1699. Βενετία. Η Ιλάρια Τατζανότε γεννιέται σε μια οικογένεια εμπόρων υφασμάτων. Η πόλη έχει χάσει την πολιτική της δύναμη, αλλά διατηρεί τα μεγαλοπρεπή παλάτια της, τα πολυάριθμα θέατρα, το μαγικό καρναβάλι. Είναι η χρυσή εποχή της τέχνης και της μουσικής, και ιδιαίτερα του βιολιού.
Σε ηλικία λίγων εβδομάδων, με την ελπίδα μιας καλύτερης ζωής, η μητέρα της την αφήνει σ’ ένα ίδρυμα διάσημο για τη μουσική του διδασκαλία και τις θεϊκές του συναυλίες. Εκεί η Ιλάρια μαθαίνει βιολί και γίνεται αντιγραφέας του μαέστρου Αντόνιο Βιβάλντι, ενώ παράλληλα ανακαλύπτει τη δύναμη της φιλίας. Στη μικρή αυτή καλλιτεχνική φυλακή τη βρίσκει πρώτη φορά ο έρωτας στα δεκαπέντε της χρόνια, γκρεμίζοντας τα τείχη που μέχρι τότε την προστάτευαν αλλά και την έκρυβαν απ’ τον κόσμο.
Μια παθιασμένη ιστορία για την αναζήτηση της αγάπης σε κάθε μορφή και τα μεγαλειώδη συναισθήματα που προκαλεί η μουσική, με φόντο μια μυθική μπαρόκ Βενετία.
Léonor de Récondo, née en 1976, débute le violon à l’âge de cinq ans. Son talent précoce est rapidement remarqué, et France Télévisions lui consacre une émission alors qu’elle est adolescente. À l’âge de dix-huit ans, elle obtient du gouvernement français la bourse Lavoisier qui lui permet de partir étudier au New England Conservatory of Music (Boston/U.S.A.). Elle devient, pendant ses études, le violon solo du N.E.C. Symphony Orchestra de Boston. Trois ans plus tard, elle reçoit l’Undergraduate Diploma et rentre en France. Elle fonde alors le quatuor à cordes Arezzo et, grâce au soutien de l’association ProQuartet, se perfectionne auprès des plus grands maîtres du genre (Quatuor Amadeus, Quatuor Alban Berg). Sa curiosité la pousse ensuite à s’intéresser au baroque. Elle étudie pendant trois ans ce nouveau répertoire auprès de Sigiswald Kuijken au Conservatoire de Bruxelles. Depuis, elle a travaillé avec les plus prestigieux ensembles baroques (Les Talens Lyriques, Le Concert d’Astrée, Les Musiciens du Louvre, Le Concert Spirituel). De 2005 à 2009, elle fait partie des musiciens permanents des Folies Françoises, un ensemble avec lequel elle explore, entre autres, le répertoire du quatuor à cordes classique. En février 2009, elle dirige l'opéra de Purcell Didon et Enée mis en scène par Jean-Paul Scarpitta à l'Opéra national de Montpellier. Cette production fait l'objet d'une tournée. En avril 2010, et en collaboration avec la chanteuse Emily Loizeau, elle crée un spectacle mêlant musique baroque et musique actuelle. Léonor de Récondo a été premier violon sous la direction de Vincent Dumestre (Le Poème Harmonique), Patrick Cohën-Akenine (Les Folies Françoises), Enrico Gatti, Ryo Terakado, Sigiswald Kuijken. Elle est lauréate du concours international de musique baroque Van Wassenaer (Hollande) en 2004. Elle fonde en 2005 avec Cyril Auvity (ténor) L’Yriade, un ensemble de musique de chambre baroque qui se spécialise dans le répertoire oublié des cantates. Un premier disque de l’ensemble paraît chez Zig-Zag Territoires autour du mythe d’Orphée (plusieurs fois récompensé par la presse), un deuxième de cantates de Giovanni Bononcini en juillet 2010 chez Ramée. Léonor de Récondo a enregistré une quinzaine de disques (Deutsche Grammophon, Virgin, K617, Alpha, Zig-Zag Territoires) et a participé à plusieurs DVD (Musica Lucida). En octobre 2010, paraît son premier roman, La Grâce du cyprès blanc, aux éditions Le temps qu'il fait. Chez Sabine Wespieser éditeur, elle publie en 2012 Rêves oubliés, roman de l’exil familial au moment de la guerre d’Espagne. Pietra viva (Sabine Wespieser éditeur, 2013), plongée dans la vie et l’œuvre de Michel Ange, rencontre une très bonne réception critique et commerciale. Avec Amours, son nouveau roman paru le 8 janvier 2015, Léonor de Récondo, dont on retrouve la phrase juste et précise qui conduit le lecteur au plus près de ses émotions, fait exploser les cadres de la conformité bourgeoise pour toucher à l’éclosion du désir, la prise de conscience de son propre corps, la ferveur et la pureté d’un sentiment qui balayera tout, et impressionne par l’amplitude de ses sources d’inspiration.
