« Tous les matins, pendant un quart de seconde, je suis bien. Un quart de seconde où je ne me rappelle plus qui je suis, ce que je fais, où je dors. »
C’est par ces mots de Rose que s’ouvre le roman, Rose anéantie par la mort accidentelle trois ans plus tôt de sa fille de 11 ans, au bord de la folie , et dont on apprend dès les premières pages qu’elle est recluse dans une sorte de cabane des montagnes du Valais suisse, attachée à son lit par une longe. Comment en est-elle arrivée là ?
C’est alors toute sa vie qui défile, les souvenirs heureux de l’enfance et les drames aussi, les grands-mères bienveillantes, l’amour de jeunesse, la maternité et puis l’insupportable perte.
Un roman court mais intense sur le deuil, la survie et la résilience, qui peut déranger par le moyen employé pour sauver Rose de la folie. J’y ai vu le fil qui la relie au monde des vivants, l’empêche de sombrer totalement, aidé en cela par les mots, la littérature qui apaise et redonne un sens à la vie. C’est déroutant, porteur d’espoir malgré tout, avec d’attachants portraits de femmes et les âpres paysages des montagnes valaisannes.