Quand le drame rencontre la lumière... Le nouveau roman de Solène Bakowski. Hélène, la quarantaine, est enseignante. Avec Paul, un écrivain célèbre, elle a filé le parfait amour pendant dix ans. Jusqu'au jour où il a disparu, sans laisser d'adresse.
Un an plus tard, le téléphone sonne. Paul s'est tué en voiture, ses obsèques ont lieu le lendemain. Guidée par le besoin de comprendre, Hélène décide de s'y rendre. Elle va découvrir que Paul était, en réalité, un sublime inconnu...
Roman du grand amour et de la liberté,Ce que je n'ai pas suévoque avec une infinie délicatesse le pouvoir de la littérature et la joie retrouvée.
« Ce que je n’ai pas su » de Solène Bakowski est le parfait reflet de ce que je pense viscéralement : connaît-on réellement celle ou celui qui partage notre vie ? La réponse est non. Et j’ai envie de dire : heureusement !! Chacun garde au fond de son cœur quelques secrets sur son existence et conserve des souvenirs qui n’appartiennent qu’à lui. Lorsque Hélène se rend aux funérailles de son époux qui l’a quittée brutalement l’année passée, c’est le choc. Paul partageait sa vie depuis dix ans. À part son statut d’écrivain, elle ne savait finalement rien de lui. Rien de sa vie d’avant, rien de sa famille qu’elle va rencontrer et qu’il disait morte, rien de l’existence d’une « autre vie » que Paul a passionnément aimé autrefois.
C’est Françoise, l’éditrice de Paul qui lui annonce la terrible nouvelle. « Elle ajoute que Paul a eu un accident de voiture. Les secours n’ont rien pu faire. Il était déjà mort à leur arrivée. » Hasard total ou dernier clin d’œil, Hélène apprend la mort de son mari « un an jour pour jour après son abandon. ». Il y a 12 mois, alors qu’ils étaient parfaitement heureux, dix ans de vie commune sans nuages, Paul laissait un mot à l’attention de sa femme. « Je pars, pardon. Ne t’inquiète pas pour moi. Prends soin de toi. » Incompréhensible… L’enterrement, la cérémonie aura lieu le lendemain à 11 h, dans un petit village situé dans la Marne, Meynon, dont Hélène n’a jamais entendu parler. C’est le premier temps du récit de « Ce que je n’ai pas su ».
Le second temps relate précisément « Ce que je n’ai pas su », à travers la voix de Paul, intermèdes d’une existence voilée, aux contours flous et volontairement cachés. Qui était réellement Paul Chevalier, 42 ans, vingt romans et quelques prix littéraires à son actif ? Qui est Julien Mahaut, l’enfant aux mille rêves qui n’osait pas s’imposer et dont l’avenir prédestiné se bornait à travailler dans la même usine que celle de son père ? Des séquences écrites à la première personne du singulier où des fragments d’existences sont dévoilés. Un père ouvrier dans une usine, des sœurs notamment Laurette dont on perçoit la proximité, une muse qui fait jaillir l’amour de la littérature, et l’envie d’écriture.
Le fil conducteur de « Ce que je n’ai pas su » est centré sur Hélène, la femme de Paul, abandonnée par son mari de façon soudaine, alors qu’ils étaient les deux faces d’une même pièce. Son déplacement à Meynon va peu à peu faire la lumière sur la vie de Paul. L’heure des révélations a sonné, et avec elle, une tempête d’émotions se lève…Comment en vient-on à renier sa propre famille ? Pourquoi ?
