QUI ENTRE DANS CETTE MAISON N’EN RESSORT PAS VIVANT
Maud, vingt-cinq ans, entretient une relation fusionnelle avec sa mère. Quand sa psychiatre lui explique que ce lien l’empêche de s’épanouir, la jeune femme décide de prendre ses distances avec la figure maternelle.
Jusqu’au jour où Maud découvre sur son répondeur un message paniqué de cette dernière. Un message qui se conclut par « Je l’ai tué ».
Maud se précipite dans la maison de son enfance. Commence alors une chasse au trésor funèbre qui va l'amener, pièce par pièce, à exhumer d'inavouables secrets de famille…
UN JEU DE PISTE DIABOLIQUE UN SUSPENSE INSOUTENABLE UNE EXPÉRIENCE DE LECTURE INOUBLIABLE
Cofondatrice des Louves du polar, Chrystel Duchamp est l’autrice de quatre puissants thrillers salués par les lecteurs et la critique : L’Art du meurtre, Le Sang des Belasko, Délivre-nous du mal et L’Île des souvenirs.
Chrystel Duchamp est-elle obsédée par le foyer, ce lieu qui, par essence, est celui où nous devrions nous sentir le plus en sécurité ? « Où tu seras reine » a pour théâtre une maison qui, comme « Le sang des Belasko », rime avec déraison, crevaison ou encore oraison (funèbre). Il y est aussi question d’absence de protection, et de remontées gastriques de relations familiales putrides.
C’est la relation à la mère qui est traitée ici, une relation asphyxiante et délétère qui a plongé Maud, vingt-cinq ans dans des années de thérapie. Lors d’un changement de psychothérapeute, il est décidé que Maud doit d’émanciper, prendre de la distance avec cette mère toxique, pour s’offrir une vraie chance d’autonomie. La fille et la mère consentent à cette distance imposée… jusqu’à l’arrivée d’un message de cette dernière qui affirme « Je l’ai tué ». Paniquée, Maud se précipite dans la maison de son enfance où l’attendent quelques ébranlements dont elle n’est pas prête de se relever.
« Où tu seras reine » réunit à la fois les déambulations de la jeune fille dans sa maison et ses errances internes, souvenirs violents, traumatismes divers et références à sa maladie : la schizophrénie. Imaginé comme un huis clos introspectif, entre failles et non-dits d’une famille, le roman entraîne son héroïne par le fond… comme son lecteur ! Préparez-vous à l’asphyxie.
Dans mon parcours de lectrice, j’ai eu l’occasion de lire énormément de thrillers, polars, et autres romans noirs. Certains sont marquants par leurs personnages, d’autres par les ramifications de la construction, d’autres encore, par leur atmosphère. Dans cette dernière catégorie, ils sont peu à avoir laissé une marque au fer rouge dans mon esprit. Il y a eu le « Délicieuce » de Marie Neuser, « Le manufacturier » de Mattias Köping, « Nous sommes les chasseurs » de Jeremy Fel et les romans de Maud Mayeras. Ce que je veux dire, c’est que certains romans suscitent autant de fascination que de répulsion. Le lecteur est en proie à un terrible dilemme : jeter le livre à la poubelle, où le classer dans la catégorie « bijou » émotionnel.
Après avoir refermé « Où tu seras reine », j’ai été précisément placée devant ce choix. Je me suis longuement interrogée sur la « qualification » de ce roman, et sur ce que j’allais en dire. Et, pour le dire franchement, j’ai hésité entre la répulsion totale (en me disant que je n’avais jamais lu quelque chose d’aussi « malaisant »), et l’admiration d’avoir su provoquer ces symptômes (entre nausées et profonde angoisse). J’ai été tentée de l’arrêter dix fois, de le reprendre tout autant, de le brûler, d’en parler, de me taire, tant ce qui se dégage de ce texte suscite d’émotions, parfois contradictoires. N’est-ce pas justement le propre de la littérature de nous faire ressentir des émotions ? De nous faire réfléchir ? De nous emporter vers des univers qui nous sont totalement étrangers ?
Chrystel Duchamp ne fait aucun compromis dans des scènes très graphiques, ou les souffrances psychologiques de son héroïne. L’écriture est presque clinique pour dépeindre avec une certaine brutalité, un univers mental extrêmement oppressant. Il en est de même pour les relations dépeintes entre Maud et sa mère, où le lecteur sent bien que les dynamiques en présence sont tout sauf saines. Il y a l’ascendant d’un bourreau sur une proie qui joue avec maestria de la culpabilité, de l’amour parental toxique à coup de sacrifice que l’on se charge bien de rappeler…
Mais ce n’est pas le pire. « Où tu seras reine » est une succession d’errances de Maud que l’on découvre à travers son cheminement dans la maison : jardin, cuisine, placard, salon, salle à manger, chambre de maman, chambre de Maud, dépendance. (Le placard revient d’ailleurs quatre fois, tout sauf un hasard.) Chaque pièce sert à la fois l’état psychologique de la jeune fille, mais aussi les découvertes qu’elle va y faire. Chaque pièce raconte une histoire, comme si les murs avaient la parole.
