Une nuit de décembre, Maude Fournier a commis le crime le plus terrible qui soit, un acte que la société ne semble pouvoir envisager qu'en voyant en ceux qui s'en rendent coupables des monstres ou des fous. Le docteur Gomez, expert psychiatre embauché par la défense pour se prononcer sur la responsabilité criminelle de l'accusée, ne croit pas qu'elle soit un monstre. Comment expliquer alors que cette femme posée, médecin comme lui et mère en apparence aimante ait pu commettre l'irréparable ?
Au confluent de plusieurs drames, Le Roi-Soleil pose la question difficile de ce qu'il advient de notre humanité dans la noirceur la plus totale
Gros trauma-avertissements. Informez-Vous avant de lire ce livre si des sujets spécifiques sont sensibles pour vous.
L’écriture de l’autrice est efficace et chirurgicale. Dès les premières pages j’avais des frissons partout sur le corps. J’étais tétanisée. Le premier chapitre est un coup de pelle au visage et ça glace le sang.
Au delà de la trame narrative principale, le roman aborde la douleur des femmes : les femmes en colère, les femmes qu’on diagnostique folles, les femmes qu’on ne croit pas. C’est un roman qui aborde le vedettariat et l’impunité de ces personnes, tout comme le fameux boys club.
C’est intelligent, c’est percutant et c’est crissement vrai, d’où le pourquoi ça fait autant mal.
Quelques petites situations « right on » dont je veux me souvenir :
« Les gens préfèrent ignorer à quel point la frontière entre les meurtriers et les autres est mince, circonstancielle, et le fait que la pulsion de tuer se trouve dans la partie primitive du cerveau de tout être humain. » p126
« la vérité scientifique ne fait pas toujours le poids devant la logique juridique et, […] entrepreneuriale »p124
« Si vous voulez faire d’un homme un monstre, traitez-le comme un dieu. »p142
« On a dit de ma sœur tout au long de sa vie qu’elle avait des problèmes mentaux. Au fond, c’est plus simple de faire passer la colère des femmes pour des troubles psychologiques, ça permet à tout le monde de fermer les yeux sur ce qui les enrage. « P192
Un roman fort, coup de poing. Une femme a tué sa fille. Qu'est-ce qui l'a menée à ça? Elle va raconter son histoire à un psychiatre qui tente de prouver qu'elle n'était non criminellement responsable. De tout ça va émerger une histoire de famille...
Un style simple, direct, une histoire terrible et une héroïne à qui on s'attache malgré tout. Très bonne lecture, percutante.
1. J’ai aimé la narration. Ce livre nous offre un changement de ton dans notre manière de juger l’histoire de Maude. Un mal nuancé du côté clinique. Un mal émotif et laid du côté du personnage principal.
Mais j’en aurais voulu plus.
2. J’ai aimé cette façon de questionner le système carcéral face à un crime qui ne connaîtra jamais de récidive de la part du personnage principal. On tergiverse beaucoup, comme lecteur, pour comprendre la portée de ce geste odieux.
Mais j’en aurais voulu plus.
3. Le réalisme des dénonciations. Les points d’ancrage de chaque personnage pour nous dévoiler leur part d’ombre. Et la manière dont tout cela se répercute sur leur vie. Toutes ces expériences me sont inconnues. Mais je me sentais interpellée par les secrets de Maude et de Anouk. Je trouvais leur déception et leur peur légitimes.
Mais j’en aurais voulu plus.
4. J’ai vraiment aimé la dualité qui subsistait entre le rapport des femmes entre elles et la société dans laquelle elles évoluent. J’ai trouvé le tout ironique, véridique, triste, mesquin. Un portrait peu flatteur, mais actuel quant aux sujets tabous qui subsistent encore dans nos maisons. Certains disent que c’est - trop - québécois comme lecture. Moi je le trouve applicable à l’ensemble des sociétés occidentales.
Mais j’en aurais voulu plus.
✨ Au final, j’ai vraiment aimé ce livre. Mais il est trop court. J’aurais voulu plus de fiction pour me laisser la chance de tomber de plus haut avec les dernières page du récit.
4 ⭐️ Mais quelle histoire !!!!!! Maude Fournier, maman de Léa a tuée sa propre fille par vengeance contre son ex conjoint Jason. On découvre les secrets de la famille au fil de l’histoire. Louise, la mère de Maude. Le Roi Soleil, le père / acteur / médecin très connu du public et sœur Anouk, grande sœur de Maude. Les sujets abordés sont à glacer le sang. Abus de pouvoir, meurtre, pédophilie etc. C’est pas doux comme histoire, mais ça fais réfléchir énormément.
(3/5) Ce roman m'a captivé au point de le lire d'une traite.
Cependant, le style d'écriture, fait de phrases très courtes, rend la lecture parfois saccadée, ce qui a légèrement nui à mon immersion dès le début.
Les personnages sont le point fort du livre (on s'attache vraiment à certains d'entre eux).
