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Le Vertige MeToo
« Nous vivons une nouvelle révolution sexuelle. Après la libération, voici venu le temps du respect. Sept ans après MeToo, pas jour sans que l’arène publique ne soit secouée par des révélations qui rencontrent enfin l’écoute. Revers de la médaille, des hommes et quelques femmes sont mis dans le même sac MeToo pour des accusations très différentes, allant de graves agressions sexuelles à des malentendus sexistes. Il y a ceux qu’on soupçonne d’avoir employé la force ou exercé leur emprise, et parfois de simples éconduits, à qui l’on reproche une maladresse isolée. Il y a les prédateurs que plusieurs dénoncent, et ceux qu’une seule femme accuse. Il y a les relaxés faute de preuves, et les blanchis qui vivent toujours à l’ombre du doute… Dans cette liste, beaucoup de coupables, enfin exposés, et quelques innocents, brûlés vifs sur le bûcher médiatique. La honte a changé de camp, mais la meute aussi. Et sa guillotine est à géométrie variable, selon qui accuse et la notoriété de l’accusé.
Comment reconnaître le faux MeToo du vrai ? Faut-il se fier uniquement à la presse ou attendre la justice ? Croire l’accusation sur parole ou respecter la présomption d’innocence ? Bannir à vie ou préférer une riposte graduée ? Ce livre a pour but de retrouver un équilibre, féministe et juste, après le vertige. »
C. F.
Du Mouvement de libération des femmes à l’après MeToo, de l’affaire Weinstein aux mille autres secouant le cinéma et les médias, jusqu’à son intime expérience, Caroline Fourest dissèque les ombres et lumières d’un séisme qui a changé nos vies. Un éclairage indispensable pour ne pas transformer une révolution en terreur, et garder le cap : celui de la lutte contre les abus de pouvoir. Cinquante nuances en zone grise. Pour sauver MeToo de ses excès
Comment reconnaître le faux MeToo du vrai ? Faut-il se fier uniquement à la presse ou attendre la justice ? Croire l’accusation sur parole ou respecter la présomption d’innocence ? Bannir à vie ou préférer une riposte graduée ? Ce livre a pour but de retrouver un équilibre, féministe et juste, après le vertige. »
C. F.
Du Mouvement de libération des femmes à l’après MeToo, de l’affaire Weinstein aux mille autres secouant le cinéma et les médias, jusqu’à son intime expérience, Caroline Fourest dissèque les ombres et lumières d’un séisme qui a changé nos vies. Un éclairage indispensable pour ne pas transformer une révolution en terreur, et garder le cap : celui de la lutte contre les abus de pouvoir. Cinquante nuances en zone grise. Pour sauver MeToo de ses excès
- GenresSociety
306 pages, Kindle Edition
Published October 16, 2024
About the author
Caroline Fourest
42 books62 followersCaroline Fourest est une essayiste et journaliste française, militante féministe et engagée en faveur de l'égalité, de la laïcité et des droits de l'homme. Elle est diplômée en histoire et en sociologie de l'EHESS, et est également titulaire d'un DESS de communication politique et sociale, obtenu à la Sorbonne. Elle y a étudié la communication de crise (réactions aux boycotts et aux rumeurs), à laquelle elle a consacré un livre : Face au boycott. Rédactrice en chef de la revue ProChoix, elle donne des cours à l'Institut d'études politiques de Paris. Elle est également chroniqueuse au Monde et à France Inter.
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Community Reviews
Displaying 1 - 10 of 10 reviews
August 6, 2026
Je me méfiais de Caroline Fourest, et j’avais bien raison !!! : Le vertige MeToo est une sorte de délire narcissique.
