Paru il y a 10 ans au Japon, L’auberge des saisons perdues correspond pourtant parfaitement à la mode du moment en France avec ces nouvelles fantastique japonaise feel good un peu mélancolique et dramatique parlant de perte, de deuil, de sentiments inassouvis. Mignon mais un peu succinct pour moi.
J‘avais découvert l’autrice il y a quelques années avec son fiction biographique : Les deux Van Gogh, chez Glénat. J’en avais aimé le trait mais trouvé l’histoire un peu inaboutie. Ici, dans le premier tome de cette trilogie, je trouve sa narration plus aboutie mais il me manque encore quelque chose. Il faut dire que le concept même est limitant. Nous nous retrouvons dans chaque chapitre dans une nouvelle histoire qui a lieu dans une auberge coupée du monde, derrière de la brume et un tori (portail), où quelqu’un est venu chercher quelque chose qu’il/elle a perdu.
Sur le papier, les histoires sont jolies, touchantes, poignantes. On parle de parents décédés, de femme qui n’a pas pu voir ses sentiments aboutir, d’homme qui a perdu sa femme, de famille dysfonctionnelle, etc. A chaque fois, c’est écrit sobrement avec cette subtilité et cette pudeur toute japonaise pour évoquer les sentiments de chacun. On évoque les hommes qui pensent trop à leur travail, les enfants qui se sentent délaissés, les relations interdites, la vision que la société japonaise a de la femme… C’est intéressant et ça se marie bien aux récits. Mais, c’est à chaque fois très court et ça ne va pas plus loin. Les histoires se suivent et ne se ressemblent pas. Il n’y a pas de lien entre elles en dehors du lieu où elles se déroulent, donc une fois lue, on l’oublie aussi sec. C’est dommage.
Étant donné que c’est un tome 1 (sur 3), il y a bien la tentative de nouer quelque chose avec l’hôtesse de ce lieu, une enfant vêtue d’un kimono au caractère bien senti et surtout très mystérieuse, notamment dans sa relation avec le guide qui conduit les âmes esseulées vers ce lieu. Mais rien n’est développé, tout est à faire. En revanche, c’est un personnage amusant. Elle est tendre et revêche à la fois. Elle n’a pas la langue dans sa poche et j’aime le doux regard que pose sur elle notre fameux guide, malgré la différence d’âge. Le lieu aussi, cette auberge traditionnelle, dégage quelque chose comme dans la saga de romans Tant que le café est encore chaud et son fameux café-restaurant, sauf qu’en plus on a les jolis dessins d’Hozumi pour ça.
Charmante trilogie portée sur l’émotion évoquant le deuil avec finesse le temps de courtes histoires, cette auberge m’a semblé des plus sensibles mais les récits furent un peu court et surtout avec pas assez de liant pour moi. C’est doux, c’est poignant, c’est gentil, mais il manque quelque chose pour se transformer en récit marquant et puissant. Cela va trop vite malgré le ton lancinant et mélancolique. Surfant sur la mode des feel good japonais, on passe cependant un joli moment.
Un lecture touchante on l'on découvre une auberge ou toutes les âmes égaré se retrouve pour chercher quelque choses. La patronne de l'établissement serait capable de les aider... On suit différents personnages et thématiques en même temps que le quotidien des employés (j'ai hâte d'avoir leur histoires).
Review série complète : Cette trilogie se passe dans une auberge mystérieuse où des gens débarquent et cherchent quelque chose qu'ils ont perdu. Aux côtés de la patronne de l'établissement, on découvre l'histoire (souvent triste) de chacun d'eux. Le 1er tome se focalise sur des étrangers, tandis que les tomes suivants se concentrent surtout sur les personnages principaux. Les dessins sont jolis et les histoires relativement émouvantes. Le contexte, assez rapidement expliqué, est original et sympathique. La série est bien rythmée, les personnages sont relativement attachants et la conclusion est satisfaisante.