« Qui, ayant suivi mes signes sera induit par mon exemple, à en faire lui-même selon son être et ses besoins, ira, ou je me trompe fort, à une fête, à un débrayage non encore connu, à une désincrustation, à une vie nouvelle ouverte, à une écriture inespérée, soulageante, où il pourra enfin s'exprimer loin des mots, des mots, des mots des autres. »
Henri Michaux was a highly idiosyncratic Belgian poet, writer and painter who wrote in the French language. Michaux is best known for his esoteric books written in a highly accessible style, and his body of work includes poetry, travelogues, and art criticism. Michaux travelled widely, tried his hand at several careers, and experimented with drugs, the latter resulting in two of his most intriguing works, Miserable Miracle and The Major Ordeals of the Mind and the Countless Minor Ones.
Mon premier livre de Michaux ; à part "Mouvements" et "l'espace aux ombres" je dois admettre que je n'ai pas particulièrement été touché et j'attends d'en lire plus de ce poète.
One of the most heartbreaking poetry volumes of Michaux Filled with pain, sorrow and difficult memories. A sort of exorcism of his nightmares, a memorable reading experience
AGIR, JE VIENS
Poussant la porte en toi, je suis entré Agir, je viens Je suis là Je te soutiens Tu n'est plus à l'abandon Tu n'es plus en difficulté Ficelles déliées, tes difficultés tombent Le cauchemar d'où tu revins hagarde n'est plus Je t'épaule Tu poses avec moi Le pied sur le premier degré de l'escalier sans fin Qui te porte Qui te monte Qui t'accomplit
Je t'apaise Je fais des nappes de paix en toi Je fais du bien à l'enfant de ton rêve Afflux Afflux en palmes sur le cercle des images de l'apeurée Afflux sur les neiges de sa pâleur Afflux sur son âtre… et le feu s'y ranime
AGIR, JE VIENS Tes pensées d'élan sont soutenues Tes pensées d'échec sont affaiblies J'ai ma force dans ton corps, insinuée …et ton visage, perdant ses rides, est rafraichi La maladie ne trouve plus de trajet en toi La fièvre t'abandonne
La paix des voûtes La paix des prairies refleurissantes La paix rentre en toi
Au nom du nombre le plus élevé, je t'aide Comme une fumerolle S'envole tout le pesant de dessus tes épaules accablées Les têtes méchantes d'autour de toi Observatrices vipérines des misères des faibles Ne te voient plus Ne sont plus
Équipage de renfort En mystère et en ligne profonde Comme un sillage sous-marin Comme un chant grave Je viens Ce chant te prend Ce chant te soulève Ce chant est animé de beaucoup de ruisseaux Ce chant est nourri par un Niagara calmé Ce chant est tout entier pour toi
Plus de tenailles Plus d'ombres noires Plus de craintes Il n'y a plus de trace Il n'y a plus à en avoir Où était peine, est ouate Où était éparpillement, est soudure Où était infection, est sang nouveau Où étaient les verrous est l'océan ouvert L'océan porteur et la plénitude de toi Intacte, comme un œuf d'ivoire.