Le ton est plus que déplacé et Caroline Fourest passe son temps à parler d’elle. Elle raconte à quel point c’était dur de voir Tariq Ramadan adulé alors qu’ELLE, elle savait… Elle explique qu’elle pense trop aux autres et qu’elle n’a pas de répit, parce que soutenir les victimes est vraiment épuisant et que c’est toute sa vie… C’est une manière de se mettre sans cesse en avant qui est plus que déplacée. Bien sûr, enquêter sur ce type d’affaires et recueillir des témoignages peut être extrêmement éprouvant mentalement, mais, à l’écouter, elle est presque une victime au même titre que les autres…
Elle passe son temps à prendre un ton victimaire et à tirer sur les féministes d’extrême gauche, intersectionnelles et décoloniales. Puisque, apparemment, les féministes radicales sont inutiles, elle prône un « féminisme universaliste » et réformiste en affirmant : « Ces excités de Révolution Permanente n’ont jamais fait avancer une loi, ni obtenu le moindre progrès. Heureusement, des féministes réformistes, toujours plus efficaces, s’en sont chargées. » Bref, un féminisme très libéral… Et, comme l’a dit Audre Lorde, les outils du maître ne démantèleront jamais la maison du maître… Mais il s’agit surtout d’un blanchiment historique, comme si la propagation des idées et la popularité des projets de loi étaient totalement déconnectées du terrain, des manifestations et de la production militante… Attendez qu’elle apprenne l’existence des deux dernières vagues… Caroline Fourest réécrit l’histoire du féminisme et blanchit l’origine de l’intersectionnalité, alors que celle-ci émerge incontestablement des féminismes noirs. Pourtant, elle écrit : « Colette Guillaumin, une grande théoricienne féministe pouvant être considérée comme l’une des pionnières de l’intersectionnalité. », je vais vous épargner un long tunnel sur la 3e vague mais si les matérialistes de la 2e vague ont pensé l’addition des rapports de pouvoirs, elles n’ont jamais pensé l’intersectionnalité !
Elle se sert de la prise de parole absurde d’une féministe intersectionnelle, une jeune étudiante qui affirme que le viol est plus traumatisant pour les femmes noires que pour les femmes blanches, pour dénigrer l’intégralité du courant… Elle prétend que « l’antiracisme identitaire a colonisé le féminisme » et que « [la] question de la lutte des classes [n’]effleure même plus la nouvelle génération, obsédée par la “lutte des races” ». Cela témoigne d’une méconnaissance totale de l’intersectionnalité, qui a pour but d’articuler différents rapports de pouvoir, dont la classe, sans jamais les hiérarchiser. Encore une fois, elle en profite pour vanter le seul « vrai féminisme », qui est le sien, le « féminisme universaliste » : « Les priorités au nom de MeToo ont également révélé une fracture ancienne et profonde au sein du féminisme, entre les universalistes qui dénoncent le viol partout, quelle que soit l’origine de l’agresseur, et un néoféminisme identitaire qui varie selon le faciès. »
Bref, le ton est plus que déplacé et le livre est complètement autocentré. Soit elle explique à quel point il est difficile de recevoir les témoignages, presque davantage que de subir le harcèlement, soit elle dénigre d’autres féministes pour se mettre en valeur… Le Vertige MeToo est un projet très faible, parsemé de « moi, je », une sorte de lecture d’une page Wikipédia accompagnée d’« analyses » très bancales, voire inexistantes. Un livre qui devrait traiter uniquement de MeToo se transforme en roman autobiographique et multiplie les invectives contre l’extrême gauche, notamment Révolution Permanente, qualifiée de « secte anticapitaliste et propalestinienne ». C’est simplement le procès d’Adèle Haenel et d’Anasse Kazib, qu’elle qualifie d’« islamo-marxiste ». Elle attaque également la lettre ouverte d’Adèle Haenel sur son arrêt du cinéma en affirmant : « Il faut être malhonnête ou aveugle pour écrire que rien n’a bougé. Mais, pour une jeune révolutionnaire, ce n’est jamais assez (…) ». À entendre Caroline Fourest, on a l’impression d’être dans une sorte d’ère postféministe où les féministes universalistes auraient gagné et où les radicales en voudraient toujours plus, c’est-à-dire trop.
Au début, j’avais quelques soupçons d’islamophobie sans pouvoir les affirmer ouvertement… Pourquoi préciser, alors que c’est sans rapport avec le témoignage, que l’un des plus beaux jours de la vie d’une des victimes de Tariq Ramadan a été celui où elle a enlevé son voile après les attentats du Bataclan ?