Dans ce nouveau roman, Solène Bakowski interroge la réécriture d’une vie. Lorsque l’on est issu d’un milieu modeste, a-t-on le droit de rêver d’en sortir ? A-t-on le droit aux rêves les plus fous d’une façon plus générale ? La pénibilité du quotidien, l’épuisement qui en découle empêche parfois de se poser les bonnes questions. Sauf que, en créant des personnages d’une telle densité, d’une véritable humanité, l’écrivaine parvient à titiller nos propres chemins de vie, et de facto, de remettre en lumière nos rêves d’adolescents ou de jeunes adultes. C’est précisément cela que j’ai trouvé fort touchant, dans « Ce que je n’ai pas su ». Bien sûr, dans les thématiques phares on trouve le poids du secret, les mensonges, le besoin de réparation et de pardon, mais cela ne me semble pas l’essentiel. Ce roman est un rendez-vous avec vous-même, avec ce qui est caché, précisément là tout au fond de votre cœur et dont personne ne connaît véritablement l’existence à part vous. Imaginez-vous un instant avoir le pouvoir de réécrire votre vie ? Prenez le temps de renouer avec celle ou celui d’avant, avant l’âge adulte et toutes ses obligations… vous verrez, la reconnexion à vos aspirations passées resurgira immédiatement. « Les rêves, ça fait chier, surtout quand ils sont plus grands que soi. »
Dans « Ce que je n’ai pas su », il est aussi question de résilience, de pardon, de réparations, de réconciliations. Il me semble que ce sont des valeurs un peu oubliées dans notre monde où le négativisme, la rancune, la haine ont tendance à faire loi. Comprendre l’autre et l’accepter dans sa différence est un véritable défi. Hélène doit passer par toutes les étapes émotionnelles, de la colère à la paix. Le chemin est difficile, car elle doit faire preuve d’écoute au moment où le chagrin l’envahit tout entière, elle doit faire preuve de compassion pour son compagnon, d’acceptation des secrets, des non-dits, d’un pan de sa vie qu’il lui avait toujours dissimulé. Faut-il aimer profondément l’autre pour parvenir à une telle abnégation…
De plus, je dois avouer que j’ai beaucoup souri grâce au personnage de l’éditrice. Ses joutes verbales sur son métier, sur les auteurs, sur l’écriture, sont extrêmement savoureuses. « Elle connaît parfaitement les rouages éditoriaux. Elle adore son job, mais elle en revient souvent, un milieu de lèche-culs, t’as pas idée. Son secret, c’est l’insomnie et la patience. L’insomnie pour fureter dans les manuscrits à la recherche de la perle rare. La patience, parce qu’un auteur, c’est un gosse, au début ça sait pas faire, c’est pressé, un éjaculateur précoce. Faut lui laisser le temps d’apprendre à caresser et à se laisser caresser. Rocco Siffredi ne s’est pas fabriqué en une semaine. C’est pareil pour Romain Gary. » Le personnage de Françoise, ses réflexions d’un côté, associées à celles d’un autre personnage à l’origine de la carrière d’écrivain de Paul se répondent admirablement bien, surtout qu’elles ne se connaissent pas. « J’ai passé la plus grande partie de ma vie à lire. Je sais reconnaître un souffle. Croyez-moi, ce n’est pas si fréquent. Des tas de gens sont capables d’écrire correctement, aligner des jolies phrases ne demande qu’un peu d’entraînement. Mais vous, vous avez la capacité d’émouvoir. Moi, en tout cas, vous m’avez émue. Vous émouvez à votre insu. Vous savez changer votre plomb en or. » Le lecteur sent ici l’amour de la littérature. Il est donné un sens à l’écriture tout en restant très réaliste sur le métier d’éditeur ou d’auteur…
Le roman de Solène est terriblement touchant parce qu’il sonne vrai. Parce que ses personnages nous ressemblent. Parce que certaines situations ne nous sont pas inconnues. Parce qu’elle parle de la vie, la vraie, sans chercher à tomber dans le pathos, sans vouloir toucher à tout prix. C’était déjà le cas dans ses romans précédents.
Vous l’aurez compris, « Ce que je n’ai pas su » m’a énormément émue. La plume de Solène Bakowski est extrêmement fine, toute en nuance, sensible. Ces personnages sont humainement très bien décrits et génèrent à eux seuls la force des émotions. L’histoire que renferme ce roman peut nous arriver à tous, ce qui déclenche une proximité avec l’auteur, une empathie immédiate, voire une identification. C’est un régal de lecture, un livre comme je les aime, qui émeut autant qu’il interroge. « Vous savez comment c’est, il faut être deux pour écrire un livre. Le romancier dessine le bateau mais c’est le lecteur qui navigue en fin de compte. » Il faut beaucoup aimer les gens, et Solène les aime passionnément.
J’ai découvert l’an dernier avec Rue du rendez-vous que j’avais adoré . Et ce livre ci je l’ai trouver excellant également mais j’ai moins tripper qu’au premier mais je suis toujours partante pour lire de cette autrice .
Solène Bakowski est une autrice que je voulais lire depuis un petit moment et je n'avais jamais eu l'occasion de le faire. Alors, cette année, je me suis dit qu'il fallait que je répare cette lacune, et c'est chose faite avec son nouveau roman. Je découvre la plume de cette autrice et je suis sous le charme, sa justesse et sa douceur m'ont tout de suite plu et je me suis laissée embarquer dans l'histoire de ses personnages.