Il n’est pas anodin que ses cheminements commencent par le jardin (alors qu’elle aurait pu se précipiter dans la maison au regard de l’urgence). Le jardin fait écho à la vie et au renouveau, état d’origine de Maud avant de pénétrer dans la maison. L’endroit qu’elle découvre, malgré la mention faite à la chanson de Trenet, n’a rien d’extraordinaire : il est en friche. Devenu un espace sauvage et délaissé, il évoque le chaos émotionnel dans lequel elle se trouve alors.
Toute la suite du roman est calquée symboliquement sur le même schéma. La cuisine, cet endroit qui est le cœur de toute maison, réconfortante et chaleureuse, devient ici un lieu de tension et de découverte macabre. La sécurité émotionnelle vient définitivement de tomber. Ainsi, du salon à sa chambre personnelle, entre passé et présent, souvenirs d’une enfance opaque et d’une vie d’adulte difficile à construire, « Où tu seras reine » verra « Rejaillir le feu, De l’ancien volcan ».
Je veux m’attarder un instant sur le placard visité quatre fois. En psychanalyse, il est relié au secret et à l’introspection, mais il peut aussi faire penser à une répression des souvenirs, à un lieu de sécurité, ou, au contraire, de grande vulnérabilité. Le placard représente une dualité, en totale adéquation avec l’état d’esprit de Maud, en transition entre la réalité et le passé, la maladie et la tentative de guérison, et donc le conscient et l’inconscient.
L’ensemble de « Où tu seras reine » va traiter de différentes thématiques. D’abord, il y a la relation mère-fille, fusionnelle, presque obsessionnelle, où l’amour étouffe plus qu’il n’aide à se construire. Cet empoisonnement de l’affection, la culpabilité qui en découle, en fait un carcan de soumission, de dépendance, et d’emprise dont il est impossible de se soustraire. L’amour démesuré d’apparence protecteur, mais terriblement culpabilisant, a eu sur Maud l’effet d’un détonateur qui l’a fait basculer dans la maladie.
Car, la schizophrénie est l’autre thématique forte du récit, un personnage à part entière. Je connaissais peu de chose sur cette maladie mentale, mais Chrystel Duchamp lui donne vie : hallucinations, paranoïa, bouffées délirantes, déformation de la réalité… « Où tu seras reine » nous plonge au cœur de la maladie, dans un chaos indescriptible qui contribue à accentuer le malaise dont je vous parlais plus haut. À tel point qu’il est impossible de savoir réellement ce qui relève de symptômes, et ce qui relève du passé traumatique. L’ensemble est un tourbillon de ressentis longtemps calfeutrés qui explose en 317 pages.
Chrystel Duchamp est cofondatrice des Louves du polar, un collectif visant à promouvoir et rassembler les autrices de polar. Je voulais terminer par dire que « Où tu seras reine » prouve qu’une femme toute douce et si souriante est capable de nous entraîner dans des tombeaux de noirceur où l’inconfort psychologique, la charge émotionnelle et la construction audacieuse, n’ont rien à envier à leurs homologues masculins.
Vous l’aurez compris, « Où tu seras reine » est un roman noir opaque et sépulcral. Grâce à une construction labyrinthique ingénieuse, Chrystel Duchamp offre une immersion totale au cœur de la psyché humaine et des liens mère-fille. Elle danse sur un fil au-dessus d’un abîme. La progression architecturale dans la maison déverrouille petit à petit les portes d’un cheminement intérieur. À chaque pièce franchie, Maud progresse vers une vérité enfouie.
« Où tu seras reine » balaie les codes du genre en mariant une forme hardie et ardue à un fond si oppressant qu’il est susceptible de provoquer du rejet. Prenez du recul et savourez.
Une plongée dans les abysses d’une folie si palpable qu’elle en devient contagieuse.
Il faut préciser que j’ai vraiment pris sur moi pour lire ce roman. En effet, j’ai vécu de nombreuses années avec une personne atteinte de schizophrénie, et franchement, ce genre de récit m’est difficile. En toute transparence, les premiers chapitres ont été compliqués, car les descriptions de la schizophrénie m’ont ramenée à des souvenirs personnels et douloureux. Les débuts ont été compliqués entre Maud et moi. J’étais accrochée aux pages comme à une bouée de sauvetage…Je ne regrette néanmoins pas d’avoir accepté ce voyage dans les confins de la folie.