Puis vient le passage sur Diam’s. Fourest affirme que les féministes n’ont pas censuré le bon film et qu’au lieu de s’en prendre à un film avec Johnny Depp, elles auraient dû attaquer celui de Diam’s. Elle écrit alors : « (…) son manifeste n’a dit aucun mot sur le documentaire de l’ancienne chanteuse Diam’s, convertie au salafisme, programmé à Cannes. Cette fois, pourtant, l’œuvre elle-même porte un message antiféministe. Puisqu’elle célèbre l’arrêt du chant et le voilement des femmes. L’ancienne chanteuse a même refusé qu’on entende ses anciennes chansons dans le film, car la voix des femmes est impure, ou qu’on montre les cheveux des autres femmes interviewées ne portant pas le voile. Grâce au gros plan, la caméra sur leurs visages plonge dans un ovale d’obscurité qui, de fait, les voile ! Beau signal dans un pays frappé par des attentats comme celui du Bataclan, où des professeurs luttent pour éviter qu’une jeunesse ne se radicalise en suivant des prédicateurs salafistes qui leur interdisent d’écouter de la musique et leur conseillent d’excommunier les non-voilées. Lors d’un shampoing, une jeune coiffeuse d’origine algérienne, pas du tout salafiste, botoxée et maquillée, me confia son envie de voir le film de Diam’s depuis qu’elle le savait programmé à Cannes… Mais là, non, ce n’est pas la honte. » (p. 120-121)
Fourest prête au documentaire des intentions qu’elle ne démontre jamais. Son affirmation selon laquelle Diam’s aurait refusé que ses anciennes chansons figurent dans le film parce que « la voix des femmes est impure » n’est pas étayée et ne correspond pas aux explications données par les réalisatrices, qui présentent ce choix comme une volonté de centrer le documentaire sur Mélanie, la personne, plutôt que sur son ancienne carrière de rappeuse. Surtout, le film contient des textes inédits interprétés par Diam’s elle-même, ce qui rend cette explication totalement absurde… Plus largement, Fourest transforme un récit autobiographique en manifeste politique. Écrire que le documentaire « célèbre l’arrêt du chant et le voilement des femmes » revient à généraliser un parcours individuel pour en faire un message (voire un ordre!) adressé à toutes les femmes, sans jamais démontrer que le film porte effectivement cette prescription. L’argumentation se termine par une succession d’associations entre salafisme, voile, Bataclan, radicalisation et terrorisme. L’autrice ne se donne pas la peine de justifier le lien… De toute façon, si l’analyse critique et la justification étaient son fort, cela se saurait… Et puis, quel rapport avec la jeune coiffeuse algérienne ? Pourquoi préciser qu’elle est botoxée et maquillée ? J’ai du mal à suivre…
Fourest affirme qu’il ne faut pas séparer l’homme de l’artiste, mais l’œuvre de l’homme : « Il n’y a rien de féministe à vouloir annuler ou brûler une œuvre sous prétexte que son créateur ou sa créatrice, l’un de ses acteurs ou l’une de ses actrices, a mal agi ou se voit reprocher d’avoir mal agi. » Elle revendique donc une autonomie de l’œuvre d’art, qui ne devrait pas être injustement sanctionnée : « Les œuvres possèdent une âme propre. Elles méritent d’être jugées pour elles-mêmes et pour ce qu’elles nous inspirent. » (p. 124). D’accord mais dans ce cas, que fait-on des bouquins de Matzneff, éloges de la pédophilie qui racontent ses rapports sexuels avec des enfants ? Et des photographies d’Hamilton, qui constituent souvent des « avant/après » de viols ? Que fait-on de ces œuvres-là ? Pourquoi Caroline Fourest ne va-t-elle pas au bout de son raisonnement ? De plus, elle confond souvent censure et destruction. Les féministes dont Fourest parle n’ont pas pour vocation de détruire les œuvres, ce qui constituerait encore une fois une forme de blanchiment historique, cf. Laure Murat, mais de promouvoir d’autres modèles, d’autres œuvres et de privilégier d’autres artistes. Le cas de cancel culture qu’elle cite : des féministes qui refusent la rétrospective Polanski, qui a parlé de détruire ses films et de les rendre inaccessibles ?
