Le dialogue démocratique est-il encore possible alors que les médias sociaux et la joute politique favorisent les réactions épidermiques et polarisantes ? Comment sortir du cul-de-sac dans lequel nous sommes coincés et apprendre à discuter d’enjeux sociaux de manière à la fois robuste, inclusive et productive ? Car si nous sommes enclins à vouloir persuader l’autre, nous sommes étrangement démunis quand vient le temps de l’écouter et de nous laisser convaincre. Pourtant, tout échange authentique suppose que nous puissions avoir tort.
Afin de se retrouver dans cette cacophonie, l’auteur propose, avec une lucidité pleine d’humour, une lecture fine de notre époque, de ses limites comme de ses promesses. Convoquant Montaigne, il montre à quel point l’humilité, l’ouverture, la souplesse, la curiosité et l’écoute sont des vertus intellectuelles précieuses, que nous aurions plus que jamais intérêt à cultiver.
Excellent petit bouquin qui livre BARS après BARS sur la raison, la pensée critique, le débat, tous des sujets importants à l’ère numérique que nous vivons. Belle leçon d’introspection pour une obstineuse comme moi!! Le genre de livre que je relirais plusieurs fois. MERCI MATHIEU🤓
Je savais que ce serait intéressant, mais je n'avais aucune idée que j'aurais autant de plaisir à le lire. Ça m'a fait retomber amoureux de Montaigne et de l'humilité intellectuelle.
à la hauteur du prof exceptionnel qu’il est (!!!) c’était comme retraverser une partie de son cours, oui il enseigne réellement comme ça et oui il partage autant son amour de Montaigne.
Uma leitura muito estimulante, que poderá ser também um bom exercício para a nossa humildade intelectual. Martin Desroisers escreve de forma clara e elegante. Li este livro com verdadeiro gosto e interesse, com aquela sensação de estar na aula de um grande professor. O livro desmonta, pouco a pouco, aquilo que tantas vezes confundimos com pensamento crítico: argumentos que são, na verdade, extensões do ego; ideias defendidas não para compreender o mundo, mas para proteger a nossa identidade, em que convencer o outro é, muitas vezes, menos sobre a verdade e mais sobre manter intacta a imagem própria. Mesmo os argumentos mais eruditos podem ser apenas esgrima retórica ao serviço da necessidade de estar certo. Touché! A influência de Montaigne é evidente — e muito bem-vinda. Tal como ele, o autor valoriza a dúvida, a hesitação, a consciência dos próprios limites. Montaigne continua espantosamente atual porque sabia algo essencial: pensar não é afirmar-se, é observar-se. Este livro parece assumir exatamente essa atitude: curiosa, humilde e humana. A reflexão abrange várias dimensões: psicológica, ética, moral e científica, com especial atenção ao inquietante papel das redes sociais e dos seus algoritmos neste processo de afirmação das nossas convicções. Ao privilegiarem conteúdos que confirmam as nossas preferências e crenças, estes sistemas tendem a criar ambientes fechados, onde o confronto com o diferente é raro, ou seja, a lógica algorítmica funciona como um espelho viciado que nos devolve versões cada vez mais nítidas daquilo que já pensamos, já gostamos e já acreditamos… Pouco a pouco, isso convence-nos de que estamos certos, reduzindo o espaço para a dúvida. Um livro que nos vem lembrar de manter a curiosidade, de aceitar que podemos estar errados e a não “tomar a nossa ilha por único continente”.
« Lorsque le fait de changer d'idée implique que je doive changer d'identité, ce sera toujours trop cher payé. »
Ce livre me réconcilie avec ma quête de tout comprendre et de me positionner sur tout. Je me rends compte que ce n'est non seulement pas nécessaire, mais ni souhaitable, et que cette pression me vient de notre société où l'opinion et la défense de nos idées l'emportent sur la véritable discussion et l'apprentissage.
C'est un livre qui se lit rapidement. J'ai apprécié le style.
Meilleure lecture d’essai de 2025, accessible au grand public. À mettre dans tous les bas de Noel pour aiguiser nos compétences philosophiques, et nous faire agir avec bienveillance envers la santé du débat public!