J'ai donc fait la connaissance de Hélène. Elle a quarante ans, est enseignante. Elle a vécu pendant 10 ans avec Paul, écrivain. Seulement, celui-ci est parti sans raison aucune un an plus tôt. Jusqu'à cette journée où elle reçoit un appel téléphonique de l'éditrice de Paul lui informant que celui-ci est décédé dans un accident de voiture et que les obsèques ont lieu le lendemain. On imagine très bien le malaise ressenti par Hélène. Elle hésite à se rendre à l'enterrement, mais finit par y aller. Là-bas, elle va rencontrer la famille de Paul qui s'appelait en fait Julien, les relations sont tendues entre eux. Hélène se demande un peu où elle est tombée, ce qu'il se passe. Qui est cette Rachel, cette femme âgée que toute la famille de Paul/Julien rend responsable de sa mort. Et en plus, le corbillard est en panne et met du temps à arriver... heureusement, dans tout cela, une personne, la jeune soeur de Julien, va être plus sympa et venir parler avec Hélène. Mais celle-ci n'est pas au bout de ses surprises et va apprendre tout un pan de vie complètement inconnu de son ancien amoureux...
Et moi j'ai ressenti la même chose qu'elle. Je me suis mise à sa place et me suis demandée ce que j'aurais fait ou ressenti. Comme ça doit faire bizarre de découvrir une autre facette de la personne qu'on aime. Je me suis très vite attachée à Hélène, les évènements auxquels elle est confrontée font que l'on ressent beaucoup d'empathie pour elle. L'autrice arrive également à faire cet effet, à rendre proche de son personnage, à la rendre si réelle que j'ai souvent eu l'impression qu'elle existait réellement. Solène Bakowski montre avec brio les relations compliquées dans une famille, leur complexité, les non-dits qui font beaucoup de mal. Des situations que nous connaissons, qui font partie de la vie et qui sont souvent dures à vivre.
J'ai beaucoup aimé l'originalité de la construction de ce roman. Il est, en effet, ancré sur une double temporalité. On est dans le présent avec Hélène, le jour des funérailles, elle remonte parfois elle-même dans ses souvenirs. Et puis, à la fin des chapitres, il y a des sous-parties qui portent le titre du roman, où l'on est avec Julien avant qu'il ne devienne Paul. J'ai trouvé cela plutôt bien fait, cela nous permet de faire connaissance avec cet homme, de connaitre sa vie depuis sa jeunesse et peut-être de comprendre alors ce qu'il l'a poussé à quitter Hélène et la dernière année de sa vie. Cela crée un certain suspense, et rend la lecture très addictive, on a envie de savoir ce qu'il va se passer dans le présent d'Hélène, mais aussi de savoir pourquoi Julien est devenu Paul et pourquoi il a quitté Hélène. Cette construction donne également beaucoup de rythme à la lecture.
Je me suis très vite attachée aux personnages féminins, à ces deux femmes blessées par l'attitude de Paul/Julien. Par contre, là où j'ai eu un peu plus de mal, c'est par rapport à l'écart d'âge entre Rachel, l'autre femme amoureuse, et Paul/Julien. Elle a l'âge d'être sa mère, et j'avoue avoir eu un peu de mal à l'intégrer. Je suis pourtant ouverte sur toutes formes de relation amoureuse, mais je ne me voyais pas à la place de Rachel et draguer un copain de mon fils de 21 ans. Et ce n'est pas parce que c'est une femme, j'ai aussi le même malaise quand il s'agit d'un homme beaucoup plus vieux que sa femme. C'est sûrement moi qui ai un problème avec ça, c'est un avis tout à fait personnel, mais du coup, cela a fait que j'ai ressenti parfois un certain malaise face à ce couple. Cela prouve aussi que l'autrice a réussi à rendre ses personnages tellement vrais que le lecteur s'identifie à eux et qu'il met donc un peu de lui, de ses pensées, de son jugement.
