A peine plus de 100 pages, presqu'une nouvelle, qui nous raconte l'histoire de Mei, une jeune chinoise de 17 ans qui a quitté sa campagne pour aller travailler en ville et ainsi contribuer à payer les études de son frère.
La fabrique du monde est d'abord une plongée dans ces usines de confection chinoises et les terribles conditions de travail et de vie de leurs employées : vie en dortoirs, aucune intimité, « confort » minimaliste, pauses déjeuner ridiculement courtes et cadences infernales pour arriver à finir à temps les commandes occidentales de robes ou de chemises : « Impression de n'avoir pas décroché de la machine. Couchée à une heure du matin, levée à six. Dernier jour de commande. Enfin dernier jour et dernière nuit. » Ajoutez à tout cela, le bruit des machines et des ventilateurs et le contremaître sur votre dos toute la journée qui peut, s'il le décide, vous priver de votre salaire du mois… Voila à quoi se résume la vie de Mei, « petite abeille laborieuse prise au piège de sa ruche. Enfermée là pour une éternité. »
Et pourtant elle a des rêves, Mei, et à la faveur des congés de Nouvel An, coincée à l'usine faute de pouvoir se payer le voyage jusque chez elle, elle va pendant quatre jours connaître soudain la liberté et les premiers émois amoureux. Une parenthèse enchantée qu'elle n'aurait jamais voulu fermer …
Un texte court, à l'écriture incisive, concise, parfois hachée, poétique aussi dans sa deuxième partie et l'émerveillement de Mei découvrant que le monde peut être beau et qu'on peut être heureuse et libre d'exprimer ses sentiments. Un texte dur aussi, nous rappelant l'exploitation infernale des ouvrières, en Asie ou ailleurs, pour satisfaire nos « besoins » consuméristes. On le savait déjà, bien sûr, mais une petite piqûre de rappel ne fait pas de mal.
Une réédition (le livre date de 2013) sous une jolie couverture chez Libretto que je remercie pour cette lecture qui ne peut laisser indifférent.
Un roman original avec une plume douce et sensible.
A travers Mei, nous allons vivre les dessous de la vie en usine ou sont fabriqués des vêtements à la chaine au détriment des employés et de leurs conditions de vie. Ils enchainent les grosses commandes, habite directement sur place, pour la plupart on laisser leur famille et se retrouve loin de chez eux. Et tout au long de notre lecture ; nous suivrons ses jeunes femmes courageuses qui jamais ne se plaindront.
Mei est une grande rêveuse et va tomber éperdument amoureuse ce qui va l’entrainer dans une » folie douce » pour ce milieu.
A travers cet écrit, plusieurs sujets seront abordés tels que les conséquences de notre surconsommation sur d’autres humains, d’une trop grande sensibilité dans un pays où le travail doit passer avant tout.
Ce roman remue, touche, interpelle, une vraie pépite à découvrir ou redécouvrir.
Je tiens à remercier les éditions Libretto pour l’envoi du service de presse via la plateforme NETGALLEY.