Leurs jours sont comptés. Quelques mois, à peine une poignée d’années. Un cauchemar. Dans un instinct de survie, on chasse les pourquoi, ceux qui rendent fous. On se concentre sur le comment. Comment faire ? Comment vivre ? Un matin sans courage, la phrase du cancérologue Jean Bernard résonne à la radio : « Ajouter de la vie aux jours, quand on ne peut ajouter de jours à la vie. » Elle éclaire notre chemin. Elle devient notre étoile dans le ciel d’encre.
Alors, on ajoute de la vie, on essaye tout du moins, et de l’amour surtout, aux jours de Thaïs, jusqu’à ses trois ans trois quarts, à ceux d’Azylis jusqu’à ses dix ans et demi. Et puis aux nôtres aussi.
On apprend le bonheur autrement. La joie des petits riens, la vie dans l’instant. On savoure les pas de côté, l’éclat des rires malgré la peine. Et on pleure. Beaucoup. Ensemble. On comprend que la consolation ne chasse pas la souffrance, elle apporte la paix. Celle qui permet de vivre sa peine sans peur..
Anne-Dauphine Julliand @rosanbelle "Ajouter de la vie aux jours".