3,5 - L'écriture est fantabuleuse, j'ai aimé les descriptions de Venise, de la musique, de la Piéta où Vivaldi a enseigné. L'histoire d'amour est naïve et jolie mais je n'ai pas aimé la finale. Quelques pages de moins m'auraient suffi.
Pour ce qui est du point positif : les deux chapitres sur le réveil de la soeur par la personnage principale sont très beaux, très poétiques. On y décèle toute l'humanité cachée de ce personnage très rude. Ces chapitres sont trop courts !
Pour le reste, je n'ai pas du tout aimé. L'autrice ne fait pas profit des thèmes qu'elle choisit de mettre en lumière :
- le côté historique n'est pas là : aucun sentiment d'ambiance de la fin du XVIIe siècle, notamment en ce qui concerne les dialogues, qui pourraient tout à fait être transposés tels quels dans une histoire contemporaine.
- le thème de la musique : simplement pas assez présente, quelques rares mots qui relèvent du champ lexical musical. J'aurais voulu plus de scènes poétiques qui peignent le tableau de concert, du moment où la personnage principale joue EFFECTIVEMENT de la musique. Les chapitres se terminent toujours trop tôt !
- le thème de l'amour : je n'ai pas vu venir cette histoire d'amour, elle est arrivée comme un cheveu sur la soupe, alors même que ni la personnage principale, ni les deux autres thèmes présents depuis le début n'avaient été vraiment développés.
J'ai finalement trouvé ce livre plutôt antipathique et trop superficiel.
Belle écriture, un tourbillon de mots, une musique enivrante, une belle amitié entre deux mondes. La langue de Léonor est fluide. Une vraie poésie. A lire !
Léonor de Récondo retrouve l’Italie de Pietra Viva pour raconter la vie d’Ilaria, jeune fille formée à la musique par Vivaldi dans la Venise du XVIIIe siècle. Un hymne à la musique et à l’amour, passionné et passionnant.
Ilaria naît le 31 mai 1699 à Venise. Mais le sixième enfant que sa mère met au monde connaîtra-t-il le même sort funeste que la moitié de la fratrie, morte avant d'avoir vécue? Sa mère a déjà choisi de la confier à la Pièta, une institution religieuse où elle pourra apprendre le chant et la musique et s'isoler des épidémies et de cette peste qui continue à faire des ravages. C'est donc à quelques mètres de ses parents qu'elle grandit, mais ne les voit guère qu'à Noël. Fort heureusement, elle trouve du réconfort auprès de son amie Prudenzia et s'émerveille des sons que produisent les choristes et plus encore de ceux qui naissent du violon. Un instrument que son professeur, Antonio Vivaldi, va lui confier. Au fur et à mesure qu’elle grandit, elle est attirée par les bruits de la ville, par l’envie de découvrir ce qui se cache derrière les murs de l’institution. Elle aimerait contempler les trésors de la Cité des Doges dont on lui a parlé, en savoir plus sur ses habitants et profite de chaque occasion qui lui est donnée pour aller en ville, ne fut ce qu’une simple course à faire. Paolo, le fils d'une grande famille vénitienne, va la remarquer. Très vite la jeune fille va devenir l'objet de ses fantasmes. Il se rêve déjà preux chevalier livrant bataille pour Ilaria : «Sur les terres ennemies, mon corps mort fécondera le sol aride pour devenir un jardin qui te sera inconnu.» Avide de savoir et de culture, elle trouve dans l'emploi de copiste que lui a procuré le compositeur de quoi enrichir sa passion. Une passion qui lui fait oublier tout le reste : «Elle pénètre le labyrinthe de la fabrication. Et ce faisant, elle apprend. Les accords se succèdent, la ligne du violon se dessine, elle la sent sous ses doigts. Le mystère se révèle.» Paolo peut-il servir ses desseins? Alors oui, elle est prête à s’enflammer: «Son violon va brûler, les tentures, le palais, tout va brûler. Elle n'est plus qu'une flamme vive.» Si le grand feu nous ramène d’abord à Pietra Viva, il s’inscrit aussi dans une œuvre marquée par une farouche détermination à transformer son existence, à s’élever au-dessus des obstacles, d’Amours à Point cardinal ou encore à Revenir à toi. Avec cette fois la passion, le grand feu, portée à son paroxysme. Comme l’a écrit Victor Hugo «L'amour, c'est l'absolu, c'est l'infini ; la vie, c'est le relatif et le limité. De là tous les secrets et profonds déchirements de l'homme quand l'amour s'introduit dans la vie. Elle n'est pas assez grande pour le contenir.» Léonor de Récondo en apporte la lumineuse démonstration, avec son écriture toujours aussi sensuelle et précise. Avec cette musicalité qui épouse ici avec maestria son sujet.