Un peu de « Mediapart est très méchant et Franc-Tireur est exemplaire », et de « mes amis sont accusés, mais ils ne feraient jamais ça ! ».
La méthode personnelle qu’elle recommande pour déterminer si une accusation est crédible consiste à se demander si elle aurait été à l’aise, à vingt ans, seule dans un ascenseur avec l’homme accusé… pourtant, combien « d’hommes exemplaires » se sont avérés être des multirécidivistes ? Quant à la méthode professionnelle, elle consiste à vérifier s’il existe une multitude de plaintes… dommage pour celles qui seront des victimes uniques, ou les seules à oser témoigner!! Je ne dis pas avoir de meilleures astuces à donner et je sais à quel point il peut être difficile d’apporter des preuves dans les affaires de violences sexistes et sexuelles, mais je pense sincèrement qu’elle aurait dû s’abstenir…
J’ai lu les 2/3 du livre avec attention, puis je me suis contentée de survoler le reste en lisant des extraits de quelques chapitres. En définitive, Le Vertige MeToo est une œuvre très faible. Ce qui se présente comme une « analyse critique » est en réalité un essai égocentrique et totalement partial, qui se transforme souvent en procès, plus que malhonnête, de l’extrême gauche et des féministes non universalistes !!
Le ton est plus que déplacé et Caroline Fourest passe son temps à parler d’elle. Elle raconte à quel point c’était dur de voir Tariq Ramadan adulé alors qu’ELLE, elle savait… Elle explique qu’elle pense trop aux autres et qu’elle n’a pas de répit, parce que soutenir les victimes est vraiment épuisant et que c’est toute sa vie… C’est une manière de se mettre sans cesse en avant qui est plus que déplacée. Bien sûr, enquêter sur ce type d’affaires et recueillir des témoignages peut être extrêmement éprouvant mentalement, mais, à l’écouter, elle est presque une victime au même titre que les autres…
Elle passe son temps à prendre un ton victimaire et à tirer sur les féministes d’extrême gauche, intersectionnelles et décoloniales. Puisque, apparemment, les féministes radicales sont inutiles, elle prône un « féminisme universaliste » et réformiste en affirmant : « Ces excités de Révolution Permanente n’ont jamais fait avancer une loi, ni obtenu le moindre progrès. Heureusement, des féministes réformistes, toujours plus efficaces, s’en sont chargées. » Bref, un féminisme très libéral… Et, comme l’a dit Audre Lorde, les outils du maître ne démantèleront jamais la maison du maître… Mais il s’agit surtout d’un blanchiment historique, comme si la propagation des idées et la popularité des projets de loi étaient totalement déconnectées du terrain, des manifestations et de la production militante… Attendez qu’elle apprenne l’existence des deux dernières vagues… Caroline Fourest réécrit l’histoire du féminisme et blanchit l’origine de l’intersectionnalité, alors que celle-ci émerge incontestablement des féminismes noirs. Pourtant, elle écrit : « Colette Guillaumin, une grande théoricienne féministe pouvant être considérée comme l’une des pionnières de l’intersectionnalité. », je vais vous épargner un long tunnel sur la 3e vague mais si les matérialistes de la 2e vague ont pensé l’addition des rapports de pouvoirs, elles n’ont jamais pensé l’intersectionnalité !