Cela ne m'a pas empêchée du tout d'aimer l'histoire et de m'attacher à tous les personnages. Ce roman m'a vraiment parfois surprise, et m'a fait ressentir des choses que je n'ai pas l'habitude de vivre dans mes lectures. La narration est double, elle est à la troisième personne du singulier dans les chapitres concernant Hélène, et ceux concernant Paul sont à la première personne. Normalement, je suis plus sensible au "je" et arrive à me fondre dans le personnage, à être au plus près de lui et à ressentir ses émotions. Je m'attache moins à une narration à la troisième personne, j'arrive à garder une certaine distance. Et bien ici, c'est l'inverse qui s'est produit. Je me suis beaucoup plus attachée à Hélène qu'à Paul, je me suis sentie beaucoup plus proche d'elle, et n'ai pas toujours compris les choix de Paul. Je me rends alors compte que le choix narratif ne fait pas tout, et que ce que vivent les personnages ont plus d'importance. C'est une chose que je n'avais encore pas ressentie, et je suis plutôt contente d'avoir été un peu perturbée dans mon rite de lectrice.
Je découvre Solène Bakowski avec ce roman, et je suis contente de l'avoir fait. J'ai beaucoup aimé sa plume, la fluidité de son style, sa façon de construire son histoire, en mettant un peu de suspense, les messages qu'elle fait passer, tout un panel de sentiments. C'est une histoire riche et difficilement oubliable. J'ai aimé la façon dont elle dépeint les relations dans un couple, entre les membres d'une famille, les regrets que l'on ressent lorsque l'on perd une personne chère. Ce fut pour moi une lecture intense et pleine d'émotions.
Je vais continuer à découvrir Solène Bakoxki, en lisant ses précédents romans et en guettant son prochain. J'ai déjà repéré celui qui vient de sortir au format poche, "Il faut beaucoup aimer les gens", rien que le titre est toute une histoire, et le résumé est très prometteur. Je ne peux que vous recommander la lecture de ce roman, si vous ne connaissez pas encore cette autrice, n'hésitez pas à le faire.
Un roman tendre et bouleversant sur les relations familiales, l’amour, l’amitié, les rêves.
Hélène, institutrice de 39 ans, n’arrive pas à oublier Paul, son compagnon de vie pendant dix ans, qui l’a quittée sans explication voilà maintenant un an. Hélène vit dans l’espoir que Paul reviendra. Elle en est persuadée, et s’en convainc chaque jour pour ne pas sombrer. Jusqu’au jour où elle apprend son décès…
A ses obsèques, elle va découvrir que Paul Chevalier, l’écrivain à succès avec qui elle a tout partagé, n’était qu’un illustre inconnu pour elle. Derrière son nom de plume, elle s’aperçoit que la vie de Julien Mahault était à mille lieues d’être représentative et concordante avec celle de Paul.
La construction se fait en deux temps : nous suivons Hélène aux obsèques, où elle tente de démêler le vrai du faux, savoir qui était Julien, sa famille, ses amis, sa vie. Et, parallèlement, Julien nous raconte sa vie, son adolescence, jusqu’à ce qu’il devienne Paul Chevalier, auteur renommé, puis sa fuite en avant, jusqu’à sa mort.
Pourquoi a-t-il quitté Hélène ? Où a-t-il passé cette année ? Et son décès, est-il naturel ? Les soupçons se tournent vers Rachel, le mouton noir du village natal de Julien, au passé trouble.
Paul / Julien, deux existences liées et pourtant si différentes. Des tranches de vie, remplies d’espoir, de rêves, d’amour, de choix également. Car Julien a été confronté à ses choix. Vivre ses rêves ou ceux de ses parents ? Rentrer dans le moule ou s’échapper ? Et Paul y a été confronté également, vingt ans plus tard. Lorsqu’on fait le bilan de sa vie à mi-parcours, qu’il reste des regrets et des envies inassouvies, que faut-il faire ?
Solène est une auteure que j’apprécie beaucoup. Avec sa plume qui bat, délicate et sensible, elle brosse des portraits minutieux et nous dévoile des existences à priori banales mais percluses d’émotions. Car les émotions sont assidûment au rendez-vous dans chaque roman de Solène. Je ressens toujours un pincement au cœur pour l’un ou l’autre des personnages de Solène. Dans « Ce que je n’ai pas su », c’est Rachel qui m’a presque arrachée des larmes. Elle est attachante, sensible. Le lecteur la juge au départ (c’est ce que j’ai fait moi aussi, emportée par les ragots des villageois), et puis, au fil des chapitres, on apprend à la connaître, on se découvre des affinités, on admire son courage, sa détermination, sa capacité à pardonner. C’est un personnage extrêmement lumineux.