Chrystel a su m’emporter grâce à sa plume envoûtante et d’une incroyable sensibilité. J’ai été conquise par la profondeur et la justesse de son écriture, qui parvient à traduire des émotions complexes tout en nous immergeant dans une intrigue palpitante. Ce qui au départ me semblait un chemin semé d’épines s’est transformé en un voyage littéraire saisissant. Au final, ce roman s’est imposé comme un véritable coup de cœur, me laissant à la fois bouleversée et admirative.
Le roman commence avec une tension qui monte en flèche lorsque Maud, jeune femme de vingt-cinq ans, reçoit un message vocal déconcertant de sa mère. Ce dernier se termine sur des mots glaçants : « Je l’ai tué ». Portée par une relation fusionnelle, presque toxique, avec la figure maternelle, Maud se précipite dans la maison de son enfance. Elle y découvre un décor digne d’un cauchemar : un lieu envahi par des détritus, reflet du syndrome de Diogène dont souffre sa mère.
« Je ferme les paupières et supplie la maladie d’intervenir sur ce qu’elle sait faire le mieux : débrancher le fusible de mes émotions. Cette garce refuse d’accéder à ma requête et je n’ai pas d’autre choix que de subir la crasse qui m’entoure. »
Chrystel articule son roman de manière originale, chaque chapitre correspondant à une pièce de la maison. Au fil de sa progression, Maud est confrontée à des secrets enfouis et à une véritable descente aux enfers. L’horreur est omniprésente, non seulement dans le décor mais également dans les détails psychologiques des personnages. La lecture est immersive et oppressante, chaque nouvelle porte ouverte devenant un passage vers une réalité toujours plus insoutenable.
D’autant plus que Maud est notre narratrice. Ce qui est astucieux de la part de Chrystel, puisqu’en nous plaçant directement dans la tête de Maud, la narration devient un véritable outil de confusion. Le lecteur vit ses perceptions altérées et partage son incertitude face à ce qui est réel ou non. Le point de vue instable de Maud devient une passerelle vers une expérience quasi sensorielle de la folie. On ressent ses angoisses, sa détresse et sa lutte intérieure. Cette proximité nous pousse à l’empathie, même lorsque ses pensées ou actions deviennent dérangeantes. Cette narration à la première personne renforce également l’aspect claustrophobique du récit. Tout passe par Maud et le lecteur est enfermé dans son monde, incapable de prendre du recul. Cette technique invite le lecteur à questionner ce qu’il lit, créant une dynamique interactive où il devient presque un enquêteur, essayant de démêler le vrai du faux. Et croyez-moi, il y a de quoi s’y perdre.
Maud est un personnage complexe, atteint de schizophrénie, je l’ai déjà mentionné en début d’article. L’autrice excelle à nous plonger dans son esprit, distordant la réalité à mesure que les pages se tournent. Les hallucinations et les perceptions biaisées de Maud renforcent le sentiment de confusion du lecteur, qui se demande sans cesse où s’arrête la vérité et où commence le délire. Et étant donné mon expérience, je vous confirme la justesse de la description de cette pathologie à la fois terrible pour le malade et terrifiante pour l’entourage.
« Aucun contact avec les membres de ma famille, pas un seul ami, pas de lien avec mes collègues de travail et, pour finir, pas de mec. Toutefois, je ne subis pas mon célibat. Je m’interdis toute relation amoureuse pour deux raisons. La première, aucun homme n’accepterait de vivre avec une tarée ; la seconde, seule maman mérite mon amour. »
En parallèle, l’accumulation compulsive de détritus, symbole de l’effondrement psychologique de la mère, est décrite avec un réalisme glaçant. Cette maladie met en lumière les répercussions d’un tel trouble sur l’environnement familial, ici amplifié par la relation dysfonctionnelle mère-fille. La maison devient une métaphore de la dégradation mentale et physique des protagonistes. Le lecteur, pris dans un étau, oscille entre compassion et effroi.
Les relations toxiques mère-fille sont parfaitement illustrées. Ce lien étouffant, nourri de culpabilité et d’attachement malsain est au cœur des dilemmes émotionnels du personnage principal. La quête de vérité de Maud devient aussi une tentative pour se libérer de cette emprise.
