"Il aura fallu quinze ans de cheminement incertain, une enquête menée aux confins de mémoires étiolées, pour retrouver une image sur laquelle j’espérais figurer, puis pour chercher mes compagnons de fuite. Quinze ans pour m’autoriser enfin à écrire cette histoire. La mienne et à travers elle, car il s’agit bien de me réinscrire dans un collectif, la nôtre, l’histoire des enfants des convois." Le 18 juin 1994, quelques semaines avant la fin du génocide des Tutsi au Rwanda, Beata Umubyeyi Mairesse, alors adolescente, a eu la vie sauve grâce à un convoi humanitaire suisse. Treize ans après les faits, elle entre en contact avec l’équipe de la BBC qui a filmé et photographié ce convoi. Commence alors une enquête acharnée (entre le Rwanda, le Royaume-Uni, la Suisse, la France, l’Italie et l’Afrique du Sud) pour recomposer les événements auprès des témoins encore vivants : rescapés, humanitaires, journalistes. Le génocide des Tutsi, comme d’autres faits historiques africains, a été principalement raconté au monde à travers des images et des interprétations occidentales, faisant parfois des victimes les figurants de leur propre histoire. Nourri de réflexions sur l’acte de témoigner et la valeur des traces, entre recherche d’archives et écriture de soi, Le convoi est un livre sobre et bouleversant : il offre une contribution essentielle à la réappropriation et à la transmission de cette mémoire collective.
Beata Umubyeyi Mairesse was born in Rwanda in 1979. She survived the genocide against the Tutsi people and in 1994 moved to France, where she still lives, to study political science. She has published novels and poetry.
lecture passionnante qui soulève la question du consentement des victimes aux photos qui ont été prises d’elles pendant le génocide rwandais, ainsi que du traitement raciste de ce génocide par les journalistes européens
Œuvre super intéressante sur la question de la mémoire génocidaire qui déconstruit de nombreux stéréotypes et clichés de nos connaissances sur le génocide rwandais
Really moving account by author Beata Umubyeyi Mairesse of her own escape from the Rwandan genocide in June 1994, and her efforts to track down any evidence of this journey. Mairesse left with a convoy of children organised by Swiss charity Terre des Hommes, with her mother, and documented by BBC Panorama crew with journalist Fergal Keane, who has since written about the PTSD caused by his reporting in Rwanda. Mairesse describes her administrative steps, the people she meets and the hurdles she faces trying to track down the photos of herself taken by various members of the press. She shares the frustration of trying to get access to the evidence of her story as a Tutsi but taken by outside journalist for whom this was tantamount to a slightly dangerous adventure. Imagine there being photos of a momentous moment in your life, but those photos just getting damp in cartons in the basement or dusty archive of some journalist or organisation completely unrelated to you. There is also an interesting discussion about the power of photos and documentaries, while faced with the suffering of others. I was a preteen in Belgium the year of the Rwandan genocide, and I remember even at that age being confronted with the horrific images of the bodies and mass graves. I also very distinctly remember though, this sort of Heart of Darkness impression that the Mairesse talks about, with a prevailing media output which would lead to this idea that this was just what happened in Africa. I think this trend may be getting even worse with the advent of social media. How immune we have all become to horrific images flooding our media feeds. It’s so important to redress now who owns the narrative of these images and stories, and that we read more own voice experiences. My sole reservation about this, is that I am concerned that too few people are reading about these historic events at all, let alone from the wrong perspective. The story of the convoy is also fascinating and how our perspective on humanitarian aid and outside interference has changed in the past 30 years. Especially with recent cuts to USAID and general lack of confidence in what, if anything, should be done by the Western world about overseas conflicts. The political response of Western powers at the time was hesitant, with disastrous efforts to not interfere. These were objectively the wrong course of action, but I am not sure we can genuinely say that internationally the response would have been better today. The heroic story of the convoy being pulled together, makes for a good read, brave journalists / helpers who refused to be evacuated saving thousands of children breathlessly going over the border, but as Mairesse says, this would no longer be possible today when humanitarian work is so much more regulated. Regulation that is necessary, as history has shown how badly this can go wrong, and indeed, there is little information of what happened to the vast number of the children once they arrived at the refugee camps, when the well-meaning saviours returned to their Western lives. What is the right answer though?
