AUTISM FOR ALL THE “RAIN MEN” IN THE WORLD
Daniel Tammet is an Asperger’s patient, hence autistic, at the savant end of the spectrum. His nine minds are mostly males, a few females, to prove the point that autism is not exclusively male. He wants to demonstrate with these cases that autism can lead to excellence. So, he chose those who had already proved they were capable of some greatness.
When you are autistic, there is a “disorder” medical side in it, but there is also, and that is the most important one, a “syndrome” side. The Syndrome side does not come from genes or even congenital elements in your life, or that of your parents. The “syndrome” side is the result of experience and the social-cultural-ideological environment. If you are vision-impaired at birth, something quite congenital indeed, if the world forgets or neglects to notice and does not do what is necessary to accompany the newborn, or even – cruelty or humor, though both idiotic? – makes fun of the strange way that newborn does things by closing his eyes to let his hands pile up his blocks or put upright his skittles, you cannot be surprised that he will lock himself, or herself, in his own ego-nutshell and reject the hostile outside world. He will be looking for an escape, for a place where he will be by himself, alone but protected against the “hostile” because “non-empathetic” world and the monstrous shadows agitating themselves and agitating you from the outside.
That’s what Tammet is looking for, but at the same time, he is discreet and moderate as to the invasion of privacy such a search would be. So, he actually does not go to the real deep roots of the personal equations of these nine people. Some of the cases are poignant. Some other cases are simply banal. Tammet does not look for the cruel cases for whom the situation in which they are plunged is pure torture, if not retribution for the disorder these cases may introduce in the normalcy of the lives of people around them. It also shows, of course, how inappropriate the care needed for and by these autistic people is, how frustrating this care is, and some may say it is voluntarily alienating for the persons concerned, actually the autistic child and his parents.
If you read this book with all the love and care any child should get, all the empathy and help they deserve, you might come to the idea that every single person is responsible for what these autistic children get, which means when an autistic child is mistreated, all the people around are ethically and morally responsible, accountable for this negative situation. The point is that social services and medical services will at once pretend they have more than enough cases, and too few personnel to be able to find the time to look after these autistic cases. True or false? Probably both, but have these professional people really done what was needed, what is needed, for the situation to change? Of course not, since they had to think of the damage caused by alcoholism, starvation or malnutrition, basic material wants and needs, sexual perversion (what is that word, perversion?), physical abuse, etc. So, autistic children are at the bottom of the emergency list. They did nothing, or at best, these professionals defended and developed a fully ostracized service that is so closed up, marginalized, and stigmatized, that no mentally decent parent will accept their children to be tied up in that psychiatric straitjacket.
And if the autistic person is an Asperger’s patient, who cares? Let them be savant, and like Einstein invent a formula nearly one century before it can be proved true or false. Let everyone invent their equation and basta! E = mc2 and, as we all know, the sun shines where it is not night and cloudy. At night, all cats are black. In the shade, all colors are grey. In a straitjacket, all movements are constrained, restrained, and ego-strained. into a depressive syndrome, even a psychotic disorder, if not a schizophrenic delirium tremens. And the three are emerging “out of the depths,” in two words “De Profundis.” So, let them stay there. Is that barbaric? Probably. But who cares?
Dr. Jacques COULARDEAU
VERSION FRANÇAISE
L'AUTISME POUR TOUS LES « DUSTIN & TOM » DU MONDE
Daniel Tammet est atteint du syndrome d'Asperger, donc autiste, et se situe à l'extrémité surdouée du spectre de l’autisme. Ses neuf « personnages » sont majoritairement masculins, avec quelques femmes, afin de prouver que l'autisme n'est pas exclusivement masculin. Il souhaite démontrer, à travers ces cas, que l'autisme peut mener à l'excellence. C'est pourquoi il a choisi des personnes ayant déjà prouvé leur capacité à accomplir de grandes choses.