La plume de Chrystel est immersive, stylisée et même poétique ! Si, si, malgré l’horreur décrite, elle parvient à insuffler une touche de lyrisme. Elle allie finesse et brutalité pour décrire des thématiques sombres. Un modèle d’efficacité. Elle parvient à rendre l’invisible tangible, à transformer la douleur psychologique en images puissantes et universelles. Les descriptions sont crues, viscérales et ne laissent aucun répit. Les décors sordides de la maison, les états d’âme torturés de Maud, tout est dépeint avec une intensité telle que le lecteur se retrouve happé dans cet univers malsain.
Ce qui fait la force du roman, c’est aussi son rythme parfaitement maîtrisé. Chaque chapitre révèle une pièce de la maison, mais aussi un morceau manquant du puzzle. Cette progression donne une dynamique quasi cinématographique, entre suspense insoutenable et rebondissements inattendus.
Comme à son habitude, Chrystel nous offre une fin à couper le souffle. Sans dévoiler les détails, il est certain que le lecteur referme ce livre exsangue, son esprit en ébullition. L’auteure joue brillamment avec nos attentes pour nous surprendre une fois encore. Cette conclusion, à la fois logique et bouleversante, marque les esprits et confirme le talent de l’auteure pour manipuler les émotions du lecteur.
« Où tu seras reine » est bien plus qu’un simple thriller : c’est une exploration de la folie humaine, un voyage dans les méandres de la psychologie, une expérience littéraire qui ne laisse pas indemne. Chrystel frappe fort, avec une intrigue originale et des personnages d’une profondeur exceptionnelle. C’est un roman qui dérange, captive et fascine tout à la fois. Une œuvre magistrale, à lire absolument pour tous les amateurs de thrillers psychologiques.
A noter que le livre en lui-même est soigné, avec de jolies illustrations pour introduire les chapitres.
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Comme si l’expérience de lecture ne suffisait pas à elle seule, Chrystel nous réserve une surprise de taille à la fin du roman : un QR Code nous conduit vers une immersion musicale de plus de vingt minutes, prolongeant l’univers sombre et fascinant de l’histoire. Une idée originale et audacieuse, parfaite pour celles et ceux qui en redemanderaient encore ! Cette écoute m’a tout simplement mis la chair de poule….Petite mise en garde toutefois : cette vidéo contient des révélations majeures sur l’intrigue, alors veillez à ne l’explorer qu’une fois le livre refermé (Musique : Menkroy • Textes : Chrystel Duchamp • Voix : Sabrina Livebardon / Chrystel Duchamp / Eric Barge).
Je remercie les Editions Verso et Chrystel pour cette lecture.
« Les symptômes se sont amplifiés, drainant toujours plus de bouffée délirantes. Ces harpies surgissaient n’importe où, n’importe quand, brutales et insaisissables, avec pour objectif commun d’empoisonner mon existence. Elles m’enivraient de leurs psalmodies impures, gangrène cérébrale qui détruisait mes neurones à petit feu. Face à la fureur de leurs assauts, je courbais l’échine et ployais le genou. »
Au départ, la simplicité de l’écriture fait très roman Young Adult. Puis à la page 44, cet effet s’estompe et le niveau de langue se modifie légèrement.
L’autrice maîtrise l’art du sens du suspense à merveille. Ça m’intriguait tellement que j’ai émis de nombreuses hypothèses au fil de la lecture. D’habitude, j’embarque dans les histoires en me laissant porter. Je ne suis pas du genre à faire enquête. Je me laisse raconter. Mais ici, c’était plus fort que moi d’essayer de trouver comment ça allait se finir, qui avait fait quoi. C’est dire à quel point c’est réussi ! Tout comme le personnage de la mère fait de l’accumulation compulsive, on tourne les pages avec compulsion. Il est très difficile de fermer le livre pour dormir.
Les descriptions sont hyper efficaces. Il ne faut pas être dédaigneux, parce qu’en matière de crade et de dégoûtant, on est servi ! Pas à peu près ! Bon, la présentation du syndrome de Diogène est bien assez claire, bien qu’un peu didactique par moment. Je me suis aussi posé des questions sur les choix de Maud. Mais pourquoi ?!?!
À la fin, le dévoilement se fait à grande vitesse, alors que le reste était plutôt lent. Ça m’a donné l’impression qu’on garrochait ça. Cependant, c’est à peine une petite gêne au plaisir de lire. À peine. C’est un bon roman qui te capture, qui te captive et qui te fait décrocher. À savourer goulûment !
Lire Où tu seras reine, c’est un aller tout droit direction méandres de la folie humaine.