«Est-ce que j’entre en dialogue dans le but d’abaisser mon interlocuteur ou d’impressionner mon public, ou mes efforts sont-ils voués, sincèrement, à l’investigation intellectuelle du problème qui nous occupe? M’arrive-t-il de me complaire dans certaines certitudes au point de me rendre allergique à toute contradiction? Me suis-je habitué à faire alterner des points de vue de manière à envisager un problème sous différents angles, ou suis-je incapable de sortir de moi-même? Dans quelle mesure suis-je à l’aise avec l’ambiguïté, l’indécis, la nuance?»
Un essai court et efficace dont les réflexions m'habitent profondément, surtout en cette période des fêtes, propice aux soupers de famille lors desquels la chicane pogne assez vite. Mais comme l'auteur le dit si bien, ce n'est pas le fait qu'on se chicane trop, le problème, mais qu'on se chicane mal. Réapprenons à dialoguer, écouter, remettre en question nos propres certitudes. Et surtout, cessons de voir la communication argumentative comme un combat avec un gagnant et un perdant, et visons plutôt la compréhension mutuelle et l'élévation des idées. C'est absolument nécessaire en cette époque de polarisation où la nuance a malheureusement rarement sa place.
De belles pistes d’introspection à faire (et à refaire) sur notre manière de dialoguer, sur nos réelles intentions/motivations s’y cachant derrière (souvent teintées de vanité) et sur nos biais cognitifs. Ce livre nous invite à réfléchir avec Montaigne sur notre humilité, notre ouverture aux autres, les limites de notre souplesse intellectuelle et l’importance de cultiver notre curiosité.
L’art de dialoguer se développe par une remise en question de soi, par le développement de vertus intellectuelles et par l’ouverture à l’autre. Une formule essentielle à retenir afin de favoriser une discussion saine et enrichissante.
Bonne réflexion sur la facilité que nous avons aujourd'hui d'émettre notre opinion, particulièrement sur les réseaux sociaux, sur tout et son contraire, mais en étant trop souvent bien peu à l'écoute de celle des autres. J'ai trouvé beaucoup de perles tout au long des chapitres (voir mes surlignements), notamment sur l'humilité (une vertu qui se perd...), l'ouverture (aux autres), accepter d'avoir tort (ou ne pas toujours avoir raison), la curiosité comme qualité et l'apprentissage de ne rien dire, ne pas réagir. Par sucroit, par hasard, l'auteur était à une émission des décripteurs (voir sur tou.tv Émission du 22 février 2025 vers la minute 18) et j'ai trouvé ses commentaires très justes et complémentaires à la lecture. Un bon essai de temps en temps, ça fait du bien!
Une des rares prises de parole pour dénoncer le phénomène actuel de la polarisation des opinions, notamment dans les réseaux sociaux, en suggérant une attitude propre à la discussion où chacun fait place à l'écoute de l'autre.
Tout au long de ce petit essai, Martin Desrosiers nous invite à un temps d'introspection et s'en remet à Montaigne qui, quatre siècles après sa mort est toujours aussi pertinent et nous enseigne comment développer un sens critique envers soi pour laisser place à l'humilité, au doute, à la curiosité et à la générosité.
Pour avoir vu Montaigne au cégep avec Martin, lire son livre m’a replongé dans ma nostalgie. Un livre qui pousse à la réflexion. La reconnaissance que chercher à pousser et tester les limites de notre connaissance de manière humble et ouverte grâce à soi-même et les autres. Cela nous permet de découvrir le monde extérieur et notre monde intérieur qui tout les deux sont riches en diversité.
L'introspection et la remise en question seraient bénéfiques au monde si enseignées dès l'âge de compréhension. Un essai intéressant pour un processus autoréflexif.
L'art de ne pas toujours avoir raison : ou Penser contre soi-même avec Montaigne, de Martin Desrosiers, parte de uma intuição relevante: a decadência da qualidade do discurso público não resulta de discutirmos demasiado, mas de discutirmos mal. A referência a Montaigne surge como convite à autocrítica, à suspensão do ego e à capacidade — cada vez mais rara — de pensar contra si próprio.