Toutefois, le dénouement était prévisible et la manière dont certains enjeux sociaux sont abordés m'a semblé forcée, comme si l'autrice cherchait à intégrer des messages plutôt que de les laisser émerger naturellement du récit.
Bref, une bonne lecture somme toute, avec des thèmes importants.
Il faut définitivement lire les triggers warnings avant de débuter cette lecture.
Je viens de terminer ce roman et suis partagée. Est-ce que je l’ai lu rapidement et avais hâte de connaître la suite ? Oui Est-ce que ce sont des thèmes d’actualité amenés de façon réalistes pour faire réfléchir à des enjeux sociaux ? Oui Est-ce que je lirais un autre roman de cette autrice ? Oui
Mais j’ai trouvé qu’il manquait de ressenti émotionnel malgré la lourdeur (je pense qu’il faut le lire pour comprendre ce que je veux dire). Je n’ai pas été siiiiii bouleversée alors que c’est bouleversant. En fait, je me sens confuse de ne pas être plus bouleversée en repensant au contenu que je viens de lire…
Je crois que cela est dû à l’écriture intellectualisée et rationalisée de l’autrice. En thérapie, c’est le moment où je demanderais à mon patient de me donner accès à son mode émotif et de laisser ses défenses d’intellectualisation de côté… je pense qu’il me manquait cet aspect pour attribuer une note plus haute.
J’avais aussi espoir qu’on irait dans une histoire un peu différente. Je pensais qu’il y aurait un aspect transférentiel entre l’histoire d’Anouk et celle de Léa. Il me semble que ça aurait été tellement intéressant !
Quand on connaît le cheval de bataille de Dre Cotton, on comprend la fin et l’objectif derrière ce roman.
Je ne peux pas aller trop dans les détails de mon analyse afin d’éviter les spoilers…
3.5* Une sorte de reprise de l'histoire de Guy Turcotte mais avec un personnage féminin dans le rôle du personnage principal - choix tout au moins intrigant étant donné les statistiques qu'on connaît sur les morts violentes.
Le style d'écriture de Marie-Ève Cotton se lit bien. J'ai ressenti la colère aveuglante et l'injustice profonde que vit Maude jusque dans mes entrailles. Toutefois, même si le roman se joue surtout sur la curiosité morbide qu'on ressent face à ces faits divers monstrueux, il n'a pas tout-à-fait réussi à satisfaire la mienne. J'ai aussi trouvé la fin un peu trop prévisible à mon goût.
J’ai acheté ce roman au Salon du livre après avoir assisté à une table ronde à laquelle l’autrice participait. Sa profession – psychiatre - me laissait présager une histoire riche en émotions et en suspense — et je n’ai pas été déçue.
J’ai entamé la lecture outillée seulement de l’information que m’avait fournie la quatrième de couverture. Dès les premières pages, j’ai été frappée de plein fouet par l’horreur du crime : Maude Fournier, médecin, est accusée d’avoir tué sa fillette de cinq ans.
Impossible de poser le livre. Je voulais suivre le docteur Gomez, expert psychiatre embauché pour évaluer la responsabilité criminelle de Maude au moment où elle a commis l’irréparable. À travers leurs échanges, j’ai vu se former un volcan de colère — lentement, inexorablement — jusqu’à son explosion.
Grâce à un style à la fois clinique et littéraire, Marie-Ève Cotton maintient une tension constante. Chaque chapitre, chaque mot, m’a permis de mieux comprendre Maude, ses failles, ses motivations.
Ce roman m’a profondément dérangée — et pourtant, je l’ai adoré.
Le livre était classé en policier à la librairie.. mais c'est c'est du québécois pur et dur; pauvreté, dépression, alcoolisme, inceste, viol, infidélités. Les moeurs de la vie.
Je suis certaine que ça peut plaire à plusieurs, mais ce n'est pas ma tasse de thé, malheureusement puisque ce n'est pas du tout un roman policier. C'est plus une explication de pourquoi la personnage principale a tué sa fille. Ça tend vers l'histoire de Guy Turcotte, je dirais!
Je viens de terminer ce livre. Je ne suis pas encore décidée sur la note, je vais y réfléchir. C'est un livre qui a des triggers warnings, c'est mieux de s'informer avant, au cas où. J'ai aimé l'écriture, ce n'est pas toujours facile à lire, il y a des passages plus difficiles, mais j'ai aimé. Je me sens un peu à l'envers suite à ma lecture, et pour moi ça mérite une bonne note quand le livre me fait vivre beaucoup d'émotions.
Ce roman m'a vraiment captivé, malgré le filicide commis par la mère, je n'ai pu m'empêcher de compatir avec ce qu'elle a vécu. On veut toujours en savoir plus et c'est déstabilisant et vraiment fâchant. Je recommande, je l'ai lu d'une traite. Mais j'ai trouvé que ça finissait un peu trop abrupte.