Je vous cache pas que la lecture de ce roman est difficile. Déjà âmes sensibles s’abstenir tant certaines descriptions sont dégoûtantes. Ici on assiste à un cluedo géant où les personnage principaux sont une maison habitée par une personne souffrant du syndrome de Diogene (je vous laisse donc imaginer) et une jeune femme atteinte de schizophrénie qui en parcourant l’une après l’autre chaque pièce de la maison de son enfance, tisse les pièces du puzzle d’un passé bien trop flou.
Il faut aimer les rythmes lents et très descriptifs, et surtout ne pas être trop sensible aux descriptions de maladie mentale car l’autrice ne nous épargne pas et nous plonge au cœur du quotidien particulier de notre personnage principal et de sa maladie. Parfois tout comme elle, on a l’impression de divaguer et ne savoir distinguer le réel du fictif, c’est très étrange comme sensation. Je pense que je l’ai d’autant plus ressenti que j’ai lu la deuxième moitié de ce roman, complètement malade et à moitié amorphe dans mon lit, ce qui a d’autant plus participé à me plonger davantage dans cet atmosphère très particulière.
Plus on avance dans les pièces et plus on plonge dans l’horreur absolu, dans la folie à l’état pur et dans la noirceur humaine la plus totale, et ça jusqu’à une fin qui dépasse tout entendement. J’avoue que je l’ai trouvé vraiment très réaliste au vu du ton du reste du roman, mais je peux comprendre qu’on puisse la trouver un peu too much.
Bref c’était une expérience… particulière avec une histoire et narration originale, j’ai beaucoup aimé même si certaines scènes vont me marquer pour un bon moment. J’ai beaucoup aimé la représentation de la maladie mentale qu’on sent très bien documenté. Mon premier roman de l’autrice mais pas mon dernier.
Comme j'étais à la maison aujourd'hui, j'ai pu lire ce livre assez court dont je voyais passer pas mal de bonnes critiques sur les RS. Une plongée vertigineuse dans la schizophrénie et les troubles mentaux.
Autant le dire tout de suite : j'ai failli abandonner au premier quart. Mais je me suis accrochée.
L'auteur a travaillé son sujet qui est amplement documenté et décrit d'une manière extrêmement réaliste. Ce qui m'a posé problème, c'est plutôt le scénario et la manière dont elle a choisi de dérouler le fil de son intrigue (et une allusion à l'affaire Grégory qui m'a fait tiquer... mais bref, passons)
Tout du long, j'ai ressenti un ennui qui ne m'a quitté qu'en toute dernière partie, là où l'action (et les explications finales) s'enchaînent. La faute à un style certes très bon, mais trop en décalage avec ce qu'on attend dans ce genre de livre. La faute, aussi, à un manque d'action et à des descriptions trop linéaires de la maladie mentale de Maud qui finissent par étouffer le récit. Ce choix instaure une distance entre le lecteur et les personnages et, si j'ai pleinement conscience du calvaire et des souffrances subies par Maud, je suis restée étrangère à toute cette horreur.
C'est assez bien mené, mais la fin est maladroite, les révélations sont mal gérées et la surenchère dans l'horreur m'a lassée. J'étais heureuse d'arriver au bout.
Un roman noir qui n'a pas tenu toutes ses promesses de mon point de vue.
Sans doute le roman le plus noir, le plus dérangeant qu’il m’ait été donné de lire…
🌼 Le résumé : Maud, vingt-cinq ans, entretient une relation fusionnelle avec sa mère. Quand sa psychiatre lui explique que ce lien l’empêche de s’épanouir, la jeune femme décide de prendre ses distances avec la figure maternelle. Jusqu’au jour où Maud découvre sur son répondeur un message paniqué de cette dernière. Un message qui se conclut par «Je l’ai tué». Maud se précipite dans la maison de son enfance. Commence alors une chasse au trésor funèbre qui va l’amener, pièce par pièce, à exhumer d’inavouables secrets de famille...
🌼 Mon avis : Le lecteur suit Maud dans sa quête de la vérité, pièce par pièce, dans cette maison de l’horreur. L’immersion dans la schizophrénie est totale, mais le pire reste à venir. La vérité est inimaginable. C’est noir, vraiment noir. On ne peut pas sortir indemne de ce roman et je pense qu’une lecture légère s’impose après avoir côtoyé la folie. Je la recommande si vous êtes psychologiquement stable en ce moment 😂 Parce que certains secrets de famille sont plus lourds que d’autres…
Ce livre est tellement glauque mais à la fois si incroyable. 😨 D’accord le début est très long et j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de descriptions mais finalement elles sont véritablement nécessaires ! Ce livre est tellement bien écrit, le plot twist est fou et je ne l’ai tellement pas vu venir… j’ai adoré !