Venise, 1699, Antonio Vivaldi… Et Ilaria, une petite fille remise à l’âge de trois mois par ses parents au Pio Ospedale della Pietà, – qui normalement ne recueille que des orphelines – car sa mère souhaite la protéger de tous les maux, la faire échapper au monde difficile qui l’attend dehors, la protéger des hommes et la confier à un monde de musique et de chants, en échange de la promesse de fournir des habits aux plus démunis… Ilaria ne pourra voir sa famille qu’une fois par an, à Noël et elle vivra cette situation comme une injustice, un abandon, même si elle deviendra une excellente violoniste. Elle fera une rencontre: Prudenza , une jeune fille riche autorisée à suivre des cours de chant à l’Ospedale della Pietà. Elle deviendra son amie, fera tout pour lui permettre de sortir parfois de cet prison qu’est ce lieu; son frère, Paolo, tombera fou amoureux d’elle. Pour Ilaria, tout est abandon… et elle s’émerveille de ce qu’elle peut goûter du monde extérieur à l’orphelinat; elle fait corps avec la musique, le violon devient sa voix, les notes ses sensations mais le manque est là, sentimental, charnel, affectif… Un livre magnifique, tant du point de vue humain que du point de vue du rapport avec la musique.
Une fois encore la plume de Léonor de Recondo est légère, poétique, envoutante, musicale, elle chante les sons, les notes, les couleurs, les sentiments…
Au cœur de la Venise du 17eme siècle, le roman s’ouvre sur la naissance d’un sixième enfant de la famille Tagianotte, Ilaria. Un bébé miracle après de nombreuses pertes.
Comme beaucoup d’autres petites filles Vénitiennes à cette période, Ilaria sera confiée à la Piéta. Une sorte d’institution religieuse où elle y étudiera la musique et notamment le violon avec comme professeur nul autre que Antonio Vivaldi.
Ce roman c’est avant-tout l’histoire d’Ilaria que nous suivons tout au long de sa vie d’enfermement, de sa naissance, à son arrivée à la Piéta à l’âge de trois mois, en passant par son premier concert et ses rencontres amicales et amoureuse. Mais aussi comment le feu de la musique s’emparera d’elle dans une passion dévorante.
La magnifique écriture sensorielle et les descriptions nous envoûtent et nous embarquent dans cette Italie, ses palais et ses gondoles.
La tension monte crescendo dans ce roman qui se lit comme une merveilleuse mélodie. Ce récit c’est un grand feu qui se consume et qui nous dévore tout entier dans sa beauté comme dans sa tragédie.
Roman court peut-être trop. Acheté pour une histoire qui parle de violon, peut être qu'il n'y en a pas assez. Le point de vue d'Ilaria sur l'amour et son côté indépendant n'est pas tant renforcé. Cependant l'écriture est jolie et poétique et la plupart des personnages attachants. Je trouve dommage qu'il n'y ait pas plus de dialogue. J'ai bien aimé la fin.
Je ne me suis pas complètement enflammée pour ce récit mais il contient de très belles étincelles de poésie et de beauté. Il faut dire que le lieu s’y prête. Léonor de Récondo nous transporte à Venise, au début du 18ème siècle. Ilaria est, dès sa naissance, confiée aux bons soins d’un orphelinat, la Pietà, qui recueille des petites filles. Elles vivent cloîtrées dans ce lieu où on leur enseigne la musique et le chant. Toute la bonne société accourt pour venir les écouter tant leurs concerts sont divins. Il faut dire que leur maestro a une belle réputation qui perdure encore aujourd’hui. Il n’est autre que le prêtre roux, le grand Antonio Vivaldi. Il va enseigner à notre petite héroïne le maniement de l’archet et elle va même devenir sa copiste préférée. Mais la belle vénitienne est curieuse et sa fidèle amie l’aide à entretenir le brasier qui brûle en elle. En grandissant, elle va de plus en plus fondre de plaisir pour la musique, pour sa ville et pour son jeune amoureux. Il est indéniable que cette auteure que j’avais découvert avec son livre « Amours », sait manier notre langue et qu’elle a la musique au cœur. Elle nous conte ici une belle histoire, intéressante pour le milieu où elle se déroule, sensible et très romanesque. Je n’ai mis que 3 étoiles car c’était un peu lent à mon goût, mon intérêt s’éteignait peu à peu et le personnage de Paolo était trop naïf, peu convaincant.