So in short, really brilliant book, everyone should read it.
This is a memoir of the author's escape from the genocide of Tutsi people in Rwanda in the year 1994. At 15, she managed to sneak into a rescue convoy being operated by a Swiss organization and this is the journey of not only how she made her way out but also her survival after that and her attempts to learn more about the fate of her fellow survivors. Learning that there was news footage showing her and her mother in the convoy spurred her to look for it and that led to a question of who should such footage belong to and who is most entitled to tell the story? Her dogged efforts to present the horrific occurrence in the right light are interspersed with her search for photo and video footage of her own escape. She talks about how the media distorted facts and how she wanted to set the facts before the public so they could know the truth.
It is a very informative book and also very personal, highlighting the trauma of the genocide and telling of what came after for those who managed to escape through the life story of the author herself.
Difficile de mettre des mots, si ce n’est : Incontournable ! La démarche de l’autrice est narrée avec talent, et son récit m’a causé de la tachycardie. Au-delà de son histoire, c’est surtout un livre sur “comment raconter le fait d’être une survivante de genocide?” Et comment raconter son histoire peut être compliquée et semée d’embûches.
Le Convoi est un texte d’une grande force, à la fois sobre et bouleversant. L’auteur y livre un récit profondément humain, porté par la mémoire, le deuil et la dignité des vies évoquées. L’écriture, précise et sensible, donne une intensité remarquable à ce court texte, dont chaque page laisse une émotion durable. Une lecture marquante et nécessaire.
Un sujet encore trop méconnu dont j’ai adoré en apprendre davantage. Également passionnant sur le rôle des humanitaires et du manque de moyens pour faire face a un tel drame. Enfin très interessant sur le pouvoir des images et la narration du genocide dans les médias occidentaux. La meilleure partie (la mieux écrite et la plus poignante) fut celle du témoignage direct de l’auteure. Le reste du livre m’a un peu perdu en raison de la narration qui manque de linéarité et du style peut être un peu abrupt. D’utilité publique cela dit sur comment décortiquer un pan de notre histoire pour montrer le gris, la nuance, et la complexité de nos sociétés héritées de la colonisation.
Beata Umubyeyi Mairesse est rescapée du génocide des Tutsi. Elle a été sauvée ainsi que sa mère à l'âge de quinze ans par un convoi humanitaire de l'ONG suisse Terre des Hommes. Elle a été ensuite réfugiée en France. Je l'ai vue à l'occasion de la remise du prix du roman Métis 2025, où elle est intervenue en tant qu'ex-lauréate du prix des lecteurs et a fait un discours très fort, aux côté de Karim Katan, auteur palestinien lauréat du prix 2025. Après avoir évoqué le génocide à travers des romans, elle a écrit Le Convoi, un récit qui raconte ses investigations pour reconstituer le déroulement du convoi de Terre des Hommes plus de 30 ans après. Elle raconte comment elle a été cachée pendant plusieurs semaines avec sa mère en plein génocide ainsi que les étapes de leur sauvetage et ses souvenirs du convoi. Leur survie n'a souvent tenu qu'à un fil et plusieurs zones d'ombres demeurent concernant les conditions de leur sauvetage. Des années plus tard, elle a mené une enquête qui a duré quinze ans, pour retrouver des photos d'archives de ce convoi humanitaire, retrouver d'autres survivants et leur donner ces photos. Elle a réalisé ce travail documentaire, retrouvé les rares journalistes et humanitaires témoins de ce convoi (la grande majorité ayant été rapatriés en urgence au début du génocide), retrouvé d'autres enfants, pour permettre aux rescapés de connaître leur propres histoire. Beata Umubyeyi Mairesse avait 15 ans lors du sauvetage, les autres enfants étaient plus jeunes, certains encore bébé.
