Je suis assez embêtée au moment d'écrire cet avis.
Tout d'abord, j'aimerais dire que mon appréciation de cette lecture a fluctué au fur et à mesure de ma lecture. Cependant, j'ai été surprise par la véhémence des autres avis. Je ne cherche nullement à diminuer le ressenti que des gens pourraient avoir. Au contraire, je me sens presque coupable de ne pas ressentir cette même véhémence.
Tout d'abord, moi aussi, le côté white-savior et la misogynie m'ont mises très mal à l'aise. Contrairement à d'autres avis, je trouve que le racisme est en quelque sorte remis en question dans le roman-graphique (à travers la scène page 157 par exemple) et que, selon moi, on voit clairement que les auteurs ne cautionnent pas du tout la vision des choses de Carstairs et qu'ils la mettent en scène de façon à montrer qu'elle est dans le tort. Je ne peux m'empêcher d'y voir le reflet d'une époque et d'une personne qui pensait effectivement bien faire. La façon de voir de Carstairs est mi-raciste (ils ont besoin que moi blanche leur explique la vie), mi-progressiste (les populations sont depuis des siècles sous la soumission des blancs, il faut qu'il ait la possibilité de se libérer d'eux). Est-ce que ça diminue la négativité de ses actes ? Bien sûr que non. Quelqu'un qui fait mal, même avec de bonnes intentions, se doit d'être condamné. Cependant, je trouve que c'est bien que ce soit abordé. C'est pas mal de voir un personnage progressif pour son époque et douloureusement problématique pour le nôtre. Puis, le mettre sous le tapis aurait été cent fois pire.
J'ai un peu le même point de vue concernant la misogynie intériorisée de Carstairs. D'un côté, je trouve que c'est un peu facile de faire reposer toute la faute sur elle et que certains commentaires exagèrent un peu : oui, elle est (très) loin d'avoir un comportement irréprochable. De l'autre, je reconnait qu'elle a souvent un comportement très problématique et beaucoup de remarques de ses remarques m'ont énervées. Cependant, toutes ses relations ne peuvent pas non plus être résumé à elle qui abuse de pauvres femmes. Plusieurs d'entre elles sont montrées comme des coups d'un soir et des relations purement sexuelles où les deux parties sont égaux et recevoir exactement ce qu'ils attendaient de la relation. D'autres, par contre, sont déséquilibrées et de cela, je suis d'accord. Le coup de partir faire le tour du monde, c'est un vrai comportement de saloparde. De nouveau, je vois un peu ça comme le reflet d'une époque et ne minimise pas le fait que le personnage doit être jugé pour ses actions. Par contre, il faut également soulevées qu'elle aussi a été dans des relations où elles étaient la désavantagée. De nouveau, ça n'excuse rien et je ne cherche certainement pas à le faire, l'excuser. Je veux juste apporter mon ressenti.
Juste un petit point. Il me semble hors de propos de reprocher à l'oeuvre de ne pas genrer le personnage principal au masculin. Vu qu'ils ont dit s'être basé sur des sources et des témoignages provenant de son entourage, je crois qu'ils savent si le personnage peut-être qualifié de trans ou pas vu qu'ils savent si son entourage la genrait au masculin ou au féminin. Evidemment, c'est toujours bien d'avoir des personnages trans, surtout qu'ils ont eu tendance à être effacé de l'histoire un peu trop facilement et automatiquement. Cependant, il me semble qu'il est inutile d'aller inventer qu'une personne aillant réellement exister était trans alors qu'elle ne l'était pas. Puis vu comment le récit n'est pas timide sur l'homosexualité de sa protagoniste, je ne pense pas que les auteurs auraient chercher à le camoufler si elle était transgenre.
J'ai un peu l'impression que les gens reprochent au récit de ne pas présenter une personnalité parfaite, alors que c'est justement ce qui m'a plus dans ce roman graphique. Peut-être que je suis complétement à côté de la plaque dans ce que je dis et si c'est le cas, je m'en excuse platement. Je ne cherche absolument pas à dire que le comportement de Calstairs est dénué de sexisme ou de racisme. Mais, on a le droit de raconter et de se rappeler de personnages imparfaits. Encore plus de personnages LGBT imparfaits. Car ils y en a et que c'est aussi ça la représentation. Je trouve que chercher à camoufler ces deux aspects de sa personnalité aurait été plus condamnable que de les montrer, car ça aurait une tentative de la faire passer pour quelqu'un de parfait ce qu'elle était très loin d'être.
En réalité, je serais très contente de débattre avec une personne qui n'a pas du tout aimé ce roman-graphique. Parce que mon avis n'avait nullement vocation à diminuer le ressenti des autres lecteurs et que je vois bien qu'il est divergent de ce que beaucoup pense. Si quelqu'un voulait répondre à cet avis en développant pourquoi il n'est pas d'accord avec moi, ça m'intéresserait beaucoup. Je suis prête à entendre que j'ai tort et réévalué mon avis et mon ressenti :)