Ce livre contient beaucoup d’éléments pour en faire une belle réussite: Venise la Sérénissime au XVIIIème siècle, Vivaldi, la passion de la musique puis l’amour passionnel…. Oui certes mais …. Mais quoi ……? Et bien le projet était peut être un peu trop ambitieux et durant la lecture je me suis plusieurs fois interrogée « oui mais encore ? »…. Faire intervenir Vivaldi et aborder son désir de réussir un opéra et voilà ça s’arrête là ??? Ça n’aurait pas dû s’arrêter là. Ça semble incomplet, pas assez développé. Malgré cela je mets la note de 4 car l’écriture de Léonor de Recondo est agréable à lire, le personnage principal, Ilaria, est attachant et très personnellement j’ai beaucoup aimé la fin, aussi tragique soit elle. En somme un livre qui aurait pu être un chef d’œuvre s’il avait été approfondi et qui, du coup, ne l’est pas et ne restera qu’une lecture agréable.
Grand feu est un roman court mais intensément lumineux, qui brûle doucement et durablement. Léonor de Récondo y déploie une langue d’une rare beauté, qui alterne entre prose et poésie! Même lorsqu’elle reste narrative, son écriture conserve une vibration poétique singulière, avec des formules belles, inattendues, qui la distinguent de la production romanesque actuelle.
Madeleine, jeune femme enfermée dans un rôle imposé, découvre peu à peu sa voix — au sens propre comme au figuré.
Le roman aborde l’émancipation, le désir, l’art, la transgression – mais sans jamais forcer le trait. Tout passe par la sensation, le rythme, les images : le corps devient langage, le silence devient cri.
Je vais commencer par la fin, pas excellent ni même mauvais à vrai dire.
Beaucoup de défauts : longueurs, descriptions parfois inutiles, bases socio-historique bancales (peu d’informations ?? Autant ne pas en donner), amour qui surgit pour le personnage féminin en un claquement de doigts ? Pas crédible. J’ai les larmes très faciles mais honnêtement ici… il manque de la justesse de la part de l’autrice pour y avoir le droit.
L’histoire était prometteuse mais les nombreux défauts ne lui donne pas gain de cause. C’est un livre à demi réussi.
4,5 la musicalité de ce roman est tellement forte, et la plume, ça m’a vraiment beaucoup plu bon passons certains trucs extrêmement étranges par contre…
Η Βενετία του 1700 της εποχής του Μπαρόκ. Πρωταγωνίστρια μία βιολονίστρια, όπως και η ίδια η συγγραφέας, και δάσκαλός της ο Βιβάλντι himself! Τι καλύτερο να επιθυμήσει κανείς; Μεγάλες οι προσδοκίες επομένως κι έτσι μεγάλη και η απογοήτευση. Ανεπαρκής ανάπτυξη χαρακτήρων- κύριων και δευτερευόντων. Πολύ μικρός ο ρόλος της μουσικής η οποία υποτίθεται ότι πρωταγωνιστεί. Ελάχιστος έως διακοσμητικός ο ρόλος του Βιβάλντι. Παλιομοδίτικη γραφή- δεν είναι δικαιολογία ότι αναφέρεται σε ρομάντζο περασμένης εποχής. Και πολλή φλυαρία.
Venise, Vivaldi, une jeune violoniste, et la plume musicale de Léonor de Recondo qui nous entraine dans un monde de passion, d'abandon, de rêves de liberté. Une réussite.
C'est la naissance d'Ilaria Tagianotte dans la Venise fastueuse du XVIIè siècle qui ouvre ce roman. Sixième enfant d'une famille de riches commerçants d'étoffes, sa mère la confie au soin de la Pietà, une institution aux règles très strictes, qui tient autant de l'orphelinat que du conservatoire. Sous la direction du maestro, Antonio Vivaldi, Ilaria apprend le violon, et découvre en grandissant, en affinant son talent, qu'elle abrite en son coeur un feu qui ne demande qu'à s'épanouir, nourri par la passion de la musique, mais aussi par l'émergence du désir chez la jeune femme. Si j'ai d'abord été séduite par l'écriture inspirée de Léonor de Recondo, par la description de cette institution vénitienne dont je ne soupçonnais pas l'existence et par la sensibilité a fleur de peau d'Ilaria, je n'ai pas toujours été convaincue par l'histoire d'amour qui naît entre la jeune femme et Paolo. Ce dernier personnage surtout n'a pas réussi à me convaincre, son traitement m'a semblé superficiel et j'ai regretté enfin que l'histoire d'amour soit traitée de manière expéditive. Un avis en demi-teinte pour ma première rencontre avec cette autrice.