Les rescapés du génocide se heurtent à de grands obstacles lorsqu'ils souhaitent reconstituer leur histoire. Très jeunes au moment des faits, les rescapés n'en gardent que des souvenirs partiels, en raison du traumatisme, de la perte de leurs proches, de l'exil. En outre, les récits existants sur le génocides sont très partiels : les images d'archives sont très rares, prises du point de vue occidental. L'autrice s'est vu opposé de nombreux refus à ses demande d'archives. Il y a un déséquilibre majeur entre les journalistes, qui s'arrogent le droit de photographier et de publier des images sans demander l'avis de personne, et les victimes, qui se voient déposséder de leur propre image, et ont même parfois des refus à leur demande d'accès aux archives de leur propre passé. Le génocide des Tutsi a été raconté par les occidentaux, de façon biaisée et simpliste. Très peu de journalistes étaient présents pendant le génocide, et la plupart des occidentaux ont été rapatriés en urgence au début du génocide. Après le génocide, les victimes qui témoignaient se heurtaient aussi aux méconnaissances du contexte rwandais en occident, et au fait que la société ne veut pas écouter ces récits. Beata Umubyeyi Mairesse explique l'importance de donner la possibilité aux survivants d'accéder aux données historiques, de pouvoir raconter et témoigner sur ce génocide.
Un texte aussi informatif que touchant, douloureux, poussant à la reflexion et surtout, écrit par une très belle plume. Du Rwanda et du genocide des tutsis, je ne savais honnêtement pas grand-chose avant de lire ce livre et j’en ressors avec une envie d’en savoir plus, d’en comprendre davantage (notamment au niveau du comment et pourquoi cela a pu arriver) et j’en ressors aussi avec un regard nouveau sur le journalisme et le reportage d’images. L’auteure parle beaucoup du travail de memoire mais aussi du point de vue rapportée par les autres, ces témoins extérieurs qui définissent l’histoire pour le reste du monde et j’ai particulièrement apprécié cette reflexion qui me pousse à reflechir aux sources dont je me nourris pour etoffer mes connaissances et ma compréhension du monde et de l’histoire.
L'autrice nous livre ici son parcours de survivante du génocide Rwandais pour retrouver des images d'elle et de sa mère lors de leur sauvetage par une équipe humanitaire. Des images pour raviver les souvenirs mais aussi pour rendre cette journée concrète. Un parcours du combattant, entre archives journalistiques et officielles, beaucoup de portes se ferment. Pourquoi les victimes se voient refuser l'accès à des documents qui les concernent directement? Se pose alors la question du droit à l'image, mais surtout du droit à l'image des victimes en zone de guerre.
Un témoignage qui a du sens pour l'après, pour la reconstruction des victimes.
Un livre qui complète bien les romans et œuvres biographiques de Scholastique Mukasonga. La recherche de moments de sa propre histoire et de photos spécifiques nous fait découvrir des vécus dramatiques, une violence inimaginable, mais aussi des actes civiques courageux. Malheureusement, en mettant au centre de cet écrit la difficile recherche de photos d'un événement particulier et en la décrivant dans tous ses détails, on s'éloigne parfois du thème même du génocide et on a parfois l'impression de tourner en rond.
Beata Umubyeyi Mairesse réalise une prouesse littéraire et introspective époustouflante. Remise en contexte historique, transparence dans le cheminement intellectuel et sincérité de ressentis font du Convoi un des livres les plus impactants que j’aie pu lire. C’est un passage obligatoire pour qui s’intéresse au mécanismes de déshumanisation et de domination, à la fois à l’intérieur d’une société autrefois unie comme entre deux cultures distinctes.
A first hand account of Beata’s miraculous escape from the massacre of fellow Tutsis in Rwanda ! Incorrectly reported by most ( but not all ) journalists who witnessed these horrors Beata shines a light on our deeply ingrained biaises and discrimination against people of colour and our very blunt assessment of indigenous African conflicts ..
An education, while occasionally a difficult subject to ponder .
Un récit essentiel à la fois personnel et universel, Personnel car l’auteur raconte le déroulement de son cheminement long de 15 années pour retrouver les quelques traces de ce convoi qui fait d’elle et de sa mère des rescapées. Universel, car ce récit permet également d’analyser le traitement médiatique du génocide des Tutsis par les Hutus de certains journalistes et médias occidentaux.
Récit de réappropriation d’une victime du génocide tutsi rwandais de 1994 pour contrebalancer de nombreux propos rapportés par les occidentaux. On y voit sa quête tout au long des années. Lecture un peu difficile par la façon que l’autrice s’y prend pour raconter le tout, un peu à tâtons, un peu erratique.
