Après avoir lu Le désastreux Noël de la famille Praline, version adolescente de cette aventure de Noël familiale, j'avais très envie de découvrir la version adulte Un Noël mi-figue mi-praline. Le premier avait été sympathique mais un brin trop adolescent pour moi, j'avais donc pas mal d'attentes avec celui-là. Et franchement, j'ai beaucoup plus apprécié cette version, autant pour le ton que les sujets abordés.
J'ai été surprise du choix de l'héroïne. Je m'attendais à voir Nathaline prendre les rênes, mais c'est Barbara qui s'y colle, et avec le recul, c'était une excellente idée. D'ailleurs je conseille de lire Le désastreux Noël de la famille Praline en premier, car il permet de mieux appréhender la vie de Barbara à travers sa fille Brune. Si l'aînée de la famille n'est pas dépeinte sous le meilleur jour dans le tome ado, ici, elle est plus en nuances et surtout on cerne mieux le personnage. Je l'ai trouvé hyper intéressante et alors que j'avais du mal à l'apprécier, ici, on découvre une femme qui en avait gros sur la patate et qui aurait voulu que sa vie soit un peu différente. Il n'est pas trop tard pour changer, et le roman nous le prouve tout du long.
Après le Noël catastrophique de l'année dernière, chez les Praline, ce n'est pas la fête. La matriarche décide donc de jouer un grand coup pour essayer de rabibocher toute la famille. Pour les ados, je savais que c'était ok, il est d'ailleurs assez drôle de voir leurs aventures à travers les yeux des adultes. Mais pour les deux soeurs, c'était encore un peu un mystère. Barbara se retrouve face à une petite soeur qu'elle ne reconnait plus. Et cela depuis longtemps. Mais avec le plan de leur mère, les deux femmes vont devoir se parler. On découvre alors des blessures d'enfance, du regret, de l'incompréhension, des non-dits, des sentiments forts et douloureux qui ont conduits les soeurs à... pas vraiment se détester mais à ne pas supporter la présence de l'autre. Et quand ce genre de chose couve... ça ne fait qu'empirer.
Barbara est au final une femme sympathique qui cherche l'amour d'un père disparu, de la reconnaissance et une compréhension. Une mère qui se rend compte qu'elle ne connait pas tellement sa fille et qui meure d'envie que cela chance. Elle est attendrissante et drôle. Un peu perdue et en colère, mais elle a aussi cette envie de changer et pour le mieux. Et c'est beau de voir une relation fraternelle tendue reprendre peu à peu vie et s'épanouir doucement. De comprendre l'autre, d'essayer d'aller de l'avant, de faire des choix pour que sa famille devienne celle qu'on a toujours voulu.
Un Noël mi-figue mi-praline a donc été une lecture de Noël comme je les aime. Pas de romance, mais de la douceur tout de même et des relations fortes. La scène de l'accouchement restera probablement le moment préféré de ce roman car elle condense beaucoup de choses extraordinaires, et c'est aussi le moment pivot de cette histoire. Une ode à la famille qui m'a fait chaud au coeur, avec un petit comique sans en faire trop et surtout de la bienveillance, chose que j'aime par-dessus tout.