L'impression d'avoir déjà lu la même histoire cent fois avec une écriture qui se veut poétique mais qui est au final seulement plate et prétentieuse. On s'en passe.
bof j’ai bien aimé la passion d’Ilaria pour la musique (le violon) et le cadre spatio temporel (y’avait une bonne vibe) mais Paolo beurk et la Prieure à moitié pedophile 💀
Le 31 mai 1699 Ilaria Taglianotte voit le jour à Venise, elle est issue d'une famille de marchands de tissu. Sa mère Francesca aime écouter la musique et les chants merveilleux derrière les grilles de la Pieta, une institution destinée aux orphelines qui donne un enseignement musical de haut niveau. Les enfants de riches viennent y apprendre à chanter plusieurs fois par semaine.
Ilaria sera confiée à la Pieta à l'âge de 3 mois. Elle y grandit fascinée par le chant de Maria qui l'embrase et lui permet de tout oublier. A l'âge de 8 ans trop jeune pour le chant, c'est "une voix d'or dans les bras d'un enfant" qui lui sera confié, un violon. Un nouveau maître de musique est arrivé ; Antonio Vivaldi.
Prudenza Leoni également âgée de 8 ans vient prendre des cours quatre fois par semaine, c'est le début d'une amitié qui lui ouvrira le monde et lui laissera ressentir et imaginer la Sérénissime, mais aussi à l'âge de 15 ans découvrir l'embrasement de l'amour pour Paolo, le frère de son amie.
C'est par ce roman que je découvre la jolie plume de Leonor de Recondo. Une écriture poétique, incandescente, au choix des mots ciselés. Le style est élégant.
Elle décrit à merveille l'embrasement, la découverte de l'amour, ce feu intérieur qui dévore Ilaria pour sa passion à la musique. Vivaldi est bien présent, Ilaria devient sa copiste mais il occupe un rôle secondaire. C'est surtout une ambiance qui est décrite. Venise est un également un personnage du roman et j'ai aimé le contexte historique en arrière plan.
C'est un très beau voyage dans le temps mais aussi dans l'émotion et le ressenti de la musique.
Ma note : 9/10
Les jolies phrases
Elle ne se sent pas chargée d'une mission divine, non, mais d'une mission féminine.
Chaque violon est un monde qui s'ouvre.
Une fenêtre sur l'extérieur, protégée par de la ferronnerie martelée. Métaphore de son monde. Regarder sans être vue, jouer sans être vu, vivre sans que personne ne le sache. Là, elle se sent tranquille. Inattaquable, elle peut rêver à sa guise de départs, de voyages fabuleux. Les barreaux la protègent, aussi bien qu'ils l'empêchent.
Avant de fermer les yeux pour l'écouter, Ilaria regarde ses cheveux couleur braise. Elle se demande si Venise est une ville d'eau parce que justement tout s'y enflamme. L'instant d'après, elle se laisse porter par la phrase suspendue du violon.
La musique est une suite de notes, un assemblage de chiffrages qu'il faut maîtriser et qui sont les tuteurs de l'émotion.
Elle invente, contourne, orne, diminue avec grâce, sa manière n'est jamais ostentatoire, démonstrative. Quand elle joue, la musique qu'il compose est un miroir qui éveille une couleur inattendue, un recoin de paysage inaperçu jusque-là.
Sentiments, imprégnations, annihilations, exfiltrations. Matière vivante que ces émotions, par strates, ressenties parfois, souvent évanescentes, d'une épaisseur à vous étouffer, qui vous retournent comme un gant, jusqu'à exposer aux yeux des autres leur mille-feuille à vif. Rouge brillant.
Elle répond qu'en matière de flammes, elle s'y connait. Parfois, elle brûle, quand elle joue du violon. Ça part de son coeur, jamais de son esprit, elle insiste : de son coeur et ça se propage jusqu'à ses mains, elle a l'impression que tout s'enflamme, la touche, le violon, les cordes qui s'entortillent sous la chaleur, alors elle s'enfuit où elle peut, elle plongerait volontiers dans la lagune.
Pourquoi n'as-tu pas eu la sagesse de m'apprendre nos propres failles ?
Dans Le Grand Feu, Léonor de Recondor sait magnifiquement composer les mots, comme un bouquet illuminant une pièce. Dès les premières pages, la poésie de la vie se confronte à la permanence de la mort. Car cette fin du Moyen-Âge, au cœur de la ville riche et commerçante de Venise, en décrit aussi bien l’intense beauté que la peste rampante et insidieuse, avec au cœur de cette situation, le couple de Giacomo et Francesca et leurs filles.
