues et très très acérées. Mais - ne me faites pas dire ce que je ne dirais sous aucun prétexte - ce n'est certainement pas un roman destinée exclusivement au beau sexe.
J'ai commencé l'histoire en faisant connaissance alternativement avec Théodora et le Prince Alessio ainsi que divers autres personnages qui auront leur importance au cours du récit. Toutefois Théo et Alessio sont deux personnalités majeures qui évoluent sur leur voies chacun de leur côtés mais dont les rôles sont très important et finallement liés. Bien qu'ils n'aient pas l'occasion de beaucoup interagir ensemble au cours de ce tome. J'ai vraiment apprécié ces deux personnages (ainsi que quelques-autres, notemment Ornella). Leur comportements froids mais nécessaires, le manque de compassion qui ressort de temps à autres chez eux, surtout chez Théo n'ont absolument pas nui à l'appréciation que j'ai eu d'eux.
Ce sont deux personnes qui subissent une destinée dont ils ne veulent pas mais qu'ils sont en devoir de suivre pour le bien du plus grand nombre. Pas facile de (sup)porter un tel poids lorsque les intrigantes politiques et autres font tout ce qu'elles peuvent pour vous mettre la corde au cou (et je ne parle pas de mariage). Entre choix qui n'en sont pas et sacrifices, ces deux personnages ne sont pas à la fête. Outre tout cet aspect politique on est aussi amené à suivre une enquête qui s'apparente au thriller. C'est du lourd, c'est franchement glauque et difficilement supportable parfois tant certaines scènes de crimes sont immondes. Nous n'assistons pas aux tortures que subissent les victimes en long et en larges mais aux prémisses de certaines d'entre elles que je n'ai pu m'empêcher d'imaginer au vue des résultats que cela donne sur les scènes de crimes que Théo et ses collègues doivent examiner ensuite.
La magie à une place non négligeable dans cette saga, ce tome tout du moins; Tant dans l'aspect politique que "policier". Et quand je dis magie il faut prendre le terme en son sens le plus large ; il n'est pas vraiment question de balai de sorcière ou autres tour de passe-passe mais plutôt de magie divinatoire, élémentaire, ténébreuse...
C'est un roman de fantasy très complet avec une mythologie, une politique et une géographie bien spécifique qui m'a emportée sans mal. Ca fait quelques jours que je l'ai terminé et c'est encore très clair dans mon esprit comme si je l'avais terminé il y a seulement quelques minutes.
Il faut encore que j'ajoute un petit quelque-chose tout de même : la qualité des poches de Mnémos est incontestable, la prise en main juste géniale. Il est souple et chose plutôt extraordinaire encore en comparaison avec les poches que j'ai eu l'occasion de tester, le dos ne se pète pas si on fait faire le grand écart à notre livre ! Je vais attendre qu'ils sortent la suite de cette saga dans leur collection poche pour me les procurer, c'est la qualité G.F au format poche, sans oublier la sublime couverture de Mélanie Delon, je ne demande pas mieux.
Deuxième incursion dans l’univers de l’archipel de Numinées, Arachnae est en réalité le premier roman de cette série, même s’ils peuvent se lire indépendamment les uns des autres.
Avant toute chose, une mise en garde s’impose pour ce roman : âmes sensibles, s’abstenir. C’est l’un des livres les plus noirs qu’il m’ait été donné de lire. J’ai beaucoup aimé ce livre, mais je ne le conseillerai pas à tout le monde, tant il est noir.
Plusieurs intrigues s’entremêlent : l’enquête sur des corps d’enfants mutilés retrouvés dans les bas-fonds d’Arachnae, la découverte d’une secte cannibale qui pratiquerait une forme de magie noire, et en toile de fond, les intrigues de cours entre le prince, sa femme et les moires, puissantes sorcières qui se mêlent de manipuler le destin. On remarque assez vite que, qu’on se trouve dans les ruelles sordides du Labyrinthe ou dans les couloirs de marbre du palais, l’ambiance reste au fond la même : stupre, violence et trahison. La violence et le sexe sont omniprésents, décrits souvent de manière très crue et presque clinique. Cette narration parvient bien à rendre l’horreur des situations, mais permet aussi que cela reste lisible sur pour le lecteur (une narration plus émotionnelle m’aurait retourné l’estomac, je pense). Aucun personnage n’est épargné, on côtoie de véritables monstres qui n’ont plus d’humain que l’aspect. Les « héros » sont très tourmentés : la jeune femme qui papillonne d’amante en amante pour éviter de se poser les bonnes questions, le prince prêt à sacrifier sa famille… Là où Cytheriae gardait une forme d’optimisme grâce aux personnages secondaires, et grâce aussi à l’ambiance colorée du quartier d’artiste de Metida, il n’y a pas d’espoir à Arachnae, pas d’endroit où il fasse bon vivre.
Côté intrigue, on se concentre dans une première partie sur la résolution des meurtres d’enfants, avant que l’affaire de la secte, et les intrigues de palais ne prennent une nouvelle tournure. J’ai trouvé qu’il y avait un moment de flottement vers le milieu du livre, où on se demande où tout ça va nous mener. Et puis Charlotte Bousquet rattrape les fils qu’on croyait perdus pour tisser une conclusion magistrale au livre. De petits événements qu’on pensait sans importance prennent alors tout leur sens.
Le final est à l’image du livre : très sombre. À part pour le prince et pour sa maîtresse, pas de happy end. Theodora remporte la palme, à mon avis. Je m’étais attachée au personnage, avec ses doutes et ses errances, et les derniers mots qu’elle prononce ont de quoi retourner.
Un petit mot sur la plume de Charlotte Bousquet, toujours impeccable, à la fois ciselée et agréable à lire.
En conclusion : une lecture à réserver aux amateurs de dark fantasy, un univers sombre, angoissant et poisseux, servi par une intrigue habilement menée.
En fait je n'ai pas terminé Arachnae, j'ai abandonné à quelques pages de la fin, je n'en pouvais plus de l'histoire alambiquée avec ses intrigues multiples, je n'en pouvais plus des personnages principaux bien que l'auteur nous fasse partager leurs pensées durant de loooongues pages, et surtout surtout je n'en pouvais plus du style ampoulé! Durant tout le roman l'auteur abuse de clichés et use toujours des mêmes adjectifs et métaphores pour souligner, surligner et resouligner à quel point Arachnae est une cité horrible où tout le monde il est laid tout le monde il est méchant. A chaque page on retrouve des "riches pervers" ou des "courtisanes déchues" qui se livrent à de "licencieuses orgies" ou "un commerce immonde" en proie à une "luxure tapageuse et malsaine". Tous les spectacles sont atroces; tous les souvenirs sont terribles; tous les lieux sont sordides, lugubres ou sinistres... sans parler des métaphores intestinales.. Bref un vocabulaire répétitif qui a eu raison de ma patience. D'autant que l'histoire elle même n'a rien d'original et que l'univers et le système magique sont assez stéréotypés. La seule chose qui m'a plu est la parité qui a l'air d'exister entre les hommes et les femmes dans cet univers : les femmes sont gouverneurs, beaucoup sont gardes, soldats, tueuses.
Il y a de ces livres qui vous envoûtent non par leur charme mais par leurs côtés obscurs. C'est le cas pour Arachnae, qui nous entraîne dans la décadence, la luxure, le sang et la souffrance mais aussi dans le sens du sacrifice, l'intrigue politique et la loi du Destin. Je regrette juste un peu la fin avec des raccourcis un peu manichéen et une sorte de happy-end en demi teinte qui ne colle pas pas vraiment avec le ton du récit. A vous de juger...