Ce livre est un hommage aux images à la fois tendres et violentes de la photographe Nan Goldin.
Goldin est une guerrière, une gardienne de la mémoire. Elle lutte pour qu’on n’oublie pas la vie des femmes, des sidéens, des bannis. Depuis la mort brutale de sa soeur aînée adorée, elle se bat pour le souvenir de ceux qu’elle a perdus.
Goldin est une gorgone dont le regard sidère. Elle demande de poser les yeux sur ce qui est étranger, elle exige que les secrets soient dénudés.
Martine Delvaux met ici ses pas dans les pas de Goldin, et avance avec elle dans la colère, la rébellion et l’amour fou.
L’écrivaine trouve chez la photographe une oeuvre-soeur, un écho de sa propre esthétique et de son engagement à dire, coûte que coûte, ce qu’elle sait et ce qu’elle voit.
Martine Delvaux est née en 1968. Romancière et essayiste, elle a publié à ce jour chez Héliotrope trois romans remarqués : C’est quand le bonheur ? (2007), Rose amer (2009) et Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage (2012).
J’ai adoré la plume de l’autrice. Lire ceci après avoir vu le documentaire sur Nan Goldin c’est tout ce dont j’avais besoin.
“Goldin est sortie et celui qu'elle traîne en elle. Barbara est le pays à partir duquel Goldin déclinera tous les lieux et tous les paysages, tous les jardins et tous les paradis. Son monde naît dans la proximité des corps jumeaux, corps lesbiens, confondus, emmêlés. Son monde est celui des corps enlacés dans un lit ou assis côte-à-côte dans les WC. Corps en larmes. Corps en feu. Corps-récits. Corps assoiffés les uns des autres. Corps redoublés, dédoublés, inversés, allongés tête-bêche comme dans une fosse commune ou dans un mausolée. Corps sœurs, corps saints, corps sibyllins.”