La dernière vient de naître. Francesca la laisse intégrer dès sa naissance La Piètà pour sanctifier la grandeur d’un chant liturgique à la vie obscure à l’arrière d’une boutique de tissus. Cette école publique forme des fillettes à la musique de haut niveau malgré le régime presque carcéral subi. Leur fille, Iliana Tagianotte, sera une de leur meilleure violoniste formée par les anciennes de l’école et surtout élève apprentie du musicien Antonio Vivaldi, professeur à l’école.
En plongeant dans ce XVIIè siècle, Léonor de Recondor entremêle ses deux passions, le violon et la musique baroque, avec un brio remarquable. Suivre l’évolution de l’enfant devenue jeune fille au cœur de cet univers est une délectation rare d’autant plus que sa découverte de la musique la transplante au cœur du grand feu de la passion.
Car, Léonor de Recondor sait décrire l’embrasement ressenti. Le choix des mots raconte les émotions vécues, les sensations perçues et le bonheur irradiant. J’avais peur du “trop”, éloignant de la réalité. L’apprentissage de cette passion se fait par une enfant si éloignée de l’affection et de la tendresse, dans son quotidien, que l’exaltation est justifiée tant cette découverte lui est déstabilisante.
S’immerger dans cet univers historique est un vrai régal. La grouillante Sérénissime s’oppose à l’inaction ancestrale de l’école, gouvernée par des religieuses se cloîtrant autant dans leurs corps que dans leur couvent, comme le montre Léonor de Recondor. De plus, en faisant intervenir une amie, Prudenzia, Iliana goûte au monde autrement que lors des concerts, cachée des regards.
Avec Le grand feu, Léonor de Recondor réussit un roman d’amour et de passion à la musique, mais aussi à la vie, où le drame n’est jamais loin. Mais, n’est-ce pas ainsi que les grandes histoires s’écrivent ? Car, assurément, Le Grand Feu est un grand roman qui devrait en ravir beaucoup !
Le Grand Feu est un roman historique de la rentrée littéraire 2023 qui évoque l’enfance puis l’adolescence d’Ilaria, une fille de marchands de tissus vénitiens placée dans une institution religieuse au début du XVIIIe siècle. Un roman court à l’ambiance réussie, mais dont le style m’a semblé un peu trop lourd en métaphores.
L’héroïne du roman Le Grand Feu, Ilaria Tagianotte, est placée à la Pietà de Venise dès sa naissance. Cette institution publique pour orphelines gérée par des religieuses est connue pour son enseignement musical de haut niveau. Pourtant, Ilaria a des parents bien vivants. Cette situation atypique la fait souffrir, et elle trouve refuge dans la musique. Son maître de violon n’est autre qu’Antonio Vivaldi, qui prend Ilaria sous son aile. Mais, en grandissant, la jeune fille développe d’autres passions que celle de la musique : elle rêve de découvrir la ville, dont elle sait peu de choses, vivant recluse à la Pietà, et elle découvre l’amour à travers Paolo, le frère de son amie Prudenza.
L’autrice, Léonor de Récondo, est elle-même violoniste. Elle a publié plusieurs romans, dont Revenir à toi (2021) chez Grasset.
J’ai aimé… • l’atmosphère du roman, qui contraste l’univers clos de la Pietà avec les rues pleine de vie de la Sérénissime. • le fait que Vivaldi ne soit qu’un personnage secondaire et que le récit soit principalement raconté du point de vue d’Ilaria. L’alternance des points de vue d’un chapitre à l’autre fonctionne bien et n’empêche pas une forte identification à l’héroïne. L’usage presque permanent du discours indirect libre donne l’impression au lecteur de plonger dans le monde intérieur d’Ilaria, ce qui la rend d’autant plus attachante. • le contexte historique, très discret mais néanmoins présent, qui rend le récit universel à travers les âges.
J’ai moins aimé… • le style, parfois poétique mais un peu trop pompeux à mon goût avec des phrases comme « Je deviens la respiration du monde. » • … et notamment la métaphore récurrente du feu pour évoquer la passion d’Ilaria pour la musique, mais aussi pour la vie en général. L’insistance sur le côté charnel de la musique est intéressante, mais elle aurait pu être plus subtile.
Merci à NetGalley et à Grasset de m’avoir permis de découvrir ce roman peu avant sa sortie officielle le 16 août 2023.