(Petit warning pour les âmes sensibles tout de même il y a des passages vraiment vraiment glauques…)
Bien aimé lire ce livre , seulement je me suis un peu ennuyée quelques passages un peu longs mais ce plot twist jamais je m'y attendais. il y a juste une ou deux incohérences mais rien de choquant .
Whouah, un vrai plot twist à la fin, je m’y attendais pas mais c’est dommage que le livre soit très en longueur…. Mais il reste quand même super à lire
Viens, petite lectrice innocente, laisse Chrystel Duchamp te prendre la main et t’emmener dans une folle farandole dont tu sortiras échevelée et désorientée ! Ca vaut pour les lecteurs aussi évidemment mais après tout, c’est “Où tu seras reine”.
Nous sommes plongé·es dès les premières pages dans l’esprit torturé de Maud, une jeune femme qui vit avec sa mère une relation fusionnelle et compliquée. Son retour dans la maison de son enfance va prendre une tournure terrifiante quand elle se met à suivre les petits cailloux des souvenirs…
J’ai été happée par le rythme effréné des pensées de la narratrice et il m’a été très compliqué de lâcher ce livre avant la fameuse page “313”! Un thriller psychologique haletant avec quelques scènes pas piquées des vers pour les âmes sensibles…
Plus on lit l’histoire plus l’histoire se transforme en pure horreur 😱 y a des moments ou j’ai failli gerber tellement l’ambiance est glauque voire dégueu 🙊
Je recommande vivement si vous voulez une bonne dose d’horreur 😳
Avant d'avoir lu les 200 premières pages de ce roman, je ne savais pas si j'aimais ou pas. La mise en place est effectivement assez longue et lente ; mais finalement, elle est nécessaire. On suit Maud, 25 ans. Sa psy lui a fortement conseillé de couper les ponts progressivement avec sa mère. Maud est malade et ça lui ferait apparemment du bien, en tout cas d'après la psy, de ne plus avoir cette relation fusionnelle avec sa mère. Un jour cette dernière l'appelle, Maud ne répond pas, mais écoute son message 3 jours plus tard ; et là c'est la panique ! Maud prend sa voiture et fonce chez sa mère, dans une vieille maison isolée à la campagne. Ce qu'elle découvre alors la perturbe tellement qu'elle sent sa maladie revenir gagner du terrain. La partie la plus prenante du roman est en huis-clos, un huis-clos forcément oppressant, mais pas spécialement parce qu'on explore, avec Maud, l'intérieur d'une maison, c'est parce qu'on explore l'intérieur de CETTE maison-là en particulier, où tout n'est que désordre et crasse (et bien d'autres choses que je vous laisse découvrir). Maud y mène une enquête, sous forme de chasse au trésor, où le trésor est en fait la vérité. Difficile pour moi d'en dire plus, sachez seulement que ça vaut le coup d'aller au-delà des 200 premières pages de mise en situation. La narration à la 1ère personne est aussi très importante. Au final, j'ai beaucoup aimé ce thriller psychologique qui parvient à nous mettre mal à l'aise alors même qu'on est tranquillement en train de lire douillettement chez soi. (Par contre, avec ce titre-là, j'ai eu la chanson de Jacques Brel dans la tête tout du long !)
Une mère. L’être source. Celle dont le lien avec vous ne sera pas uniquement ce cordon nourricier. Celle qui vous accompagnera plus loin que ce corps qui vous a façonné. Celle qui vous guidera et vous aimera plus que tout. Celle qui sera votre repère, votre phare. Maud vit ce lien avec sa maman. Fusionnelles. Incapables de vivre sans l’autre. Maud est schizophrène depuis l’adolescence. Elle tente maintenant adulte de vivre « normalement ». Elle a un petit boulot et habite seule. Sa psychologue l’encourage également à couper cette relation intense avec sa mère. Ce qu’elle fait mais c’est difficile. Un jour, Maud reçoit un étrange message vocal de sa maman : « Je l’ai tué ». Intriguée, Maud se rend dans la maison de son enfance. Débute alors pour elle un retour vers le passé. Au gré des pièces de cette habitation, des secrets atroces et enfouis en elle vont resurgir et lui faire ouvrir enfin les yeux sur ce qu’elle a réellement vécu en cet endroit. Sa mère a-t-elle vraiment tué quelqu’un ? Si oui, qui et pourquoi ? Et pourquoi ces jonquilles séchées un peu partout dans la maison ?