Elle se sert de la prise de parole absurde d’une féministe intersectionnelle, une jeune étudiante qui affirme que le viol est plus traumatisant pour les femmes noires que pour les femmes blanches, pour dénigrer l’intégralité du courant… Elle prétend que « l’antiracisme identitaire a colonisé le féminisme » et que « [la] question de la lutte des classes [n’]effleure même plus la nouvelle génération, obsédée par la “lutte des races” ». Cela témoigne d’une méconnaissance totale de l’intersectionnalité, qui a pour but d’articuler différents rapports de pouvoir, dont la classe, sans jamais les hiérarchiser. Encore une fois, elle en profite pour vanter le seul « vrai féminisme », qui est le sien, le « féminisme universaliste » : « Les priorités au nom de MeToo ont également révélé une fracture ancienne et profonde au sein du féminisme, entre les universalistes qui dénoncent le viol partout, quelle que soit l’origine de l’agresseur, et un néoféminisme identitaire qui varie selon le faciès. »
Bref, le ton est plus que déplacé et le livre est complètement autocentré. Soit elle explique à quel point il est difficile de recevoir les témoignages, presque davantage que de subir le harcèlement, soit elle dénigre d’autres féministes pour se mettre en valeur… Le Vertige MeToo est un projet très faible, parsemé de « moi, je », une sorte de lecture d’une page Wikipédia accompagnée d’« analyses » très bancales, voire inexistantes. Un livre qui devrait traiter uniquement de MeToo se transforme en roman autobiographique et multiplie les invectives contre l’extrême gauche, notamment Révolution Permanente, qualifiée de « secte anticapitaliste et propalestinienne ». C’est simplement le procès d’Adèle Haenel et d’Anasse Kazib, qu’elle qualifie d’« islamo-marxiste ». Elle attaque également la lettre ouverte d’Adèle Haenel sur son arrêt du cinéma en affirmant : « Il faut être malhonnête ou aveugle pour écrire que rien n’a bougé. Mais, pour une jeune révolutionnaire, ce n’est jamais assez (…) ». À entendre Caroline Fourest, on a l’impression d’être dans une sorte d’ère postféministe où les féministes universalistes auraient gagné et où les radicales en voudraient toujours plus, c’est-à-dire trop.
Au début, j’avais quelques soupçons d’islamophobie sans pouvoir les affirmer ouvertement… Pourquoi préciser, alors que c’est sans rapport avec le témoignage, que l’un des plus beaux jours de la vie d’une des victimes de Tariq Ramadan a été celui où elle a enlevé son voile après les attentats du Bataclan ?
Puis vient le passage sur Diam’s. Fourest affirme que les féministes n’ont pas censuré le bon film et qu’au lieu de s’en prendre à un film avec Johnny Depp, elles auraient dû attaquer celui de Diam’s. Elle écrit alors : « (…) son manifeste n’a dit aucun mot sur le documentaire de l’ancienne chanteuse Diam’s, convertie au salafisme, programmé à Cannes. Cette fois, pourtant, l’œuvre elle-même porte un message antiféministe. Puisqu’elle célèbre l’arrêt du chant et le voilement des femmes. L’ancienne chanteuse a même refusé qu’on entende ses anciennes chansons dans le film, car la voix des femmes est impure, ou qu’on montre les cheveux des autres femmes interviewées ne portant pas le voile. Grâce au gros plan, la caméra sur leurs visages plonge dans un ovale d’obscurité qui, de fait, les voile ! Beau signal dans un pays frappé par des attentats comme celui du Bataclan, où des professeurs luttent pour éviter qu’une jeunesse ne se radicalise en suivant des prédicateurs salafistes qui leur interdisent d’écouter de la musique et leur conseillent d’excommunier les non-voilées. Lors d’un shampoing, une jeune coiffeuse d’origine algérienne, pas du tout salafiste, botoxée et maquillée, me confia son envie de voir le film de Diam’s depuis qu’elle le savait programmé à Cannes… Mais là, non, ce n’est pas la honte. » (p. 120-121)