Paul, le personnage principal de « Ce que je n’ai pas su », m’a irritée à bien des niveaux. J’ai compris son déchirement entre comment ses parents imaginaient sa vie et ce que lui souhaitait. A vingt ans, on n’a pas le caractère suffisamment fort pour imposer ses aspirations, mais quand même. Sa façon de réagir était un peu trop radicale, j’ai trouvé. J’avais envie de lui mettre du plomb dans la cervelle, à ce jeune impétueux !
Hélène, femme aimante, abandonnée, puis bafouée, est un personnage dense, auquel on peut s’identifier facilement. Elle va évoluer tout au long du récit, à mesure de ses découvertes, s’ouvrir aux autres, puiser dans ses forces intérieures. J’ai aimé la relation qu’elle a nouée avec Rachel, je pense que peu de femmes auraient pu le faire (n’insistez pas, je ne vous dirai pas pourquoi).
« Depuis toute petite, sa mère lui serine que s’apprêter, pour une femme, est une politesse. Une nécessité, même, quand on prétend conserver intact le désir de son homme. Hélène a beau se moquer de ces contingences superficielles, elle n’en a pas moins digéré la leçon. Elle sait faire illusion quand les circonstances l’y obligent, même à son insu, comme une machine programmée. »
Je ne vais pas vous en raconter plus niveau intrigue, je vais vous laisser la découvrir. Sachez juste que « Ce que je n’ai pas su » est un roman tendre, délicat, triste aussi, qui donne au lecteur l’occasion de se poser des questions sur ses propres choix de vie. Et une leçon en ressort : le temps qui passe ne se rattrape jamais. Et le regard des autres n’est pas important, il faut réussir à s’en affranchir, même si pour certains, le respect des conventions est primordial.
Et lorsque toutes les pièces du puzzle se sont emboîtées, que nous avons la vision d’ensemble, notre gorge ne peut que se serrer, les larmes ne sont pas loin. Je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que la vie peut se gâcher facilement.
Malgré les sujets invoqués, une pointe d’humour se glisse entre les pages et fait du bien. J’ai apprécié également les clins d’œil au métier d’écrivain, permettant de jeter un regard de l’autre côté du miroir et de toucher du doigt la vie, certes romancée, de nos auteurs que l’on affectionne tant.
« Il faut être deux pour écrire un livre. Le romancier dessine le bateau mais c’est le lecteur qui navigue en fin de compte. »
La fin est superbe, bien amenée, délicate et riche en émotions, à l’instar du reste du roman. Une fois la dernière page refermée, j’ai ressenti un grand vide, l’impression d’avoir laissé des amis, une famille. On s’attache sur 350 pages. Pourtant, j’ai savouré la lecture, essayant de ne pas avancer trop vite.
Avec « Ce que je n’ai pas su », Solène nous donne une furieuse envie de vivre, de s’éclater, de réaliser nos rêves, d’aimer à en perdre haleine. Un roman bouleversant qui fait un bien fou.
Ne passez pas à côté, ce roman est à découvrir absolument. Je suis passée non loin du coup de cœur.
Je remercie les Éditions Plon et la Masse Critique Babélio pour cette lecture.
« Contre toute attente, le cerveau raisonnable d’Hélène avait opéré une manœuvre de retournement, une galipette par-dessus tête, quand une certitude l’avait brusquement empoignée : Paul reviendrait. Un pressentiment, à la limite d’une incantation. Il reviendrait, dans une heure, un jour, une semaine, parce que leur amour valait mieux qu’une histoire de fesses, d’hormones et de temps qui fuit. Il reviendrait après avoir fait le tour de son corps et de la question. »
J'ai découvert l'autrice avec le roman « Une bonne intention », qui fut pour moi, à l'époque, un énorme coup de coeur. Dans ce roman, je retrouve ce qui m'avait déjà conquise : une écriture immersive qui nous plonge directement dans les émois des personnages, nous bringuebalant entre désarroi et attente.