CHRYSTEL DUCHAMP m’a fait passer un excellent moment avec ce thriller psychologique de haut vol. Avec une écriture sensible, vive et parfois sans filtres, l’autrice arrive à nous captiver et à nous happer avec ce récit d’une jeune femme perdue dans les tréfonds de sa maladie et des lourds secrets de sa famille. L’ambiance est tendue, pesante, quelques fois étouffante mais impossible de décrocher du livre tellement l’intrigue est passionnante. Le personnage de Maud est troublant, attachant et émouvant par sa complexité et sa volonté de connaître la vérité. Sa mère est aussi remarquablement décrite mais dans un rôle totalement inversé. Le thème principal reste ce lien fille-mère qui s’avère aussi toxique que vital et la romancière l’exploite parfaite. Ce livre, avec une atmosphère « Shining »-esque, possède un troisième personnage avec cette demeure aussi intrigante qu’envoûtante. La description des pièces et des impressions des personnages en ces lieux sont exprimées avec une poésie sombre et baroque. Et que dire des retournements de situations. CHRYSTEL DUCHAMP joue avec nos déductions comme un chat avec une pelote, nous emmenant d’un côté vers l’autre de la vérité avec intelligence et presque machiavélisme. Un thriller psychologique « twistanesque » comme je les aime que je ne peux que vous recommander !
Il va me falloir du temps pour réaliser ce que je viens de lire. Rares sont les livres qui m’ont autant retourné le cerveau que celui-ci. Cette histoire vous entraîne au plus profond des abysses de la folie humaine, sans filtre.
Commençons par la plume de Chrystel Duchamp, spoiler alert : elle est incroyable. C’est une écriture qui vous transperce, qui vous obsède, au point de vous rendre presque fou tant elle est maîtrisée. Je n’avais encore jamais lu de roman de cette autrice, mais elle a un talent rare!
On explore ici la relation mère/fille, une relation fusionnelle qui empêche Maud de s’épanouir. À vingt-cinq ans, elle décide de reprendre sa vie en main et de se détacher de ce lien étouffant. Sa psychiatre lui conseille alors de prendre une semaine de distance avec sa mère, pour observer les effets de cette coupure.
Les premiers jours passent sans contact entre elles, jusqu’au quatrième jour, où sa mère l’appelle. Maud, déterminée à suivre les conseils de sa psy, choisit de ne pas répondre. Ce n’est qu’à la fin de cette semaine de «trêve» qu’elle écoute le message laissé sur son répondeur : «Je l’ai tué.»
S’en suit une véritable chasse à la vérité, dans un lieu qu’elle avait idéalisé, mais qui se révèle être l’antre d’un démon.
Ce livre m’a complètement retournée, les 50 dernières pages m’ont littéralement laissée sans voix. C’est un thriller psychologique parfaitement maîtrisé, sombre, glaçant, intense, j’ai adoré ma lecture!
Le début peut sembler un peu lent à se mettre en place, mais croyez-moi, cette montée en tension progressive vaut largement le détour. C’est précisément ce crescendo vers l’horreur qui fait toute la force de ce roman!!
Attention : de nombreux trigger warnings sont à prendre en compte!
J'imagine qu'en tant qu’auteur ça ne doit pas être facile de se mettre dans la tête d’une personne schizophrène. Je ne m’attends donc pas à ce que ce soit représentatif à 100% et bien sûr, le chaos peut y régner. Mais là…J’ai l’impression d’avoir lu du gros n’importe quoi.
Je n’ai pas l’impression qu’on ce soit appuyer sur les signes cliniques de la maladie pour faire le personnage de Maud. Je ne dis pas que tout est faux et qu’il n’y a pas eu de recherches. Loin de là. Mais j’ai juste l’impression que l’auteure à plutôt choisi d’utiliser la langue française pour faire plusieurs métaphores seulement pour rendre le personnage de Maud lourd et noir. J’aurais aimé davantage qu’on s’appuie sur le côté clinique de la maladie pour nous présenter Maud. J’aurais également aimé que l’histoire soit mieux travaillée. C’est tellement redondant! La fin est précipitée et n’apporte pas satisfaction.
Le point positif c’est que ça se lit rapidement. J’ai été déçu mais je ne peux pas dire que c’est totalement mauvais non plus…
Fin de lecture et je me sens abasourdie. Ce roman est décontenançant de bout en bout. Je trouve que l’autrice a mené un travail titanesque qu’elle arrive parfaitement à retranscrire. Dès le début, on est immergé dans cette histoire. Personnellement, je ne savais pas où elle allait et je ne m’attendais vraiment pas à toutes les voies sur lesquelles elle nous emmenait.