Fourest prête au documentaire des intentions qu’elle ne démontre jamais. Son affirmation selon laquelle Diam’s aurait refusé que ses anciennes chansons figurent dans le film parce que « la voix des femmes est impure » n’est pas étayée et ne correspond pas aux explications données par les réalisatrices, qui présentent ce choix comme une volonté de centrer le documentaire sur Mélanie, la personne, plutôt que sur son ancienne carrière de rappeuse. Surtout, le film contient des textes inédits interprétés par Diam’s elle-même, ce qui rend cette explication totalement absurde… Plus largement, Fourest transforme un récit autobiographique en manifeste politique. Écrire que le documentaire « célèbre l’arrêt du chant et le voilement des femmes » revient à généraliser un parcours individuel pour en faire un message (voire un ordre!) adressé à toutes les femmes, sans jamais démontrer que le film porte effectivement cette prescription. L’argumentation se termine par une succession d’associations entre salafisme, voile, Bataclan, radicalisation et terrorisme. L’autrice ne se donne pas la peine de justifier le lien… De toute façon, si l’analyse critique et la justification étaient son fort, cela se saurait… Et puis, quel rapport avec la jeune coiffeuse algérienne ? Pourquoi préciser qu’elle est botoxée et maquillée ? J’ai du mal à suivre…
Fourest affirme qu’il ne faut pas séparer l’homme de l’artiste, mais l’œuvre de l’homme : « Il n’y a rien de féministe à vouloir annuler ou brûler une œuvre sous prétexte que son créateur ou sa créatrice, l’un de ses acteurs ou l’une de ses actrices, a mal agi ou se voit reprocher d’avoir mal agi. » Elle revendique donc une autonomie de l’œuvre d’art, qui ne devrait pas être injustement sanctionnée : « Les œuvres possèdent une âme propre. Elles méritent d’être jugées pour elles-mêmes et pour ce qu’elles nous inspirent. » (p. 124). D’accord mais dans ce cas, que fait-on des bouquins de Matzneff, éloges de la pédophilie qui racontent ses rapports sexuels avec des enfants ? Et des photographies d’Hamilton, qui constituent souvent des « avant/après » de viols ? Que fait-on de ces œuvres-là ? Pourquoi Caroline Fourest ne va-t-elle pas au bout de son raisonnement ? De plus, elle confond souvent censure et destruction. Les féministes dont Fourest parle n’ont pas pour vocation de détruire les œuvres, ce qui constituerait encore une fois une forme de blanchiment historique, cf. Laure Murat, mais de promouvoir d’autres modèles, d’autres œuvres et de privilégier d’autres artistes. Le cas de cancel culture qu’elle cite : des féministes qui refusent la rétrospective Polanski, qui a parlé de détruire ses films et de les rendre inaccessibles ?
Un peu de « Mediapart est très méchant et Franc-Tireur est exemplaire », et de « mes amis sont accusés, mais ils ne feraient jamais ça ! ».
La méthode personnelle qu’elle recommande pour déterminer si une accusation est crédible consiste à se demander si elle aurait été à l’aise, à vingt ans, seule dans un ascenseur avec l’homme accusé… pourtant, combien « d’hommes exemplaires » se sont avérés être des multirécidivistes ? Quant à la méthode professionnelle, elle consiste à vérifier s’il existe une multitude de plaintes… dommage pour celles qui seront des victimes uniques, ou les seules à oser témoigner!! Je ne dis pas avoir de meilleures astuces à donner et je sais à quel point il peut être difficile d’apporter des preuves dans les affaires de violences sexistes et sexuelles, mais je pense sincèrement qu’elle aurait dû s’abstenir…
J’ai lu les 2/3 du livre avec attention, puis je me suis contentée de survoler le reste en lisant des extraits de quelques chapitres. En définitive, Le Vertige MeToo est une œuvre très faible. Ce qui se présente comme une « analyse critique » est en réalité un essai égocentrique et totalement partial, qui se transforme souvent en procès, plus que malhonnête, de l’extrême gauche et des féministes non universalistes !!
September 17, 2024
✨ Merci a Netgalley pour la copie de cet essai.
Comme souvent chez Caroline Fourest, il y a du très bon et du vraiment pas bon du tout, ce qui est toujours très frustrant.
Le très bon d’abord, le recap de ce qu’était un monde pré Metoo et ce que le mouvement a permis. Toute la réflection sur le fait que le mouvement n’est pas une libération de la parole mais une prise en compte de cette parole (les femmes parlaient déjà avant) par la société et les autorités judiciaires. Une intéressante réflexion sur ce que je n’appellerai pas des dérives comme le fait Fourest, mais plutôt la conséquence logique d’un mouvement. Quand on se libère il arrive qu’on mélange un peu tout et qu’on puisse mettre certains comportements très différents au même niveau : une blague salace n’est pas un viol. Là où je ne suis pas d’accord avec l’autrice c’est que pour moi c’est comportements font parti d’un tout, ce tout qui compose une société sexiste qui quelque part autorise les comportements plus graves. Quant au fait que certains se concentrent plus certains cas que d’autres en fonction de leurs convictions politiques, ce n’est ni surprenant ni étonnant. Mais je peux comprendre que ça énerve .
