Virginie Aladjidi née Ducol est à la fois conceptrice de livres jeunesse et coordinatrice éditoriale. Elle a publié de nombreux livres, notamment chez Bayard Jeunesse et Thierry Magnier. Puis chez Albin Michel Jeunesse.Elle vit actuellement à Paris.
Quel joli album poétique pour s’intéresser à un phénomène souvent méconnu de la population lambda : l’apparition d’îles à la suite d’éruption volcanique ou de tremblement de terre.
Un sujet hautement intéressant du point de vue scientifique mais que les autrices, ici, ont choisi de traiter d’une manière décalée, que j’ai trouvé fort originale. Avec Manon Diemer, jeunesse illustratrice passionnée de photo, elles ont eu l’idée de créer une sorte de carnet de bord illustré façon »photographies-témoins » pour commenter l’apparition et l’évolution de cette île. Brillant !
Avec leurs quatre mains, Caroline Pellissier et Virginie Aladjidi, qui ont l’habitude des documentaires, ont rédigé un vrai carnet simple mais documenté qui relate, pour de vraie, le destin de cet îlot de sa naissance à nos jours, à l’aide d’un texte simple et sobre qui va à l’essentiel, se faisant l’allié parfait des illustrations marquantes de Manon Diemer.
J’ai énormément apprécie le mélange des deux, qui donne des allures poétiques à ce phénomène scientifique et géologique courant mais peu mis en avant. Avec l’exemple véridique de l’île de Surtsey, une île vierge classée par l’Unesco, elles nous montrent comment elle est devenu un laboratoire à ciel ouvert et ce qu’il y a à y étudier. Renforcé par l’appui des dessins, façon photos d’art, de Manon, les textes simples de Caroline et Virginie vont droit au but et permettent au jeune lecture de ce faire une idée rapide de ce qui a lieu, appuyé par les illustrations qui sont vraiment splendides et à qui on offre la place de s’exprimer.
Alors certes, j’avoue que j’ai été un peu frustrée qu’on aille si vite, qu’on ait si peu de pages pour passer d’une année, voire d’une décennie à l’autre. J’aurais aimé des explications supplémentaires car j’avais le sentiment que l’île avait encore plus à offrir. Mais ce petit moment de contemplation en mode suspendu d’un phénomène incroyable se jouant sous nos yeux était splendide, de même que y voir y arriver la vie avec parcimonie puis richesse. C’était assez incroyable. Il ne manquait que les sons et les odeurs pour y être ! Il faut dire que les planches de Manon sont particulièrement expressives, avec un petit air d’estampes japonaises, même ! Et vous connaissez mon amour pour le Japon ❤
Voilà une nouvelle façon de proposer un documentaire, entre reportage photo et scientifique et objet d’art et de poésie de l’instant. C’est sobre, c’est simple (un peu trop parfois pour moi) mais c’est très beau et cela laisse le lecteur songeur face aux merveilles de la nature ! Préservons-la.