« Nous vivons une nouvelle révolution sexuelle. Après la libération, voici venu le temps du respect. Sept ans après MeToo, pas jour sans que l’arène publique ne soit secouée par des révélations qui rencontrent enfin l’écoute. Revers de la médaille, des hommes et quelques femmes sont mis dans le même sac MeToo pour des accusations très différentes, allant de graves agressions sexuelles à des malentendus sexistes. Il y a ceux qu’on soupçonne d’avoir employé la force ou exercé leur emprise, et parfois de simples éconduits, à qui l’on reproche une maladresse isolée. Il y a les prédateurs que plusieurs dénoncent, et ceux qu’une seule femme accuse. Il y a les relaxés faute de preuves, et les blanchis qui vivent toujours à l’ombre du doute… Dans cette liste, beaucoup de coupables, enfin exposés, et quelques innocents, brûlés vifs sur le bûcher médiatique. La honte a changé de camp, mais la meute aussi. Et sa guillotine est à géométrie variable, selon qui accuse et la notoriété de l’accusé. Comment reconnaître le faux MeToo du vrai ? Faut-il se fier uniquement à la presse ou attendre la justice ? Croire l’accusation sur parole ou respecter la présomption d’innocence ? Bannir à vie ou préférer une riposte graduée ? Ce livre a pour but de retrouver un équilibre, féministe et juste, après le vertige. »
C. F.
Du Mouvement de libération des femmes à l’après MeToo, de l’affaire Weinstein aux mille autres secouant le cinéma et les médias, jusqu’à son intime expérience, Caroline Fourest dissèque les ombres et lumières d’un séisme qui a changé nos vies. Un éclairage indispensable pour ne pas transformer une révolution en terreur, et garder le cap : celui de la lutte contre les abus de pouvoir. Cinquante nuances en zone grise. Pour sauver MeToo de ses excès
Caroline Fourest est une essayiste et journaliste française, militante féministe et engagée en faveur de l'égalité, de la laïcité et des droits de l'homme. Elle est diplômée en histoire et en sociologie de l'EHESS, et est également titulaire d'un DESS de communication politique et sociale, obtenu à la Sorbonne. Elle y a étudié la communication de crise (réactions aux boycotts et aux rumeurs), à laquelle elle a consacré un livre : Face au boycott. Rédactrice en chef de la revue ProChoix, elle donne des cours à l'Institut d'études politiques de Paris. Elle est également chroniqueuse au Monde et à France Inter.
Comme souvent chez Caroline Fourest, il y a du très bon et du vraiment pas bon du tout, ce qui est toujours très frustrant.
Le très bon d’abord, le recap de ce qu’était un monde pré Metoo et ce que le mouvement a permis. Toute la réflection sur le fait que le mouvement n’est pas une libération de la parole mais une prise en compte de cette parole (les femmes parlaient déjà avant) par la société et les autorités judiciaires. Une intéressante réflexion sur ce que je n’appellerai pas des dérives comme le fait Fourest, mais plutôt la conséquence logique d’un mouvement. Quand on se libère il arrive qu’on mélange un peu tout et qu’on puisse mettre certains comportements très différents au même niveau : une blague salace n’est pas un viol. Là où je ne suis pas d’accord avec l’autrice c’est que pour moi c’est comportements font parti d’un tout, ce tout qui compose une société sexiste qui quelque part autorise les comportements plus graves. Quant au fait que certains se concentrent plus certains cas que d’autres en fonction de leurs convictions politiques, ce n’est ni surprenant ni étonnant. Mais je peux comprendre que ça énerve . Pareil sur les fausses accusations qui brisent des vies, que des gens au final soient innocentés (sur le plan judiciaire) ce ce dont on les accuse n’est ni surprenant ni nouveau. Ça arrive dans des affaires qui n’ont rien à voir avec Metoo. Les accusations brisent des vies mais Trump peut tranquillement se représenter aux élections. Là où je rejoins l’autrice c’est que la justice et les conséquences ne sont pas les mêmes selon son milieu social. Un gros passage sur le monde du cinéma et pareil du très bon et du très mauvais (je vous jure c’est frustrant). Dénoncer certaines dérives où beaucoup règlent leurs petites affaires personnelles ok, mais utiliser des exemples comme Depp ou Polanski? Sérieusement. Alors elle ne dit pas que Polanski est une belle personne, mais qu’en gros c’était il y a longtemps donc on devrait passer à autre chose. Après comme elle je ne demande pas l’interdiction de l’œuvre de ces messieurs (je suis par contre partisane d’un boycott individuel, en accord avec ma conscience), mais je peux concevoir que ça gène quand on organise des hommages à ce genre de personne. En bref je ne regrette pas de l’avoir lu parce qu’il y a des réflexions vraiment très intéressantes, mais alors (et c’est souvent le cas avec Fourest) pas mal de moments où on se dit « sérieusement? Ça veut le coup de passer du temps sur ça? »
C’est un livre intéressant, j’ai eu beaucoup de misère à lui mettre une note sur cinq. D’abord, parce que ça ne fait pas partie des lectures que je fais habituellement, et ensuite c’est difficile de classer un livre dans ce style au niveau de l’appréciation, puisqu’il s’agit d’une étude ou d’une chronique très étoffée d’un sujet très particulier.
C’est bien écrit et la première moitié est ultra intéressante. Par contre comme je n’avais pas réalisé que c’était une autrice française (de France et non du Québec) la deuxième moitié m’a beaucoup moins parlé puisqu’on y parlait beaucoup de gens et de choses qui se sont passées en France uniquement. J’aurais donc mis une note moins haute pour cette deuxième moitié que j’ai beaucoup moins apprécié, mais étant donné que c’était moi qui n’avait pas bien compris au départ qu’on y parlerait de la France, je n’ai pas eu envie de baisser ma note pour quelque chose qui était de mon erreur. J’y suis donc allée avec 13 qui cassait le livre en plein centre de mon niveau d’appréciation, car la lecture était intéressante et le livre s’est bien lu.
Un livre pour sauver MeToo... de lui-même. Ou plutôt de ce que certains (es) voudraient faire de ce mouvement salutaire d émancipation des femmes et de liberation de leur parole : une arme de domination au service d'un féminisme identitaire, victimaire, séparatiste, ou pire encore d'ambitions personnelles... Telle une Sandrine Rousseau instrumentalisant MeToo pour dégager Julien Bayou, son rival chez les Verts... La pensée subtile et nuancée de Fourest fait énormément de bien par les temps qui courent. Récit bien écrit et rythmé. A lire sans modération.
Si vous n'avez pas le temps, lisez les trois dernières pages. Mais ce serait trop réducteurs pour comprendre kn sujet très complexe. Caroline Fourest montre avec brio comment un sujet nécessaire est parfois (souvent ?) dévié de ses intentions première pour régler des comptes, servir ses ambitions politiques, condamner sans procès... une lecture nécessaire qui ressemble malheureusement parfois à une liste à la Prévert qui parlera sûrement à ceux du milieu journaliste et cinématographique mais moins aux autres.
Metoo ou le basculement entre des siècles où la parole des victimes est systématiquement ignorée et une période où leurs accusations ne souffrent plus aucune forme de mise en doute. L'autrice dénonce les dérives du tribunal médiatique, défend la présomption d'innocence, un essai courageux qui va lui valoir je pense un lynchage en règle.
Une lecture très intéressante, quelque propos à nuancer où je ne suis pas en accord avec Caroline Fourest mais c est normal. Le travail derrière cet ouvrage est phénoménal. J ai appris beaucoup de choses