Avide de liberté, de fuir le carcan de la médiocrité, Julien se réinvente à travers l'écriture, s'appropriant la vie des autres pour se créer une nouvelle vie. Paul devient ainsi un personnage, le personnage de sa propre vie, qui gagne vie à travers les mots, ses mots, au-delà des pages des livres, avant de disparaître sans aucune explication, si ce n'est un mot rédigé à la hâte sur un bout de papier. Après une décennie de vie commune bâtie sur un mensonge, cimentée toutefois par un amour réel, Hélène se retrouve seule, avec pour seule compagnie une kyrielle de questions qui se bousculent dans sa tête et dans son coeur, peinant à se reconstruire. Jusqu'au jour où, un an après la disparition de l'homme qu'elle aime toujours, même si elle lui en veut, elle apprend qu'il s'est tué il y a 10 jours dans un accident de voiture. Devant le caveau familial, plusieurs personnes pleurent la perte de cet homme, et parmi elles, les deux femmes qui l'ont aimé.
Ici, point de crêpage de chignons entre deux femmes qui se disputent la première place dans le coeur de leur amour qui n'est désormais plus là pour les départager, mais un roman poignant et, à la fois, d'une drôlerie saine. L'intrigue vogue entre le récit d'Hélène et les pages du dernier roman de Paul, et c'est dans ces dernières que l'on découvre les raisons qui ont motivé la décision de l'écrivain : lui, qui renaquit par les livres, a écrit un nouveau chapitre, voire une nouvelle fin, à un roman d'amour trop tôt refermé.
Roman sociétal, d'une part, par le biais de l'écrit qui clôture l'oeuvre de Paul, « Ce que je n'ai pas su » est aussi, ou avant tout, un roman d'amour. Les mots de l'autrice s'inscrivent dans la vulnérabilité des deux principaux personnages féminins, qui, le temps d'une pause dans leurs deuils respectifs, s'octroient le droit de se dévoiler l'une l'autre, sans pour autant émettre de jugements. Les réponses aux questions qu'Hélène s'est si souvent posées au cours de cette année écoulée ne sont peut-être pas celles qu'elle espérait, celles qui lui permettraient de balayer sous le tapis dix année de vie commune, mais celles dont elle avait certainement besoin pour faire non seulement le deuil de son amour mais aussi de son abandon. Et c'est là que tout le talent de l'autrice explose : nul règlement de comptes ni d'accusations veines mais une incursion intimiste au plus profond de chacune de ces femmes aimées et délaissées, chacune à leur tour. Pour relever le tout, une troisième femme, la soeur cadette qui est un rayon de soleil dans une journée si triste et, je dois bien le dire, le personnage avec lequel je me suis le plus identifiée. Sa gouaille, son langage fleuri, associés à sa maturité, font d'elle la pierre angulaire de la rencontre entre les deux grands amours de son frère. C'est aussi par son truchement que l'intrigue gagne étrangement en profondeur, sa légèreté soulevant toutes les pierres sur le long chemin du deuil, tout en apportant encore plus de rythme à l'intrigue déjà rythmée par les deux narrations qui nous transportent entre présent et passé.
Solène Bakowski nous offre ici de sublimes portraits de femmes, magnifiés par une prose à la fois profonde et enlevée et par un dénouement saisissant, le tout saupoudré de quête de liberté.
L'avez-vous lu ? Si c'est le cas, qu'en avez-vous pensé ?
Hélène enseignante, la quarantaine se remet difficilement du départ de Paul écrivain célèbre. Il a été le grand amour de sa vie, elle a passé dix merveilleuses années à ses côtés, avant que celui -ci ne la quitte sans explications. Lorsqu'elle apprend la mort de Paul un an plus tard, jour pour jour, alors qu'elle commençait tout juste à aller mieux, elle décide de se rendre à l'enterrement. Son déplacement à Sainte-Meynenon, le village d'enfance de Paul , va faire surgir, les secrets de famille et les non-dits, bien plus que ce que l'on aurait pu imaginer. Elle découvre pour la première fois sa famille, ses amis et Rachel dont il ne lui avait jamais parlé. Qui était vraiment Paul ? Le connaissait-elle aussi bien qu'elle le pensait ? C'est auprès de Rachel, septuagénaire qui a bien connu Paul que va se tisser un lien ténu, entre jalousies et rivalités, beaucoup de points communs semblent les attacher. Le roman explore les thèmes de l'amour, de la différence d'âge, des familles dysfonctionnelles et de l'identité. Mais aussi de l'importance du milieu social dans lequel on naît. Il présente des personnages attachants et complexes. Comme toujours avec cette autrice, l'écriture vogue sur les sentiments et c'est un véritable plaidoyer en faveur de la liberté, d'arriver à être pleinement qui l'on est. Un roman inspirant qui ne peut que nous renvoyer à notre propre existence tant les thèmes abordés sont universels. Cela m'a fait réfléchir à mes choix et à soulevé des questions sur ma propre vie. La narration est principalement menée par Hélène mais lorsque c'est Paul qui se raconte j'ai trouvé cela bouleversant. Hélène évoluera tout au long du livre vers une résilience, elle passera par des moments difficiles mais au combien structurants. Enfin un dernier personnage vient apporter sa touche piquante au texte, celui de l'éditrice de Paul, Françoise qui se révèle truculente et entre en écho à celui de Rachel pour son amour de la littérature. Un vrai beau roman à découvrir. Bonne lecture.