#Legrandfeu #NetGalleyFrance merci avant tout à NetGalley France et aux Editions Grasset pour m'avoir permis de lire ce livre avant sa parution, le 16 Aout prochain. Ce roman mi-fiction , mi-historique, nous fait voyager dans la Venise de Vivaldi, tout commence en 1699. Ce roman qui raconte la vie de Ilaria, une enfant que ses parents ont décidé de confier aux soeurs de la Pietà, et qui va découvrir la musique, les émotions. Dans cette vie de recluse que fait Ilaria, les émotions sont surmultipliées, et les descriptions de cette prison d'eau, de la lagune, face aux sensations que ressent Ilaria pour la musique, un jeu de miroirs opposés brillamment présentés. Une plume fluide, une force et une beauté des descriptions et des sensations. On a parfois l'impression d'être Ilaria. Cette vie qu'elle n'a pas choisie, que l'on a choisi pour elle, qui parfois la fait douter de sa réalité. Un livre fort bien écrit très dépaysant.
#Legrandfeu #NetGalleyFrance thank you first and foremost to NetGalley France and Editions Grasset for allowing me to read this book before its publication on August 16. This half-fiction, half-historical novel takes us on a journey to Vivaldi's Venice, starting in 1699. This novel recounts the life of Ilaria, a child whose parents have decided to entrust her to the Pietà sisters, and who is about to discover music and emotions. In Ilaria's life as a recluse, emotions are multiplied, and the descriptions of this watery prison, the lagoon, and Ilaria's feelings for music, a game of opposing mirrors, are brilliantly presented. Fluid writing, powerful and beautiful descriptions and sensations. At times, you feel as if you were Ilaria. This life that she hasn't chosen, that has been chosen for her, that sometimes makes her doubt its reality. A very well-written, very exotic book.
Venise, 1699. Quelques semaines après sa naissance, Ilaria est placée à la Pietà - un orphelinat religieux - auprès de Bianca, la cousine de sa mère. L'enfant n'est pourtant pas orpheline, mais Francesca, sa mère, souhaite qu'elle devienne musicienne. Ilaria grandit donc au milieu d'autres jeunes filles, sans parents, sans famille, presque coupée du monde car recluse dans l'enceinte de l'établissement. Fascinée par le chant d'une camarade, elle apprendra finalement à manier le violon auprès du maestro Antonio Vivaldi. Cet apprentissage lui permettra de s'affranchir furtivement de la Pièta ; la mènera jusqu'à la composition à quatre mains, mais aussi vers l'amitié auprès de Prudenza et peut-être même vers l'amour de Paolo...
Malgré les qualités littéraires et narratives de ce court roman, je n'ai pas réussi à m'impliquer vraiment dans cette lecture. Est-ce l'écriture travaillée, poétique, parfois même lyrique qui m'a tenue à distance ? Ou bien le fait que les aspects musicaux, historiques et religieux soient seulement effleurés, comme des décors de papier : jolis mais fragiles ? Car il me semble qu'aucun des trois thèmes prédominants ne soient réellement approfondis dans ce court roman. Peut-être est-il trop court justement, pour s'attacher aux personnages (pourtant bien construits) ou fouiller les sujets pourtant intéressants ? Suis-je passée à côté de l'essence de ce roman ? En bref : beaucoup de questionnements pour aboutir à un avis fort mitigé...
* Lu en parallèle de Suite inoubliable, j'étais amusée d'y trouver un "Goffriller d'époque". Cependant, Léonor de Recondo n'a pas le talent d'Akira Mizubayashi pour mettre en scène les instruments et leur musicalité...
La mélodie m’étreint, vibre le long de mon archet, des cordes, arpente chaque centimètre de peau. En cet instant, je me sens vivre, je respire chaque note désespérément. Puis je m’embrase, c’est ça la liberté.
C’est la prison que je fuis. C’est lui. C’est mon violon. C’est notre amour. C’est mon envie d’horizon. C’est Venise, sous son plus beau jour.
En 1699 Ilaria ne connait que le quotidien de la Pietà, institution dans laquelle elle grandit et apprend le violon. Bientôt, elle développe une fascination pour cet instrument qui devient son seul échappatoire à un quotidien presque morose. Plus elle joue, plus la musique semble la transcender. « Son violon va brûler, les tentures, le palais, tout va brûler. Elle n’est plus qu’une flamme vive, elle avec le ruban, l’habit blanc, ses tresses, une couronne incandescente. »
Puis, vient le premier amour, la soif de liberté. Le jeune Paolo tombe fou amoureux d’Ilaria. Cet amour, à la fois romantique et innocent, semble tout aussi dérangeant (et légèrement toxique à mes yeux) car obsessionnel. Mais c’est une vraie bouffée d’air, un amour sincère pour la jeune femme.
Ce livre m’a bouleversée, voir à quel point la musique et un instrument peuvent à ce point transformer une vie. Je suis toujours aussi fan de la délicatesse avec laquelle Léonor De Récondo plante un décor coloré, sensible et émouvant.
Pour moi c’est un coup de cœur de cette rentrée et je ne peux que vous conseiller Le grand feu !
(/!\ Les grosses larmes sont inévitables au terme de cette lecture)
"En 1699, Ilaria Tagianotte naît dans une famille de marchands d’étoffes, à Venise. La ville a perdu de sa puissance, mais lui reste ses palais, ses nombreux théâtres, son carnaval qui dure six mois. C’est une période faste pour l’art et la musique, le violon en particulier. À peine âgée de quelques semaines, sa mère place la petite Ilaria à la Pietà . Cette institution publique a ouvert ses portes en 1345 pour offrir une chance de survie aux enfants abandonnées en leur épargnant infanticides ou prostitution. On y enseigne la musique au plus haut niveau et les Vénitiens se pressent aux concerts organisés dans l’église attenante. Cachées derrière des grilles ouvragées, les jeunes interprètes jouent et chantent des pièces composées exclusivement pour elles. Ilaria apprend le violon et devient la copiste du maestro Antonio Vivaldi. Elle se lie avec Prudenza, une fillette de son âge. Leur amitié indéfectible la renforce et lui donne une ouverture vers le monde extérieur. Le grand feu , c’est celui de l’amour qui foudroie Ilaria à l’aube de ses quinze ans, abattant les murs qui l’ont à la fois protégée et enfermée, l’éloignant des tendresses connues jusqu’alors. C’est surtout celui qui mêle le désir charnel à la musique si étroitement dans son cœur qu’elle les confond et s’y perd. Le murmure de Venise et sa beauté sont un écrin à la quête de la jeune fille : éprouver l’amour et s’élever par la musique, comme un grand feu."
Si tu aimes les romans historiques avec une touche de romance et de passion, ce livre est fait pour toi. Bienvenue dans l'envoutante Venise du 17eme siècle. Dans une famille de tailleur, une petite fille vient de naître. Mais au lieu de vivre auprès des siens, elle est confiée à une institution, La Pietà, qui recueille les enfants abandonnés. Iliaria y grandira, vivra, mais ne connaîtra jamais le dehors au delà de ces hauts murs. Mais elle trouvera un moyen de s'y échapper, au travers de la musique. Son talent lui permettra de s'envoler dès qu'elle prend son violon en main et de devenir la copiste du maestro Antonio Vivaldi. Alors, oui le rythme est lent et très contemplatif, mais c'est pour mieux vivre l'évolution d'Ilaria, qui est une héroïne attachante et déterminée, qui s'ouvre peu à peu au monde extérieur, qui découvre l'amitié et l'amour. Elle est à la fois douce, mais peu à peu animée et transfigurée par ces passions. Celle pour la musique, et celle amoureuse plus tard. C'est une lecture que j'ai apprécié, pour son rythme plus lent, plus propice à la réflexion et à l'introspection. le style est à la fois poétique et évocateur. On est littéralement transporté dans cette Venise, avec sa lagune, ces ponts, ces palais. Mais, j'ai noté que vers la fin, le rythme s'accélère, s'enflamme jusqu'au grand feu final.
La toile de fond de cette histoire est basée sur des faits historiques. J'ai lu ce livre en me sentant projetée à un autre siècle (début des années 1700) et en pleine Italie (Venise). Le tout se déroule dans une institution publique qui accueillait les orphelines et leurs enseignait entre autres la musique. Le grand Antonio Vivaldi y enseignait. J'étais intéressée par ces éléments historiques, mais j'aimais qu'ils soient secondaires à l'histoire principale.
Car ce livre, c'est l'histoire d'Ilaria. On assiste à sa naissance et à toute son enfance dans cette institution. J'étais comme "ensorcelée" par cette jeune fille. Son amour de la musique, du violon plus précisément, le développement de son amitié avec une autre élève, c'était si beau!
La plume est d'une douceur incroyable, l'histoire est pleine de candeur.
J'ai un peu moins aimé ma lecture lorsque l'histoire d'amour avec Paolo débute... Je trouvais que le tout se déboule un peu trop rapidement pour que je puisse comprendre toute l'intensité de cet amour. La fin fait d'ailleurs suite à cette intensité et elle m'a complètement déstabilisée.
Malgré ces petits bémols, c'était une excellente lecture et surtout, la découverte d'une plume magnifique. Je vais certainement lire les autres livres de cette autrice.