Le convoi est un texte émouvant et bouleversant qui conte le génocide sous un nouvel angle qui est celui de la représentation et de la provenance de l'information. Elle ouvre au questionnement sur la place de la transmission et de la mémoire inter generationnelle et de l'accès à celle ci. Livre très documenté mais très accessible.
Un livre sur l'un des pires moments historiques du XXe siècle. Le génocide des Tutsi au Rwanda. Belle réflexion sur la perception des médias face à un événement marquant. Une longue quête pour faire la lumière sur le convoi qui a sauvé la vie de l'autrice.
I always feel a certain amount of apprehension when starting to review a memoir. It is, afterall, someone else's personal story, not really my place to disect or interrogate. That weight is amplified somewhat having finished reading The Convoy, which is, in essence, the story of the author's attempt to reclaim her own history. To be able to articulate not only what she went through in the months leading up to the escape of her and her mother from Rwanda in June 1994, but the journey that she went on trying to locate some photographs that she had been told existed in which they both appeared. A testament to her place in the tragedy, and a chance to reconnect with the memories from that time.
This is not a retelling of genocide. In The Convoy, Beata Umubyeyi Mairesse does not simply recount historical facts, not does she seek to portray the bruatlity of the situation or place readers in the midst of the violence that was enacted upon the Tutsi community. That is not to say that this doesn't form part of the author's story. It does. She was witness to the violence inflicted upon, and the slaughter of, her neighbours, and a victim of the threat from the Hutu militia, and there are scenes in which there is no denying how close she came to being a victim herself, or the potential for consequences had she not been quick witted and perhaps even luck had not been on her side. The book combines not only the author's testimony of her experiences at the time, but largely of her time spent in trying to find evidence of the evacuation of hundreds of young Tutsi children with the support of an aid agency.
This is, at times, a difficult book to read, as it should be. It is not a book that should make the reader feel necessarily comfortable. Most of the violence is off the page, but the consequences of the actions of the militia are not sanitised to such an extent that you can ignore them. If you are looking for a warts and all story of the three months over which this wave of murder occurred, then there will be many you can draw upon. This is a survivor's story, a thought provoking tale of how the author fought to obtain information about her fellow evacuees, and her desire to track down the ever elusive images that she had been told existed. And it raises some very important questions over the question of identity and to whom the images, if they exist, should really belong. From the loss of archival footage from the BBC, to the reluctance of certain agencies to allow her to access images that, morally and the power of GDPR legislation, she should have every right to see, I have nothing but admiration for Beata Umubyeyi Mairesse's resilience and determination in seeking a conclusion.
What struck me most in this book was how, with a twist of narrative, or the omission of some very critical information, the portrayal of what happened in Rwanda can be so easily changed. I can't deny that, as a late teen as I was back in '94, the situation largely passed me by. It is only in later years that I have really become aware of what happened. but, as the author rightly points out, had I watched the news at the time, there is a chance I may have been presented with what was perceived to be a war of two sides, rather than the systematic slaughter of the Tutsi people. Certainly in the author's adopted home of France, the narrative pointed to equal blame, driven by political allegiances and bias. It is a scary parallel to current times and a sad indictment of the human race that we still cannot learn from the past.
Given the violence that informs the author's past, I actually found this quite a hopeful story. Yes, the author is one of the fortunate survivors of a clear attempt to completely eradicate the Tutsi people from Rwanda. There is no denying or getting away from that tragedy or the emotional impact of it, be it upon those who experienced it up close, or those, as in the case of journalists who were there simply as witnesses to the unfolding violence. Whilst there is a damnation of those who sought to rewrite history, or to deny the survivors their past, there are many moments of joy and hope that change the tone of the book.
The ability of Beata Umubyeyi Mairesse to slowly reclaim her history through her research, and to be able to share that with many of the other child evacuees, to create a new community of the convoy children, gives status and power to their stories. By sharing her own story in this way, I feel as though I have a much better, more informed, understanding of what happened in 1994. It is a powerful and important read, and one that will make you stop and think about the motivations and bias that can inform the way the media will portray their version of the 'truth' to the rest of the world, something that perhaps has never been more important with the rise of anti-social media and 'fake news'. A book and a history I will be thinking about for some time.