Après "Rue du rendez-vous" (dernier lu de l'auteure),un roman tendre, sensible et émouvant, Solène Bakowski nous entraîne dans un récit de renaissance après un deuil non ordinaire. La condition féminine est mise en avant de part certaines inégalités d'âges, de provenances, de milieu familial, de vécu. Et pour cet homme, Paul, qui commence sa vie d'adulte guidée par son père, la liberté de devenir ce qu'il souhaite sera difficile!
Le résumé nous parle d'Hélène qui file le parfait amour depuis un dizaine d'années avec cet écrivain, Paul Chevalier. Le connait-elle vraiment? Tout va basculer lorsque Françoise, éditrice, lui apprend l'accident mortel de son compagnon, celui-ci a disparu de sa vie il y a 1 an sans raison apparente, aucune explication, pourtant tout paraissait paisible…
Un huis clos où les souvenirs de chacun referont surface. Des rencontres inattendues, des secrets. Au fil de la lecture chacun des personnages principaux nous racontera son histoire, différente avec un seul lien : un lieu, Saint Meynenon. Une année pour découvrir la vérité ou presque.
Pour moi qui ait lu : "Une bonne intention", "Chaînes", "Un sac", "Avec elle"… je découvre avec "Rue du rendez-vous" et ce dernier titre un changement de style. L'autrice se tourne vers plus de sensibilité, d'humanité, malgré la haine et la vengeance qui resteront muettes. Elle nous démontre aussi que la vie d'écrivain n'est pas de tout repos, la célébrité, la page blanche, les déclics et retournements de situation. La vie n'est pas un long fleuve tranquille… Un deuil peut séparer ou réunir.
Je remercie NetGalleyFrance et les éditions Plon de m'avoir permis de lire ce titre qui m'a beaucoup touchée. Solène Bakowski est une auteure que je suis depuis quelques années et je ne m'en lasse pas. Pour ceux qui aiment être très surpris, lire ses premiers livres plus sombres, pour les deux derniers titres la profondeur des sentiments explosent.
Ma découverte de Solène Bakowski s'est faite avec “Rue du Rendez-Vous" en 2021 et j'avais été très sensible à son écriture douce, quasi en sourdine, qui avait réalisé une belle histoire en partant de deux faits banals : pluie et grève !
J'ai retrouvé cette sensibilité dans ce roman à l'intrigue plus complexe mais maitrisée de bout en bout ! Paul, écrivain, a quitté Hélène il y a un an et elle vient d'apprendre son décès, ce qui interdit tout espoir de retour, ainsi que son enterrement le lendemain dans le village où il est mort.
Sur place elle va découvrir l'ampleur des mensonges dont la vie de Paul était faite ! Il était, Julien, fils, frère, ami d'habitants du village alors qu'Hélène Le pensait orphelin et il refusait d'utiliser son vrai nom. Rachel aussi, son premier amour qui avait 30 ans de plus que lui et vouée à la haine de tous.
Les chapitres alternent entre une lettre biographique écrite par Paul et le séjour d'Hélène. J'ai eu l'impression de vivre tous les sentiments de tous les personnages et ils furent violents pour la plupart, plein de haine, de rejet mais aussi de regret et de culpabilité ! J'ai oscillé d'Hélène à Rachel jusqu'à ce qu'elles se rapprochent, libérées de leurs refus d'admettre la sincérité de Julien/Paul malgré les mensonges et les silences.
Tous les sentiments ressentis par ces femmes sont des sentiments véritables qui laissent des traces et reviennent à la surface, à peine usés par le passage du temps. La magie de la plume de Solène Bakowski m'a remuée avec sa tendresse et sa compréhension toujours présentes ! Une analyse fine et juste des ressentis et des pensées sans jamais forcer la note des émotions !