O livro toca num ponto sensível do nosso tempo: a confusão entre inteligência e habilidade retórica. Em particular, quando certos populismos de direita são frequentemente apelidados de “inteligentes”, mesmo por quem não é seu admirador, o que se reconhece não é pensamento crítico, mas destreza argumentativa. Essa habilidade, longe de revelar abertura intelectual, denuncia muitas vezes uma arrogância estrutural: não há espaço para a autocrítica, apenas para a reafirmação performativa da própria posição.
Desrosiers acerta ao sublinhar como estamos hoje excessivamente colados às nossas ideias, ao ponto de qualquer ataque a uma posição política ser vivido como um ataque pessoal. Pensar torna-se identidade; discordar torna-se agressão. A evocação de Montaigne é pertinente, mas fica mais evocada do que verdadeiramente aprofundada — quase como uma conferência elegante, mais do que um ensaio que arrisque verdadeiramente pensar contra si próprio.
Há ainda passagens francamente problemáticas, como quando o autor afirma: “Tudo se passa, portanto, como se a possibilidade de mudarmos de sexo ou de preferências sexuais de forma livre e consciente se tivesse tornado mais intuitiva do que a ideia de que poderíamos, com a mesma liberdade e inteligência, mudar de identidade política.” A comparação é não só intelectualmente pobre como conceptualmente infeliz, simplificando realidades incomparáveis e enfraquecendo o argumento que pretende sustentar.
No conjunto, é um livro com boas intenções e algumas intuições certeiras, mas excessivamente impessoal, pouco arriscado e, paradoxalmente, pouco autocrítico para um ensaio que faz da autocrítica o seu núcleo
Cet essai est une invitation à à s’ouvrir aux nuances et à chercher des espaces de dialogue. Ce livre est un véritable voyage intellectuel qui fait rire et qui donne espoir. Tout le monde peut en tirer quelque chose. Amoureux de philo, ceux qui ont des mauvais souvenirs et tous entre ces pôles!
L'enseignant de philosophie, aborde la question de la « polarisation affective », un phénomène + en + présent dans notre société. En s'accompagnant de sages paroles de philosophes, dont Montaigne, il nous propose des outils pour résister aux dérives idéologiques qui menacent le dialogue démocratique.
Parmi les différentes vertus à cultiver, deux ont attiré mon attention.
1. L'humilité intellectuelle 2. L’appel à la curiosité, cette capacité à rester ouvert aux autres et à soi-même. Pour Montaigne, ça passe par l’observation quotidienne et la remise en question de nos certitudes.
Coup de coeur pour les passages sur la politique et de l’animosité idéologique qui gangrènent les échanges et la transpartisanerie.
En nous confrontant aux risques de cette radicalisation émotionnelle, il nous rappelle l’importance de préserver le débat d’idées sans sombrer dans l’hostilité.
Je n'ai pas vraiment aimé ce petit essai. J'ai trouvé que le point de vu centriste appelant au compromis ne met pas l'accent sur la défense de l'intérêt commun dans le discours qu'il produit, mais bien sur le compromis. En plus, revenir constament à Montaigne n'est pas nécessaire pour démontrer le point que l'auteur défend. 1.3/5
Déconstruire le stéréotype de bâtir un argumentaire pour « gagner » le débat. Penser autrement. Se questionner. Tendre vers l’humilité. S’ouvrir à la fluidité des opinions : celles des autres mais surtout les nôtres. Pour des échanges où règnent idées et écoute.
Une belle réflexion sur les discussions. Je me suis reconnue et j'ai aussi reconnus plusieurs de mes interlocuteurs. Lecture très intéressante qui va certainement améliorer mes prochains échanges. Du moins, je l'espère.
Bien, mais pas révolutionnaire. Un livre dont l'impact pourrait être maximisé s'il était écrit de manière plus accessible et qui ressemble un peu trop à un résumé de l'œuvre de Montaigne. De bons rappels néanmoins. (: