Au cœur d’une famille en pleine implosion, le beau-père atypique capte toutes les attentions. Mythomane, dépensier, capricieux, suicidaire, généreux, élégant, clochardisé, sincère, menteur, enthousiaste, dépressif, Jacques est tout cela à la fois. Entre la France et la Côte d’Ivoire, il entraîne la narratrice, sa sœur Irène et leur mère dans un tourbillon qui finira par le tuer.
Depuis toujours, Florence Seyvos est comme hantée par ce personnage mystérieux… et toxique. Avec Un perdant magnifique , elle n’a jamais été aussi proche de la vérité. Une vérité douloureuse qu’elle restitue avec ce mélange de pudeur et de violence qui est sa marque de fabrique. Comme dans Le Garçon incassable , son plus grand succès à ce jour, elle parvient à poser un regard précis, parfois cruel, sur toutes les situations, mais avec une délicatesse infinie.
J'ai beaucoup aimé ce court texte, probablement du fait qu'il était court. L'autrice nous raconte son enfance avec un beau-père aussi faible psychologiquement qu'exubérant. C'est fascinant de voir un personnage aussi décalé de la réalité, tout en arrivant à nous y faire croire de bout en bout.
J’ai trouvé le livre très bien écrit. On se plonge facilement dans les quelques pages de ce texte. Mais je ne suis pas sûr d’avoir compris la fascination de la famille pour cet homme fantasque qui tombe dans l’autoritarisme. Peut-être que la construction non-chronologique du récit m’a fait perdre de vue pourquoi les gens l’aimaient au début. Par ailleurs, le dernier chapitre apporte une révélation qui pourrait pousser l’auteure à creuser, mais elle préfère s’arrêter là. Je n’ai pas parfaitement adhéré. Reste une belle plume
Assez déçue de ce livre qui a reçu le prix du livre Inter 2025. Le récompenser face a "mon vrai nom est Élisabeth", vraiment? Je ne dirai pas que c'était insipide mais quasi insignifiant et oubliable.
Florence Seyvos décrit dans Un perdant magnifique, les dernières années de la relation d’un père par une fille (en fait son beau-père), plutôt admirative, malgré toute l’étrangeté de son comportement. Magnifique, Jacques l’est assurément. Personne ne peut le contredire. Malgré tout, tout le monde le trouve irrésistible, mais pas tout à fait ses deux belles filles. Perdant, il semble l’être aussi tant il a promis que la belle affaire arriverait, bientôt, mais elles savent qu’elles devront toujours attendre !
Car Anna, la narratrice, quatorze ans, vit au Havre avec sa mère et sa sœur aînée Irène, âgées de deux ans de plus qu’elle. La famille s’était installée à Abidjan où sa mère continue quelque temps et de façon irrégulière à accompagner son mari dans ses affaires commerciales.
À aucun moment, Florence Seyvos évoque le trouble psychique dont semble souffrir Jacques. Pourtant, la description de ses excès et de sa dernière phase de dépression l’évoque grandement. Jacques est un dépensier sans limite qui fait régner un ordre et une énergie à sa démesure. Sa femme semble ne s’apercevoir de rien sauf à chercher à combler ses dépenses ou ses échecs. Ses belles-filles savent que rien ne tourne rond, mais font tout pour ne rien en laisser paraître, et même éprouvent certaines fois une attention attendrie, surtout à la fin de sa vie.
Florence Seyvos raconte combien il absorbe toute l’énergie de la famille. D’ailleurs, Anna et sa sœur soufflent lorsqu’il retourne à Abidjan pour ses affaires, même si tout le monde doit continuer de le soutenir à distance.
Florence Seyvos décrit l’adolescence empêchée de ces deux jeunes filles. Honteuses d’un comportement que leurs amis ne doivent pas voir, mais qu’il faut soutenir pour empêcher qu’il ne s’effondre. En même temps, il les regarde avec amour et affection. Alors que leur mère, notamment avec Anna, lui fait jouer des rôles qui ne concernent pas une jeune fille de son âge. Le vertige entre la mère qui devrait protéger ses filles, et ses filles qui la remplacent lorsqu’elle le décide, comme ça l’arrange, révèle aussi les failles de cette relation maternelle.
Septième roman de l’écrivaine scénariste, Le perdant magnifique est saisissant de précision sur l’époque, sur les failles de ses personnages et sur les conséquences sur le vécu de chacun. D’une écriture ciselée, Florence Seyvos étonne par cette fiction si frappante de justesse par rapport au réel tout en maintenant des zones de flou magnifiques ! Seulement, l’écrivaine ne revendique aucunement la particularité de son sujet, comme si elle ne voyait, comme la plupart des retours dithyrambiques, qu’un être fantasque, juste Un perdant magnifique ! Chronique illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Portrait de famille recomposée : une mère et ses deux filles fascinées par un beau-père mythomane. Florence Seyvos décortique avec soin et délicatesse, les relations subtiles et complexes de ces quatre personnages.
Florence Seyvos, née en 1967, n'a pas volé son succès et a déjà raflé plusieurs prix, notamment pour Le garçon incassable (2014). Avec Un perdant magnifique (déjà couronné du Prix Livre Inter 2025 et d'autres encore), elle s'inscrit dans le mouvement très tendance de ces auteurs français pour qui le meilleur roman est celui de leur propre vie. Cette autofiction qui a envahi nos librairies, on aime ou on n'aime pas c'est selon, mais indéniablement Florence Seyvos se distingue du lot grâce à son travail sur l'écriture et peut-être aussi parce qu'elle a su mettre un peu moins d'auto et beaucoup plus de fiction dans sa recette : un mélange plutôt réussi.
Les années 80 (avec plein de petits détails amusants qui datent !). Une mère, Maud, deux filles d'un premier mariage, Irène et Anna (la narratrice), et un beau-père, Jacques. Une famille en plein tourbillon, mère et filles habitent au Havre, de retour d'Abidjan où Jacques travaille toujours. Il revient les voir régulièrement, disparaît, réapparaît, tel le lapin d'un prestidigitateur. Magicien, il l'est, assurément. Il sait comment hypnotiser son public, sa famille assise au premier rang. Le lecteur juste derrière. « [...] Nous ne parlions pas du fait que nous avions le sentiment de vivre avec un fou. Pourtant depuis des années, le soir, sous nos yeux , Jacques allait se coucher, une carabine à l’épaule. Parce qu’il était persuadé que des gens pouvaient venir nous attaquer la nuit. »
Le beau-père Jacques, c'est lui Le perdant magnifique. Il est dépensier, instable, impatient, inconséquent, égoïste, autoritaire, imprévisible, irresponsable, ... Mais il est aussi, flamboyant, fascinant, affectueux, gentleman, héroïque, joyeux, charmeur, ... Les deux listes pourraient s'allonger encore et encore et même se mélanger car quand on est un peu l'un, on est aussi un peu l'autre. Aucune violence dans cet homme (c'est pourtant très tendance, ça aussi) même s'il est incroyablement toxique et si ses magnificences causent pas mal de dommages collatéraux. Ce perdant magnifique on va le découvrir par les yeux des femmes de sa vie : Anna, sa sœur et leur mère.
Plus qu'au bonhomme, le roman s'intéresse plutôt aux trois femmes que Jacques subjugue et tient sous son charme. Mais il ne s'agit pas d'une fascination naïve et béate. La relation de ces quatre-là est bien plus subtile, ambiguë et compliquée que cela. On n'en dévoile pas plus mais c'est assez passionnant et l'on dévore ce petit bouquin, avide de comprendre ... si tant est que l'on puisse comprendre.
Et puis bien sûr, il y a la prose de Florence Seyvos. Factuelle, simple, anecdotique, quasiment dépourvue d'introspection, de sentiments. C'est toute la puissance de ce roman qui laisse au lecteur le soin d'imaginer (sans gros effort : les faits relatés sont transparents) d'imaginer les sentiments de ces trois femmes prises tour à tour dans la tourmente de ce magnifique perdant. « [...] Nous nous étranglons de rire en silence pour ne pas que notre mère nous entende, nous rions comme des hyènes en frappant la table, nous en tombons presque de nos chaises, nos larmes ruissellent. » Au lecteur le soin de juger si ces larmes sont de joie ou de désespoir. Ou d'un peu des deux. Voilà un portrait de famille tendre et attachant (tiens, on serait pas fasciné, nous aussi ?).
Livre très court qui nous dépeint le personnage de Jacques, grandiloquent beau-père dont la folie des grandeurs et le fort caractère emplissent tout l'espace de la maison où les deux sœurs, travaillés entre la honte, l'effarement et une certaine affection ne savent où se placer. La mère, transparente pour laisser de la place à Jacques tente désespérément de ramener tout ce beau monde à la réalité car ce n'est pas le récit d'une victoire, vous l'aurez compris. C'est étonnant de voir ce petit monde d'une petite bourgeoisie qui s'ignore se déliter petit à petit à mesure des décisions économiques absurdes guidées par une fuite en avant. La tragédie étant écrite, c'est avant tout une longue description des personnages qui s'écoule tout au long de ce texte dont l'écriture si fluide, nous absorbe dans la contemplation de ce perdant magnifique.
Un perdant magnifique (“A Magnificent Loser”) follows the eccentric Jacques, his wife Maud, and her teenage daughters. The story takes place across Le Havre, Abidjan, and Rome, in the 1980s. The plot is akin to watching a slow-motion car crash as Jacques’ poor business decisions, grandiosity, and impulsivity lead the family into financial destitution. Seyvos’s careful character study keeps you engaged in what is otherwise a slow and atmospheric novel. Un perdant magnifique felt like an Éric Rohmer film translated into prose: intimate and observant.
Plus de bruits que d'effets pour ce roman, que j'ai lu essentiellement parce que l'on m'en avait beaucoup parlé. Certes, le personnage pourrait être flamboyant. Mais le texte est court, et il ne permet d'en montrer que quelques éclats disparates. La chronologie est cabossée, comme les personnages, les émotions se contentent d'affleurer sans que rien n'aille souvent plus loin que la surface. Un peu décevant pour ma part, même si ça reste bien écrit (mais je devrais le savoir que je ne suis pas le public pour ce genre d'ouvrages)
Assez unique et étrange..: pendant la lecture une sensation de peu d’intérêt… pas vraiment d’histoire… à la fois l’envie d’arrêter de lire et une sorte d’inquiétude et de fascination un peu morbide pour ce personnage… une fois le livre terminé j’en garde une impression finalement plutôt heureuse de parfaitement connaître le caractère principal et d’aimer, plaindre, et détester tout à la fois ce personnage…
Au début, je n’avais aucune compassion pour cet homme, Jacques. Je croyais l’avoir cerné pour ce qu’il était : un homme manipulateur, étrange, méchant et égoïste.
Et puis j’ai eu de la compassion pour lui, à mesure que l’autrice décrivait sa déchéance
Mais j’aurais aimé qu’on parle davantage de sa mère, elle qui a subi dans le silence sa vie
Roman très touchant qui fait le portrait d’une famille recomposée à la tête de laquelle règne le perdant magnifique. Même s’il faut bien l’avouer, le récit le donne plus perdant que magnifique. Le livre est très agréable à lire, mais on aurait aimé une description un peu plus complète de ce personnage à minima original.
Délicieux. Un père rêveur qui va et vient entre la France et la Côte d’Ivoire mais qui n’arrive pas à avoir du succès dans ses affaires. Pourtant c’est cet esprit rêveur et fou qui nous oblige à l’aimer ou au moins à ne pas le haïr. Le récit d’une jeune fille qui essaie de comprendre cette personne exotique.
Un récit gris, triste, mélancolique qui laisse derrière lui une certaine amertume. Ce qui est fort et prégnant est l’ambiance qui se dégage ; lourde et chargée. Les personnages entretiennent entre eux des relations complexes, difficiles à définir.
Une atmosphère douce-amère, qui m’a rappelé le Diabolo-menthe, l’ambivalence des sentiments, le plaisir et la peur mélangés de ne pas être comme tout le monde, c’est tout ce qui m’a plu dans ce livre. Peut-être que l’intrigue m’a laissé sur ma faim
Magnifique roman. Dès les premières lignes, j'ai beaucoup apprécié le style de cette autrice. Les allers retours dans le temps créent une superbe atmosphère. On est irrité et fasciné par le personnage de Jean, et fréquemment bouleversé.
une lecture aussi attachante que le personnage qu'elle représente, un être fantaisiste, fantasque et fou... quelqu'un qui mettrait tellement de couleurs dans les vies mornes, même si le prix en est si élevé. une autrice dont je lirai d'autres textes.
Touchant, l’histoire d’un beau-père aimant mais fantasque. Écriture simple, mais avec jolies métaphores. Une belle histoire familiale avec des non-dits tristes et de la mélancolie.
novel about a mythomaniac stepfather - reminded me a lot of one of one of Bellow's Great Man characters (a Humboldt, an Einhorn), although FS is far less digressive.very nicely observed, touching
L’histoire est très bien raccontée, la lecture facile par la curiosité provoquée par le destin du personnage- quand même évident vu le titre. Je suis un peu surpris tout de même du prix octroyé.
De Florence Seyvos, j'avais été enthousiasmée par un précédent roman, Le garçon incassable, touchée par l'écriture et par la tendresse qui se dégageait d'une histoire simple et sans éclat.
Cette fois, le héros est Jacques, le beau-père de Anna, la narratrice. Après son divorce, la mère d'Anna et d'Irène, a épousé cet homme originaire du Havre et installé à Abidjan où il fait des affaires. Quarante ans plus tard, Anna se souvient de leur vie en Côte d'Ivoire puis au Havre, où elles sont venues habiter dans les années 80, alors que Jacques est resté en Afrique. Ses visites plus ou moins régulières rythme la narration, faisant alterner l'illusion du bonheur et les fins de mois angoissantes.
Une fois encore, c'est un sujet de roman qui ne paye pas de mine et pourtant, l'écriture de Florence Seyvos en fait une merveille. L'émotion pointe à chaque page, on comprend le trouble de la narratrice, son conflit de loyauté face à un homme imprévisible, tyrannique, généreux et immature. On perçoit ses étonnements d'enfant puis d'adolescente face à la fantaisie séduisante de Jacques puis sa prise de conscience des difficultés dans lesquelles il les plonge, sa mère, sa soeur et elle, par son inconséquence.
Ce que j'ai aimé dans ce roman, c'est la manière dont Florence Seyvos installe un climat d'instabilité, fait ressentir la précarité où vivent la mère et ses deux filles, à partir du point de vue d'Anna, par la description d'évènements du quotidien, des épisodes cocasses ou dramatiques racontés légèrement, sans pathos.
Une réussite qui a séduit les lecteurs du jury du Prix du Livre Inter 2025.
Roman court qui raconte des moments de vie d’une famille recomposée au travers des yeux d’Anna, la plus jeune fille. Sa mère s’est remariée avec Jacques, le « perdant magnifique » du titre. Celui-ci est fantasque, généreux et autoritaire, persuadé de pouvoir faire fortune en Afrique mais se couvrant de dettes. Anna, sa sœur Irène et leur mère (et moi aussi à la lecture) sont à la fois fascinées et exaspérées par ce personnage attachant mais incapable d’apporter la stabilité à sa famille car complètement détaché des réalités quotidiennes. Les mots sont justes, l’autrice décrit parfaitement les sentiments que ressent Anna au moment de son adolescence et devant ce beau père imprévisible mais qu’elle aime. J’ai pensé pendant la lecture à la mère instable du roman « en attendant Bojangles », ces romans font aimer les personnages originaux, différent, en marge de la société.