Pareil sur les fausses accusations qui brisent des vies, que des gens au final soient innocentés (sur le plan judiciaire) ce ce dont on les accuse n’est ni surprenant ni nouveau. Ça arrive dans des affaires qui n’ont rien à voir avec Metoo. Les accusations brisent des vies mais Trump peut tranquillement se représenter aux élections. Là où je rejoins l’autrice c’est que la justice et les conséquences ne sont pas les mêmes selon son milieu social.
Un gros passage sur le monde du cinéma et pareil du très bon et du très mauvais (je vous jure c’est frustrant). Dénoncer certaines dérives où beaucoup règlent leurs petites affaires personnelles ok, mais utiliser des exemples comme Depp ou Polanski? Sérieusement. Alors elle ne dit pas que Polanski est une belle personne, mais qu’en gros c’était il y a longtemps donc on devrait passer à autre chose. Après comme elle je ne demande pas l’interdiction de l’œuvre de ces messieurs (je suis par contre partisane d’un boycott individuel, en accord avec ma conscience), mais je peux concevoir que ça gène quand on organise des hommages à ce genre de personne.
En bref je ne regrette pas de l’avoir lu parce qu’il y a des réflexions vraiment très intéressantes, mais alors (et c’est souvent le cas avec Fourest) pas mal de moments où on se dit « sérieusement? Ça veut le coup de passer du temps sur ça? »
Comme souvent chez Caroline Fourest, il y a du très bon et du vraiment pas bon du tout, ce qui est toujours très frustrant.
Le très bon d’abord, le recap de ce qu’était un monde pré Metoo et ce que le mouvement a permis. Toute la réflection sur le fait que le mouvement n’est pas une libération de la parole mais une prise en compte de cette parole (les femmes parlaient déjà avant) par la société et les autorités judiciaires. Une intéressante réflexion sur ce que je n’appellerai pas des dérives comme le fait Fourest, mais plutôt la conséquence logique d’un mouvement. Quand on se libère il arrive qu’on mélange un peu tout et qu’on puisse mettre certains comportements très différents au même niveau : une blague salace n’est pas un viol. Là où je ne suis pas d’accord avec l’autrice c’est que pour moi c’est comportements font parti d’un tout, ce tout qui compose une société sexiste qui quelque part autorise les comportements plus graves. Quant au fait que certains se concentrent plus certains cas que d’autres en fonction de leurs convictions politiques, ce n’est ni surprenant ni étonnant. Mais je peux comprendre que ça énerve .
Pareil sur les fausses accusations qui brisent des vies, que des gens au final soient innocentés (sur le plan judiciaire) ce ce dont on les accuse n’est ni surprenant ni nouveau. Ça arrive dans des affaires qui n’ont rien à voir avec Metoo. Les accusations brisent des vies mais Trump peut tranquillement se représenter aux élections. Là où je rejoins l’autrice c’est que la justice et les conséquences ne sont pas les mêmes selon son milieu social.
Un gros passage sur le monde du cinéma et pareil du très bon et du très mauvais (je vous jure c’est frustrant). Dénoncer certaines dérives où beaucoup règlent leurs petites affaires personnelles ok, mais utiliser des exemples comme Depp ou Polanski? Sérieusement. Alors elle ne dit pas que Polanski est une belle personne, mais qu’en gros c’était il y a longtemps donc on devrait passer à autre chose. Après comme elle je ne demande pas l’interdiction de l’œuvre de ces messieurs (je suis par contre partisane d’un boycott individuel, en accord avec ma conscience), mais je peux concevoir que ça gène quand on organise des hommages à ce genre de personne.