La plume ne peut pas laisser indifférent : sa simplicité, sa fluidité et son authenticité nous forcent à l’empathie et nous plongent dans chaque décor. J’ai trouvé que le personnage de Maud et le dessein global de la vie qu’elle relate est d’un réalisme bluffant. J’ai été complètement scotchée par cette histoire avec le fil rouge des maladies mentales, de l’emprise et de la manipulation et je trouve que l’autrice a fourni un énorme travail qui m’a cueillie.
Quant à l’intrigue, et bien, je suis estomaquée, un peu hagarde. Je ne m’attendais pas à ce (/ces) dénouement(s) et je trouve que c’est divinement mené.
Ce n'est assurément pas un chef d'œuvre, mais cette lecture bouscule, remue, choque ! Il y a tant de choses à dire quant à cette histoire et l'écriture de Chrystel Duchamp.
D'une part, la description de la schizophrénie, qui est je trouve très complète et juste (même si parfois un peu redondante). L'histoire est construite d'une façon presque cinématographique (je pense que ce livre ferait un solide matériau pour un film/série) : on suit un personnage qui se déplace dans les différentes pièces d'une maison. On est suspendu à ses actions, ses découvertes plus macabres les unes que les autres.
Une écriture haletante qui nous tient en haleine jusqu'au plot twist final, pas introuvable en amont, mais tout de même amené d'une façon remarquable et qui rend bien compte de la complexité psychologique des personnages.
La principale raison est que j’ai eu du mal à m’accrocher à cause des longueurs descriptives. Après lecture du résumé, j’avoue que je m’attendais à quelque chose avec plus d’action. La mise en place est assez longue, un bon 35%, puis les événements ne m’ont pas autant percutés qu’espéré.
La plume n’est pas compliquée à lire pour autant, je l’ai trouvée belle et sa légèreté permettait de contraster avec le récit. Mais ça ne m’a pas suffit.
C’est un roman qui me correspondait sur le papier, mais ça ne l’a malheureusement pas fait pour moi.
Un polar ou un film d’horreur ? L’autrice nous fait plonger dans le glauque ultime en creusant toujours plus dans l’horreur, en explorant une relation mère-fille certes toxique mais surtout absolument invraisemblable de cruauté. Les scènes sont de plus en plus insoutenables à mesure que la maigre intrigue progresse, la description de la maladie mentale de l’héroïne tient du pur fantasme et en plus l’écriture n’est vraiment pas terrible. J’aurais pu arrêter la lecture au premier chapitre mais j’avais plus rien à dispo sur ma liseuse !
Longue hésitation entre 4 ou 5 étoiles car si le début est un peu long, la suite est pleine de rebondissements et nous plonge dans une histoire complètement folle et perturbante. Le plot twist est dingue et l’histoire divague entre maladie, horreur et sentiment de malaise. Des descriptions de l’état d’âme et la maladie du perso principal trop longues et trop omniprésentes me poussent également à mettre 4 étoiles. Mais dans son ensemble le livre et fou et cela faisait longtemps que je n’ai pas ressenti des émotions comme ça. Je recommande même s’il est quand même malsain.
j'ai adoré ma lecture, même si l'histoire était très glauque (j'ai carrément passé quelques détails qui me dérangeaient trop) au coeur de la folie, on découvre une maison dont l'histoire est morbide
je ne m'attendais pas à une telle fin même si j'essayais de garder en tete que le personnage de Maud était schizophrène et qu'il fallait donc prendre des pincettes face à ses paroles et à ses descriptions
je ne recommanderais pas cette histoire à n'importe qui, mais j'ai adoré l'aspect psychologique de ce roman ainsi que la plume de cette autrice
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Alors non. Oui, l’autrice a étudié les maladies citées, c’est bien, pour une fois. Pour autant, je trouve que ça entraîne encore les préjugés et les craintes sur ces pathologies. L’idée de la maison comme élément de révélation et la construction du récit étaient originales et intéressantes. Mais la fin. Je n’ai pas accroché. Ce n’est que mon avis et je comprends le succès. Mais elle m’a mise mal à l’aise.
J’ai beaucoup aimé ce livre. On suit l’histoire à travers le prisme d’une jeune femme schizophrène ce qui inviter à s’interroger sur ce qui est vrai et ce qui est une hallucination. Un certain nombre de rebondissements rendent la lecture encore plus haletante. Le principal point négatif est les nombreux détails sur la schizophrénie, nécessaires mais faisant très copié collé de bouquin de médecine.
J’ai A-DO-RÉ !!! Tout étais si bien orchestré, des plots twists qui tiennent la route. J’ai eu quelques fois peur du cafouillage et au final tout se goupille super bien, tout fait sens et tout m’a tordu les boyaux ! D’habitude ce genre de livre ne me tente pas du tout mais là je suis vraiment énormément fan ! Je recommande vivement ce livre !