"On a dit de ma soeur tout au long de sa vie qu'elle avait des problèmes mentaux. Au fond, c'est plus simple de faire passer la colère des femmes pour des troubles psychologiques, ça permet à tout le monde de fermer les yeux sur ce qui les enrage." ❤️🩹
Je suis pas une amatrice de true crime et de faits divers sordides, et contrairement à d’autres, je ne crois pas que c’est ce que ce roman avait à mettre de l’avant.
Malgré les thèmes tabous abordés, ce roman visait surtout à analyser la complexité du geste épouvantable qu’est l’infanticide. Ceci est fait à partir d’une étude de cas, fictive, mais très juste dans son analyse psychique, ce qui est peu surprenant puisque l’auteure elle-même est psychiatre (pis probablement bonne).
Mais personnellement, j’ai trouvé que le vrai thème principal de ce livre était les relations de pouvoir entre les hommes et les femmes, et les différentes façon dont l’abus est perpétré, enduré et vécu. Ici aussi on a droit à diverses études de cas, avec trois femmes issues d’une même famille mais profondément différentes les unes des autres, et qui réagissent différemment à cet abus. (J’essaie de surfer la ligne de faire un review pas de spoilers, là.)
Moi j’ai apprécié le style d’écriture. C’était assez factuel et droit au but, ça avait l’efficacité d’une excellente note clinique. Le livre étant court, je l’aurais sûrement dévoré in one sitting, si je l’avais pas commencé tard hier soir.
Je lui ai donné 4 étoiles initialement parce qu’au final ce livre ne m’a pas fait vivre de grandes choses mais je réalise en écrivant ceci que j’ai pas mal juste du bon à dire fa que savez-vous quoi, je lui redonne sa cinquième étoile, on est fous de même. Je vais assurément lire le premier roman de cette auteure.
C'est difficile de vouloir parler de ce livre sans en dévoiler les mystères, donc ma critique sera brève. Percutant, destabilisant et surtout... humanisant. On a ici un livre d'une noirceur incroyable avec, au coeur de ses pages, une famille qui se révèle couche par couche.
L'auteure a choisi d'aborder un sujet difficile et polarisant: l'infanticide. Sans jamais excuser le geste de Maude Fournier, l'auteure retrace ce qui a pu arriver pour mener à ce drame. C'est difficile à lire, parfois, mais c'est aussi très difficile à délaisser: je l'ai lu d'une traite. Je me suis mise à éprouver de la compassion et de l'empathie pour le personnage principal. Je n'excuse nullement ce qu'elle a commis, mais le contexte aide grandement à mieux comprendre. Comme quoi on ne peut pas seulement se fier à ce qu'on voit dans l'immédiat.
Je ressors de cette lecture un peu grandie, un peu plus mature, mais aussi avec plus de compassion envers ce que les autres peuvent vivre en cachette. C'est une lecture humanisante, malgré ses sujets déshumanisants et je crois que ce livre mérite d'être connu et lu malgré sa grande noirceur. À lire et découvrir absolument!
Ouf ! Quel dur roman, qui s'ouvre avec une scène affreuse : celui d'une femme qui tue sa propre fille. Avertissement, ce livre ne sera pas pour tout le monde. Mais si le thème ne vous répugne pas, sachez que j'ai lu ce livre en une seule shot.
La première partie est d'une froideur totale, clinique : comme un rapport de psychiatre. On vous expose les faits, comme ils sont, et on vous pose la question : la place de Maude Fournier est-elle en prison ?
Mais la 2e partie s'élance encore plus joliment, avec le retour d'Anouk. C'est là qu'on découvre l'ampleur de la colère de Maude. Colère d'avoir eu un père vedette absent, colère d'avoir dû être une mère pour sa propre mère, colère d'avoir perdu sa soeur sans explications, colère d'avoir mis ses rêves de côté pour un mari qui la trompe au final. Le thème de la colère féminine est très peu exploité ; l'effacement féminin est vu comme une normalité, plutôt que comme un défaut de fabrication sociétal. Et quand la colère prend le contrôle, elle est fatale.
Bon. Mettons que la scène du témoignage de la soeur dans le tribunal est UN PEU intense. Dans le sens que ça fait spectaculaire et pas réaliste, contrairement au reste du livre, et que la conclusion aurait pu être la même seulement avec une discussion entre les deux soeurs. Mais passons.
Le gros défaut de ce livre...c'est qu'il est trop court ! J'en aurais pris plus, plus de profondeur sur les personnages, plus de réflexions sur le système judiciaire.
Lu sans possibilité de le refermer. J'ai apprécié le rythme de l'écriture, le vocabulaire employé, bien que parfois cru, mais d'une grande justesse. Un sujet difficile, intense, touchant, abordé d'un œil différent, portant réflexion, avec un regard de l'intérieur.
Je recommande ce roman, en prévenant qu'il faut être prêt à lire une histoire d'infanticide, et tout ce qui entoure sa complexité.
J'ai refermé ce livre chamboulée, le coeur serré, touchée par ce que je venais de lire.