En bref je ne regrette pas de l’avoir lu parce qu’il y a des réflexions vraiment très intéressantes, mais alors (et c’est souvent le cas avec Fourest) pas mal de moments où on se dit « sérieusement? Ça veut le coup de passer du temps sur ça? »
August 28, 2025
C’est un livre intéressant, j’ai eu beaucoup de misère à lui mettre une note sur cinq. D’abord, parce que ça ne fait pas partie des lectures que je fais habituellement, et ensuite c’est difficile de classer un livre dans ce style au niveau de l’appréciation, puisqu’il s’agit d’une étude ou d’une chronique très étoffée d’un sujet très particulier.
C’est bien écrit et la première moitié est ultra intéressante. Par contre comme je n’avais pas réalisé que c’était une autrice française (de France et non du Québec) la deuxième moitié m’a beaucoup moins parlé puisqu’on y parlait beaucoup de gens et de choses qui se sont passées en France uniquement. J’aurais donc mis une note moins haute pour cette deuxième moitié que j’ai beaucoup moins apprécié, mais étant donné que c’était moi qui n’avait pas bien compris au départ qu’on y parlerait de la France, je n’ai pas eu envie de baisser ma note pour quelque chose qui était de mon erreur. J’y suis donc allée avec 13 qui cassait le livre en plein centre de mon niveau d’appréciation, car la lecture était intéressante et le livre s’est bien lu.
C’est bien écrit et la première moitié est ultra intéressante. Par contre comme je n’avais pas réalisé que c’était une autrice française (de France et non du Québec) la deuxième moitié m’a beaucoup moins parlé puisqu’on y parlait beaucoup de gens et de choses qui se sont passées en France uniquement. J’aurais donc mis une note moins haute pour cette deuxième moitié que j’ai beaucoup moins apprécié, mais étant donné que c’était moi qui n’avait pas bien compris au départ qu’on y parlerait de la France, je n’ai pas eu envie de baisser ma note pour quelque chose qui était de mon erreur. J’y suis donc allée avec 13 qui cassait le livre en plein centre de mon niveau d’appréciation, car la lecture était intéressante et le livre s’est bien lu.
December 30, 2024
Un livre pour sauver MeToo... de lui-même. Ou plutôt de ce que certains (es) voudraient faire de ce mouvement salutaire d émancipation des femmes et de liberation de leur parole : une arme de domination au service d'un féminisme identitaire, victimaire, séparatiste, ou pire encore d'ambitions personnelles... Telle une Sandrine Rousseau instrumentalisant MeToo pour dégager Julien Bayou, son rival chez les Verts... La pensée subtile et nuancée de Fourest fait énormément de bien par les temps qui courent. Récit bien écrit et rythmé. A lire sans modération.
June 2, 2025
Si vous n'avez pas le temps, lisez les trois dernières pages. Mais ce serait trop réducteurs pour comprendre kn sujet très complexe. Caroline Fourest montre avec brio comment un sujet nécessaire est parfois (souvent ?) dévié de ses intentions première pour régler des comptes, servir ses ambitions politiques, condamner sans procès... une lecture nécessaire qui ressemble malheureusement parfois à une liste à la Prévert qui parlera sûrement à ceux du milieu journaliste et cinématographique mais moins aux autres.
December 11, 2024
Metoo ou le basculement entre des siècles où la parole des victimes est systématiquement ignorée et une période où leurs accusations ne souffrent plus aucune forme de mise en doute. L'autrice dénonce les dérives du tribunal médiatique, défend la présomption d'innocence, un essai courageux qui va lui valoir je pense un lynchage en règle.
June 13, 2025
Une lecture très intéressante, quelque propos à nuancer où je ne suis pas en accord avec Caroline Fourest mais c est normal.
Le travail derrière cet ouvrage est phénoménal.
J ai appris beaucoup de choses
Le travail derrière cet ouvrage est phénoménal.
J ai appris beaucoup de choses
January 12, 2025
Ce livre ne sera sans doute lu que par les personnes déjà convaincues. Dommage.
October 16, 2025
Rien à dire, ce qu’il fallait dire est dit !
Une ode au féminisme, merci Caroline Fourest !
Une ode au féminisme, merci Caroline Fourest !
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