Très certainement l’une des meilleures lectures que j’ai faite dans la dernière année. Sur la forme, la chose est littéraire, très stylée et poétique. Sur le fond, il s’agit bel et bien d’un brillant essai sur le postmodernisme québécois et occidental décadent. Oscillant entre le regard nostalgique d’une esthétique conservatrice chateaubrienne et la critique politique acerbe propre au nationalisme québécois, Blanchard nous rappelle dans ce bouquin que le pessimisme est parfois un exercice de lucidité. Ne s’agissant pas d’un regard prescriptif, mais plutôt descriptif - tout au plus normatif par moment - La mère patrie encapsule avec une précision chirurgicale l’absurdité de cette époque déconstructiviste orwellienne ayant perdu ses repères.
Indirectement, Blanchard nous invite à faire l’ingénierie inversée et reconnecter avec la grandeur d’autrefois (québécoise comme humaine): culture, civilisation, esthétisme (quête du beau), histoire, vertus, religion, enracinement/oecuménisme, etc. De son regard proprement québécois, l’auteur nous rappelle constamment en filigrane, comme le disait Pierre Bourgault, que lorsque nous défendons la langue française au Québec, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule.
Il va sans dire que j’en recommande la lecture.