L'autisme comporte un aspect médical de « trouble », mais aussi, et c'est le plus important, un aspect de « syndrome ». Ce syndrome n'est pas d'origine génétique ni lié à des facteurs congénitaux, ni à votre vie ni à celle de vos parents. Il résulte de l'expérience existentielle et de l'environnement socioculturel et idéologique. Si un enfant naît malvoyant, une malformation congénitale, et que le monde oublie ou néglige de le remarquer, ne fait pas le nécessaire pour l'accompagner, voire – par cruauté ou par humour, aussi absurde que cela puisse paraître – se moque de sa façon étrange de manipuler les objets, les yeux fermés, ses mains empilant ses cubes ou dressant ses quilles, il n'est pas surprenant qu'il se replie sur lui-même, dans une coquille de noix, et rejette le monde extérieur hostile. Il cherchera un refuge, un lieu où il pourra être seul, protégé de ce monde « hostile » car « insensible », ainsi que des ombres monstrueuses qui s'agitent et le tourmentent de l'extérieur.
C'est ce que recherche Tammet, mais avec discrétion et modération, sans s'aventurer au cœur même de l'intrusion que constituerait une telle quête dans la vie privée. Ainsi, il ne s'attaque pas aux véritables racines des relations personnelles de ces neuf personnes. Certains cas sont poignants, d'autres simplement banals. Tammet ne s'intéresse pas aux cas cruels où la situation dans laquelle ils sont plongés relève de la pure torture, voire d'une forme de châtiment pour le désordre qu'ils peuvent engendrer dans la vie de leur entourage. Il montre aussi, bien sûr, à quel point les soins prodigués à ces personnes autistes sont inadaptés, frustrants, et certains diront même qu'ils aliènent volontairement les personnes concernées, en l'occurrence l'enfant autiste et ses parents.
Si vous lisez ce livre avec tout l'amour et l'attention qu'un enfant mérite, avec toute l'empathie et l'aide auxquelles il a droit, vous pourriez en venir à l'idée que chacun est responsable du sort réservé à ces enfants autistes. Autrement dit, lorsqu'un enfant autiste est maltraité, toutes les personnes dans son environnement proche sont moralement et éthiquement responsables de cette situation négative. Le problème, c'est que les services sociaux et médicaux prétendent être débordés et manquer de personnel pour s'occuper de ces personnes autistes. Vrai ou faux ? Probablement les deux, mais ces professionnels ont-ils vraiment fait le nécessaire pour que la situation change ? Bien sûr que non, puisqu'ils devaient penser aux dégâts causés par l'alcoolisme, la faim ou la malnutrition, les besoins matériels fondamentaux, les perversions sexuelles (que veut donc dire ce mot, perversion ?), les violences physiques, etc. Résultat : les enfants autistes sont relégués au second plan. Ces professionnels n'ont rien fait, ou au mieux, ils ont défendu et développé un service totalement ostracisé, tellement fermé, marginalisé et stigmatisé qu'aucun parent sain d'esprit n'accepterait que son enfant soit enfermé dans ce carcan psychiatrique.
Et si la personne autiste est atteinte du syndrome d'Asperger, en quoi importerait-elle ? Qu'elle soit donc un génie, et qu'à l'instar d'Einstein, elle invente une formule près d'un siècle avant qu'on puisse en prouver la véracité. Que chacun invente son équation et le tour est joué ! E = mc² et, comme chacun le sait, le soleil brille là où il ne fait pas nuit et où le ciel est sans nuages. La nuit, tous les chats sont noirs. À l'ombre, toutes les couleurs sont grises. Dans une camisole de force, tous les mouvements sont contraints, bridés, et l'ego est étouffé. Cela peut mener à un syndrome dépressif, voire à un trouble psychotique, si ce n'est pas un délirium tremens schizophrénique. Et ces trois phénomènes émergent « des profondeurs », en deux mots : De Profundis. Alors, laissons-les donc y rester. Est-ce barbare ? Probablement. Mais qu'importe ?
Dr Jacques COULARDEAU