Je remercie @netgalleyfrance et @editionsplon pour l'envoi de ce ebook !
💛 Coup de cœur 💛
Hélène, la quarantaine, enseignante, vit avec Paul, un écrivain, depuis 10 ans.
Du jour au lendemain, Paul disparaît sans laisser la moindre explication.
Un an après cette disparition, Hélène apprend que Paul est décédé lors d'un accident de voiture et que ses obsèques ont lieu le lendemain.
Hélène va s'y rendre et va tomber des nues en apprenant que Paul, ne s'appelle pas en réalité Paul et que toute la vie qu'ils ont construite ensemble n'était basée que sur des mensonges.
Elle va découvrir qu'il avait une famille, qu'il s'est rendu dans sa ville natale peu de temps avant sa disparition...
Hélène va donc chercher à comprendre pourquoi Paul lui a menti mais aussi surtout pourquoi il est parti subitement.
L'a-t-il quitté pour une autre femme ? Son passé était-il trop lourd à porter pour lui avouer la vérité ?
🗨️ 𝘔𝘰𝘯 𝘢𝘷𝘪𝘴
J'ai découvert l'écriture de Solène Bakowski avec ce roman et je ne suis pas du tout déçue.
J'ai beaucoup aimé l'histoire qui est vraiment très bien écrite.
Il n'y a pas de temps mort, nous n'avons pas le temps de nous ennuyer.
Les flashs back sont bien explicites pour comprendre le déroulé de l'intrigue.
Hélène apprend la mort brutale de Paul, l'homme qu'elle aimait et qui a partagé sa vie pendant dix ans. Cela fait exactement un an qu'il l'a quittée, sans explication. Paul était romancier. C'est par son éditrice qu'arrive cette terrible nouvelle. Pour comprendre le départ mystérieux de Paul, Hélène se rend alors à ses obsèques, où elle va faire la connaissance de personnes qui vont peu à peu l'aider à faire la lumière sur cette énigme... Connaît-on vraiment les gens avec qui l'on vit ? Ce roman parle de ce que l'on peut taire à ses proches pour se reconstruire et/ou pour les protéger. Cependant l'histoire, qui se lit facilement, ne m'a pas émue. Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. L'auteure traite le sujet avec un optimisme qui donne un côté feel-good à son roman, ôtant ainsi un peu de vraisemblance aux personnages... enfin ce n'est que mon avis ! J'ai cependant apprécié le style de Solène Bakowski, que j'étais impatiente de lire, ayant découvert cette auteure notamment par les propos élogieux d'Amélie Antoine. Merci aux éditions Plon et à Netgalley pour cette lecture. #NetgalleyFrance #Cequejenaipassu
1er roman que je lis de cette autrice, c'est une belle découverte! Un roman qui change de ce qu'on voit d'habitude mais avec une héroine attachante. On se demande quand meme pendant une grosse partie du livre où les personnages vont arrivés et ce que va donner le dénouement. L'histoire se passe sur une journée, et l'on va de découverte en découverte. Il y a 2 parties au fil du roman: l'histoire qui avance et une partie ou le narrateur est le personnage "disparu", j'avais quand meme un gros doute sur le pourquoi de la disparition arrivé a un moment de l'histoire et avait compris pourquoi il avait "disparu" mais ca reste une bonne lecture pleine de surprises et de suspens sur le déroulé et le comment va finir le roman. J'ai hate de lire d'autres romans de cette autrice dont le précédent en particulier, car j'en entends toujours beaucoup de bien.
Voilà un thème et une histoire pleine d'ambition. J'aurais aimé que l'auteure témoigne d' autant de liberté à soi que ses personnages. Elle aurait pu ainsi dépasser certaines bien-pensance dans l'écriture.
🌷 AVIS LECTURE 🌷 Ce que je n'ai pas su de Solène Bakowski Éditions Plon " Un roman est affaire de goût et personne ne lit jamais le même. " 📚 La plume de Solène Bakowski est d'une grande justesse, j'ai beaucoup aimé son analyse délicate. J'ai relevé de jolis passages et de nombreuses références aux livres. On peut dire, je crois, que ce roman est un bel hommage à la littérature. Pour lire ma #chronique dans son intégralité, suivez le lien ci-dessous ⤵️ https://www.leslecturesdelily.com/202... Bonne lecture !